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TROISIEME PARTIE

grands oiseaux coursiers, les marcheurs géants des déserts de l’Afrique, de l’Amérique et des îles océaniennes : les autruches et les casoars.

Tout le monde connaît la grande autruche d’Afrique, déjà presque naturalisée en France, où elle finira probablement par devenir, selon le vœu d’Isidore Geoffroy- Saint-Hilaire, un « oiseau de boucherie ». L’autruche d’Amérique (le nandou)

1 Casoar austral ou cmou. 2 Casoar à casque ou émeu.

est plus petite de moitié «pie sa congénère de l'ancien monde, et son plumage est moins fourni. Les nandous vivent dans les pampas de l’Amérique méridionale, en troupes d’une trentaine d’individus. Ils courent avec une extrême rapidité, en s’aidant de leurs ailes. Ce sont aussi d’excellents nageurs. Non seulement ils se jettent à l’eau toutes les fois qu’ils le peuvent pour échapper aux poursuites de leurs ennemis, mais ils. semblent prendre plaisir à se baigner. Leur régime est herbivore, et leurs mœurs sont tout à fait inoffensives.

On connaît également deux espèces distinctes de casoars, mais qui n’appartiennent ni à l’Afrique ni à l’Amérique. L’une est le casoar-émeu, ou casoar à casque , des îles de l’archipel Indien; l’autre est Y émou, ou casoar delà Nouvelle-

Hollande. Le casoar à casque est ainsi nommé à cause de l’excroissance cornée dont sa tête est surmontée. Il est aussi gros que l’autruche, mais il a les jambes et le cou moins longs. Les plumes noirâtres dont il est uniformément revêtu ressemblent assez bien à de longs poils très gros. Ce sont cependant de vraies plumes, dont la tige fine et flexible est garnie de barbules extrêmement courtes et ténues. Les ailes sont rudimentaires, et leurs rectrices sont remplacées par cinq grandes pennes dont la tige, beaucoup plus forte que celle des plumes du corps, est totalement dépourvue de barbes.

L’émou, appelé dromée par quelques ornithologistes, semble tenir le milieu entre l’autruche d’Afrique et le casoar. Il se rapproche de la première par sa tête presque nue, par l’absence de casque. Ses plumes sont plus barbues que celles de l’émeu, sans l’être autant que celles de l’autruche. Il est moucheté de noir sur un fond blanchâtre. Il se plaisait dans les forêts d’eucalyptus, qui abondaient autrefois près des côtes de la Nouvelle-Hollande; mais les défrichements des colons l’en ont aujourd’hui chassé, pour le refouler dans l’intérieur des terres.

Richard Owen et Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire ont démontré qu’il faut rattacher à la famille des oiseaux coureurs les colosses fossiles dont on a retrouvé, à la Nouvelle-Zélande et à Madagascar, des ossements dépareillés et des œufs pétrifiés, et qu’on a nommés dinornis et épiornis. Ces deux oiseaux étaient des autruches ou des casoars gigantesques, dont la taille atteignait au moins quatre mètres. Quant au dronte ou doda, que les navigateurs portugais et hollandais trouvèrent encore, il y a trois siècles, aux îles Mascareignes, et qui a depuis complètement disparu, on est tenté d’y voir un de ces jeux de la nature auxquels la science du moyen âge avait recours pour expliquer tout ce qui lui semblait anormal. C’était un monstre disgracié, aussi impropre à la marche qu’au vol. Un corps obèse, des ailes avortées, des pieds gros et courts; en guise de queue, une touffe de plumes bizarrement retroussées et frisées, presque point de tête, mais un bec énorme et crochu, à la base duquel s’ouvraient deux gros yeux ronds et stupides : tel était cet être grotesque, cet oiseau -caricature, dont il ne reste, je crois, qu’un seul exemplaire empaillé et fort endommagé par les vers, dans un musée zoologique des Pays-Bas.

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