‹ L'air et le monde aérienChapitre 195 sur 210 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

mollusques, de zoophytes, ou dévorant les cadavres et les immondices qui llottcnt à la surface de l’eau, ou que les vagues rejettent sur les rivages.

C’est parmi les oiseaux de mer que se trouvent les types extrêmes de la série : les grands voiliers à la vaste envergure, au vol infatigable, ne venant à terre que pour déposer et couver leurs œufs, et du reste, n’ayant pour perchoir que la crête des lames ; et les oiseaux amphibies, aussi libres dans l’eau que le poisson, aussi misérables h terre que les phoques et les tortues, et tout autant qu’eux incapables de s’élever dans l’air. Nous avons étudié ailleurs ces hôtes ou ces parasites de l’Océan1 : la frégate, « le petit aigle de mer, dit Michelet, le premier de la race ailée, l’audacieux navigateur qui ne ploie jamais la voile, le prince de la tempête, contempteur de tous les dangers ; » l’énorme albatros, qu’on pourrait appeler le vautour des mers, car il semble avoir pour spécialité de les débarrasser des cadavres de leurs habitants; les goélands et les mouettes, qui aident l’albatros dans cette tâche comme à terre les corbeaux aident les vautours; les pétrels, oiseaux des tempêtes; les phaétons, les cormorans, les fous, etc..; puis les grèbes, les gorfous, les pingouins, les manchots, toute la tribu des plongeurs, que la loi impérieuse de reproduction oblige seule à quitter leur véritable élément.

Les types intermédiaires, à la fois bons nageurs et bons voiliers, se rencontrent plutôt parmi les palmipèdes d’eau douce, et notamment dans la famille des anatidés (du latin anas, canard ). Ce sont, pour la plupart, à l’état sauvage, des oiseaux navigateurs, qui s’établissent en hiver dans les climats tempérés, et en été dans les régions septentrionales de l’ancien et du nouveau continent. Mais l’homme s’en est approprié un très grand nombre et les a réduits en domesticité pour les foire servir, soit à l’ornement de ses parcs et de ses jardins, soit plutôt à son alimentation. Dans cet état, ils ont perdu leurs instincts voyageurs et oublié le vol; ils ne songent même pas à s’écarter de la mare ou de la pièce d’eau qui leur est assignée.

Les anatidés ont le bec large, déprimé ou arrondi, onguiculé à son extrémité, dentelé en scie ou en lames, et revêtu d’un épiderme mou. Leurs pattes sont entièrement palmées, leurs ailes étroites et de médiocre longueur.

Les canards, les oies et les cygnes sont les trois genres les plus intéressants et les plus connus de cette famille. Quelques espèces du premier de ces genres sont remarquables par la beauté de leur plumage. On peut citer entre autres le canard tadorne, d’Europe, qui fournit un duvet presque aussi estimé que celui de l’eider; le canard happé de la Caroline, et le canard à éventail de la Chine. Ces deux derniers ont été introduits en Europe, où ils se sont très bien acclimatés.

Les oies ne sont point représentées dans les pays chauds, si ce n’est par les

1 Les Mystères de l’Océan , IIIe partie, cliap. xv.

individus qu’on y a transportés d’Europe, et qui s’y sont multipliés. Leurs couleurs ne varient que du blanc au noir ou au brun, en passant par les nuances

intermédiaires. Elles sont plus grosses que les canards, ont les pattes plus hautes et le cou plus long. Elles ont les mêmes mœurs, tant à l’état sauvage qu’à l’état domestique. La seule espèce peut-être à laquelle on ne puisse refuser une beauté réelle et originale est l 'oie frisée de Hongrie. Elle est de grande taille et d’une éclatante blancheur.

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