TROISIÈME PARTIE
quarante- trois ans. Les perruches, en captivité, ne vivent guère plus de trente ans.
La famille des psittacidés est très nombreuse; on l’a divisée en trois tribus : la première, celle des psittaciens, se subdivise en une vingtaine de genres, parmi lesquels je citerai seulement les aras, les perroquets proprement dits, les kakatoès, les perruches et les micropsittes.
Les aras sont les plus grands de tous les perroquets. Leur bec est très robuste, et leur queue plus longue que le corps. Leur plumage est peint des plus vives couleurs. Ils habitent l’Amérique méridionale. Les navires qui font le commerce au Brésil, au Chili, au Pérou, à l’Equateur, rapportent souvent de ces oiseaux, qui sont recherchés de beaucoup d’amateurs. Les espèces les plus connues en Europe sont l 'ara Macao ou ara bleu, et Y ara Congo ou ara rouge. L'ara militaire ( ara vert de Buffon) est de plus petite taille que les précédents, mais il apprend mieux à parler; il est aussi plus rare. « Les aras, dit l’ornithologiste Mauduyt, s’apprivoisent aisément, et sont même susceptibles de reconnaissance et d’attachement. Ils n’apprennent guère à parler, et ne répètent jamais que quelques mots, qu’ils articulent mal. Le cri trop fort, déchirant, qu’ils font entendre fort souvent, porte à les éloigner, malgré leur beauté et leur aptitude à la domesticité : ils ne sont bien placés que dans les lieux vastes, à l’entrée des vestibules et des jardins.
Les perroquets proprement dits sont plus petits que les aras; leur bec est moins gros; leurs couleurs sont moins éclatantes, quoique fort belles; leur queue est courte et presque carrée. Ce sont, de tous les psittacidés, ceux qui ont le plus de dispositions pour l’art de la parole. Le perroquet gris, ou jaco d’Afrique, est bien connu de tout le monde. Il est le héros de la plupart des histoires plaisantes qu’on raconte sur les perroquets. Le perroquet Amazone , de la Guyane, est aussi très recherché, tant à cause de son éducabilité que pour son beau plumage vert avec des parties jaunes, rouges et bleues, et que les Indiens trouvent encore moyen de varier par un procédé très singulier, mais qui n’est pas bien connu. Ce procédé consiste, non à teindre les plumes, mais à les arracher et à frotter la place dénudée avec une substance, — le sang d’une grenouille, dit-on, — qui fait qu’ensuite les plumes repoussent rouges ou jaunes. Les perroquets ainsi modifiés sont connus dans le commerce de l’oisellerie sous le nom de perroquets tapir és. Ils se vendent à des prix très élevés.
Les kakatoès ont la queue courte, large et carrée, la tète surmontée d’une huppe qui se dresse ou s’abat à la volonté de l’oiseau. Leur plumage est très fourni, très moelleux, d’un beau blanc mat qui tire tantôt sur le jaune, tantôt sur le rose. Ces perroquets apprennent difficilement à parler, mais ils s’apprivoisent à merveille et se montrent très dociles et très affectueux pour leurs maîtres. Ils sont répandus dans les Indes et en Australie. C’est dans les forêts situées au bord des marécages qu’ils gîtent de préférence ; mais ils en sortent par bandes quel-
quefois très nombreuses pour s’abattre sur les rizières, où ils font de grands dégâts. « Ces oiseaux, dit Bulfon, semblent être devenus domestiques en quelques endroits des Indes, car ils font leurs nids sur les toits des maisons; et cette facilité d’éducation vient du degré de leur intelligence, qui paraît supérieure à celle des autres perroquets. Ils écoutent, entendent et obéissent mieux; mais c’est vainement qu’ils font les mêmes efforts pour répéter ce qu’on leur dit. Ils semblent vouloir y suppléer par d’autres expressions de sentiment et par des caresses
1 Perruche de la Caroline. 2 Perruche de la Nouvelle -Hollande. 3 Mélopsitte ondulé.
affectueuses. Ils ont dans tous leurs mouvements une douceur, une grâce qui ajoute à leur beauté. »
Les perruches sont plus petites que les perroquets; elles ont des formes plus délicates, et le bec d’une grosseur moins disproportionnée. Leur queue est étagée, et au moins aussi longue que le corps. Leur naturel est doux et sociable. Elles s’apprivoisent, facilement, et l’on en connaît quelques espèces qui peuvent parler aussi bien que les perroquets proprement dits. La perruche verte de la Caroline, qui habite aussi la Guyane, est la plus commune et la moins chère sur les marchés d’Europe. Elle a le défaut de crier beaucoup, de ne parler guère et de mordre quelquefois; on la recherche néanmoins pour la beauté de son plumage, l’élégance de ses formes et la gentillesse de ses manières. On importe en Europe, depuis quelques années, un assez grand nombre de perruches de l’Australie. Les plus remarquables sont la 'perruche huppée de la Nouvelle-Hollande , et le mélopsitte ondulé.