‹ L'air et le monde aérienChapitre 172 sur 210 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

Nous envions, non sans quelque raison, aux climats tropicaux, nous autres Européens, tous ces admirables oiseaux au plumage chatoyant, que la nature a doués de tant de grâces, et dont elle a peint le plumage de si éblouissantes couleurs; mais nous nous plaignons à tort de la pauvreté de notre faune ornithologique. Nous oublions les belles espèces de gallinacés, originaires, il est vrai, de l’Orient

Le paon spicifère.

tropical, mais parfaitement acclimatées aujourd’hui dans toute l’Europe méridionale et centrale. Ces espèces font partie du genre paon et du genre faisan.

J’ai peu de chose à dire du paon ordinaire, ou domestique. Tel que nous le connaissons tous, c’est sans contredit un des plus beaux oiseaux que l’on puisse voir. Et pourtant il a déjà perdu, sous notre ciel brumeux, quelque chose de sa beauté. La race sauvage dont il est issu, et qui a pour patrie l’Inde septentrionale, est revêtue d’une parure plus riche et plus éclatante encore. Le paon spicifère habite l’île de Java. Ses couleurs diffèrent de celles du précédent, dont il se distingue plus particulièrement par la couronne d 'épis qui orne sa tète, et qui lui a valu son nom. Ces épis, au nombre de vingt, sont des plumes longues, effdées, à tige blanchâtre, garnies de chaque côté d’un rang de barbules libres, qui se réu-

nissent vers l’extrémité pour former une sorte d’auréole, du vert doré le plus brillant.

Les éperonniers et les lophophores sont des genres très voisins des paons proprement dits. Les premiers sont de petite taille. Celui des Philippines, dont nous donnons un dessin , est gros à peu près comme une petite poule. Le plumage de

Ëperonnier des Philippines.

son corps est noir et bleu. Les tectrices des ailes et les rémiges présentent les mêmes nuances. Les tectrices et les pennes de la queue, épanouies en un longéventail, sont mouchetées de taches fauves sur un fond gris, et ornées de deux rangées d’ocelles simples, d’un beau vert à reflets pourprés.

Les lophophores sont originaires des montagnes du nord de l’Hindoustan. Leur tête est surmontée d’une aigrette semblable à celle du paon ordinaire; les couvertures de la queue ne se prolongent pas. Leurs couleurs sont foncées, mais douées de reflets très brillants. Le type du genre est le lophophore resplendissant. On peut voir plusieurs spécimens vivants de cette belle espèce au jardin des Plantes et au jardin d’acclimatation de Paris. Cet oiseau paraît s’accommoder parfaitement de notre climat; il pourra devenir dans quelques années, comme le paon et les fai-

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