TROISIEME PARTIE
sans, un des ornements de nos parcs, en même temps que sa chair savoureuse fournira à l’art des Yatels et des Carêmes modernes une précieuse ressource de plus. Les lophophores sont de la grandeur du dindon commun. Le lophophore Impey est très répandu à Java et à Sumatra, où les habitants l’élèvent comme oiseau de basse-cour. Le mâle a les ailes vertes et bleues à reflets cuivrés, le cou vert et rouge, la croupe verte et blanche, le ventre noir, la queue jaune-brun clair. Le plumage de la femelle est mélangé de brun et de blanc.
Les argus établissent la transition entre les paons et les faisans; mais ils se rap-
Lophophore Impey.
prochent davantage de ces derniers. Leur queue n’a pas l’ampleur de celle des paons. Elle est cunéiforme; les rectrices latérales sont élargies et arrondies à leur extrémité; les deux médianes dépassent les autres d’environ trois fois la longueur du corps.
Les rémiges secondaires sont aussi très allongées chez le mâle, et dépassent les primaires d’une fois la longueur de celles-ci. C’est sur ces plumes que sont semés les ocelles qui ont fait donner à ces oiseaux le nom d’argus.
L 'argus géant est la seule espèce connue de ce genre. Sa longueur totale est d’un mètre quatre-vingts centimètres; la queue seule n’a pas moins d’un mètre vingt centimètres. Le plumage est blanchâtre tigré de brun et moucheté de blanc, avec les tiges des rémiges primaires bleu d’azur. Les yeux ou ocelles rappellent la couleur du bronze florentin.
Une antique tradition raconte que, dans leur célèbre expédition, les Argonautes rencontrèrent sur les bords du Phase, dans l’Asie Mineure, de merveilleux oiseaux
dont le plumage surpassait en beauté la toison d’or, que les héros grecs allaient conquérir. Cette légende est résumée par les deux vers que le poète Martial met dans la bouche, — pardon! dans le bec du faisan lui-même :
Argiva primus sum (ransportala carinci;
Anle mihi notum nil msi Phasis crut 1.
Argus géant.
De là le nom de phasianus imposé par les Latins à l’oiseau du Phase, et que nous avons traduit par faisan.
On ne connaissait en Europe, il y a peu d’années, que quatre espèces de faisans : le faisan commun, recherché des gourmets pour la saveur de sa chair, et dont il s’est formé plusieurs variétés, telles que la blanche, la panachée, la cendrée; le faisan à collier, le faisan argenté et le faisan doré. Ces trois dernières espèces sont originaires de la Chine. Elles ont été introduites en Europe vers le milieu du siècle dernier, et elles y sont assez répandues pour que je croie inutile de les dé-
' « Le premier, j’ai été transporté ici sur un vaisseau argien. Jusque-là je ne connaissais d'autre pays que les rives du Phase. »