‹ L'air et le monde aérienChapitre 171 sur 210 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

de vapeur et de lumière. Ces contes merveilleux se sont évanouis dès que les naturalistes ont pu étudier, à la Nouvelle-Guinée et dans les îles de Waïgiou , les paradisiers. On sait maintenant que ce sont de fort beaux oiseaux, mais enfin des oiseaux naturels, qui se nourrissent d’insectes et de fruits. Ils se perchent la nuit sur le sommet des grands arbres, et descendent le jour se mettre, sous le feuillage, à l’abri de la chaleur. Ce que sachant, les Papous grimpent à l’arbre pendant la nuit, s’approchent de l’oiseau tant que les branches peuvent les porter, et attendent

Manucode royal.

patiemment le lever de l’aurore, pour décocher leurs flèches à l’émeraude avant que celui-ci soit réveillé.

L e, paradisier superbe ( lophorine superbe de Vieillot) ne le cède pas en beauté à l’émeraude. Son plumage est noir avec des reflets violets. Ses plumes scapulaires s’étalent en un magnifique mantelet, d’un vert foncé glacé d’or, qui recouvre ses ailes, et celles de la poitrine en une sorte de rabat pendant et fourchu de môme couleur.

Les genres astrapie et manucode appartiennent aussi à la tribu des paradisiers, et habitent les mêmes contrées. XJ astrapie sifdet à gorge dorée est caractérisée par la présence, à chaque oreille, de trois plumes prolongées en minces filets, que termine un petit disque de barbes vert doré. Cet oiseau est de la grosseur d’un merle. La teinte générale de son plumage est d’un noir velouté; mais les plumes du front sont gris de perle, et celles de la gorge sont de couleur d’or avec des reflets changeants de vert et de violet. Le manucode royal est encore plus petit que

LE MONDE AERIEN

l’astrapie : sa taille ne dépasse guère celle de notre moineau. Sa queue présente deux rectrices médianes très longues, très minces, et ornées, à leur extrémité seulement, de longues barbes d’un vert d’émeraude à reflets dorés, contournées comme des boucles de cheveux.

C’est encore à la Nouvelle-Guinée et à la Nouvelle-Galles du Sud qu’on rencontre le ménure-lyre, longtemps rangé parmi les gallinacés, mais annexé depuis peu aux

Ménure-lyre.

passereaux turdidés, ou, pour parler un langage plus intelligible, aux merles, dont il a, paraît-il, les mœurs et les allures. Le ménure-lyre est de la taille d’une poule. Son plumage est brun roussâtre. Ses formes sont élégantes. La femelle cependant n’a rien de bien remarquable; mais le mâle est orné d’une queue tout à fait extraordinaire. Cette queue se compose de seize pennes, dont douze écartées simplement en éventail, deux médianes garnies d’un seul côté de barbes serrées, et deux extérieures, recourbées en S comme les deux branches d’une lyre. Cet oiseau, dont la queue offre, dans les solitudes australes, l’image de l’antique lyre des Grecs, habite les forêts d’eucalyptus et de casuarina. Il devient malheureusement de plus en plus rare.

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