TROISIEME PARTIE
Le chant naturel du bouvreuil ne se compose que de trois notes ; mais l’éducation peut l’étendre et le perfectionner beaucoup. Le chardonneret est susceptible aussi d’éducation musicale. 11 s’apprivoise d’ailleurs facilement, et on le dresse à certains exercices mécaniques, comme, par exemple, de tirer de petits seaux qui contiennent son boire et son manger.
La famille des turdidés a pour type le merle, grand chanteur, ou plutôt siffïeur,
1 Rossignol. 2 Bergeronnette de printemps.
qui, comme le geai et le sansonnet, peut apprendre de véritables airs, et les répète avec une persistance souvent fatigante pour ses auditeurs. Mais à la même famille se rattachent les chanteurs incomparables, les vrais artistes, la fauvette et le rossignol.
Tous deux appartiennent à la tribu des motacil liens , laquelle reçoit son nom du genre hoche-queue ( lavandières et bergeronnettes) , un des plus jolis de nos campagnes, et des plus utiles aussi , car les bergeronnettes font une guerre destructive aux insectes, et particulièrement aux insectes incommodes pour l’homme et pour les bestiaux.
Le genre fauvette ( motacilla sylvia ) a été partagé en plusieurs Sous-genres, dont
LE MONDE AERIEN
chacun comprend un grand nombre d’espèces. Les fauvettes proprement dites habitent les bois, les buissons et les vergers, et vivent indifféremment d’insectes et de fruits sucrés. A la fin de l’été elles émigrent presque toutes, mais sans se réunir en troupes ni prendre de rendez-vous commun : chacune à sa guise et à son heure. Leur vol est vif, mais irrégulier, sautillant et peu élevé. Cependant elles ne descendent que rarement à terre. Le chant du mâle est très doux, très brillant et
Fauvette couturière et son nid.
riche en modulations. La fauvette à tête noire est la plus renommée pour l’agrément de ses vocalises. Si les fauvettes mâles sont des musiciens distingués, les fauvettes femelles ont reçu de la nature un talent moins séduisant, mais plus estimable, et pour lequel elles puisent leur inspiration dans l’amour maternel. Rien de plus charmant que leur nid; rien de plus élégant à l’extérieur, de plus chaud et de plus moelleux à l’intérieur : cela donne envie vraiment d’être petit oiseau. Le nid de la fauvette couturière ( stjlvia sutoria) est un chef-d’œuvre. « Elle en compose le tissu de fibres menues, de plumes, de duvet, d’aigrettes de chardon, dit Le Maout ; puis elle file avec son bec et ses pattes le coton qu’elle a recueilli sur les gossipium; elle pratique ensuite des trous le long du bord des feuilles à limbe solide et