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TROISIEME PARTIE

En second lieu, tandis que les diurnes ont les tarses et les doigts nus, trois doigts dirigés en avant et le quatrième seulement en arrière, les nocturnes ont, presque tous, les pieds entièrement emplumés, et un de leurs quatre doigts articulé de manière à pouvoir être dirigé à volonté en avant, en arrière ou de côté.

En troisième lieu, les barbes des plumes, adhérentes entre elles chez les diurnes, opposent à l’air une grande résistance, ce qui permet à ces oiseaux de prendre un essor plus ou moins vertical, de planer et de fendre l’air directement.

Au contraire, les plumes des nocturnes sont moelleuses et duvetées, et leurs barbes sont rebroussées; cette disposition rend leur vol silencieux, oblique et saccadé, et les oblige à partir toujours d’un point élevé, d’où ils commencent par faire une sorte de culbute avant de pouvoir voler. Enfin la différence principale entre les diurnes et les nocturnes consiste dans la structure de l’œil. La vue, chez les premiers, est perçante, et supporte sans être éblouie une lumière très intense. Chez les seconds, les yeux sont gros, la pupille très dilatée, la rétine d’une extrême sensibilité; la lumière du jour les offusque, et ils ne voient bien qu’après le coucher du soleil, dans la lumière diffuse. Il ne faut pas croire cependant qu’ils voient mieux encore dans l’obscurité complète. Le phénomène de la vision suppose nécessairement la présence d’une certaine quantité de lumière. Les chouettes aiment le clair-obscur; à la rigueur, elles préfèrent encore la nuit sombre au grand jour ; mais n’oublions pas que la nuit la plus sombre est toujours quelque peu éclairée.

Les chouettes ont l’ouïe très fine, grâce aux vastes cavités dont se compose leur oreille interne. Ce sont ces cavités qui contribuent surtout à leur grossir la tète; car le volume de leur crâne ne correspond point à un développement proportionnel du cerveau , bien que cet organe soit aussi chez elles plus volumineux que chez les diurnes.

Le plumage des oiseaux de nuit n’offre point de teintes vives et tranchées : le brun, le fauve, le gris y dominent, mélangés de noir et de blanc; mais ces nuances y sont souvent disposées très agréablement, et présentent à l’œil des tons doux, que relèvent assez les mouchetures, les stries et les raies dont elles sont abondamment semées. Le plumage est aussi très doux au toucher, notamment sur le cou et sur la tète, où il est très épais. La queue est ordinairement courte, quelquefois étagée; les ailes sont obtuses dans la plupart des espèces.

Les chouettes vivent isolément, par couples; elles chassent aussi chacune pour son compte ; mais souvent elles se réunissent pour émigrer. Elles sont foncièrement cosmopolites : il est parmi elles peu d’espèces qui appartiennent exclusivement à telle ou telle contrée ; encore ces espèces peuvent-elles être transportées, sans en souffrir, dans un climat tout différent de celui de leur pays natal. Toutes ne sont pas également nocturnes : il en est qui chassent indiffé-

LE MONDE AERIEN

remment le jour et la nuit. On les a nommées chouettes épervières ou accipitrines.

Le chouettes se nourrissent de toutes sortes de petits animaux : oiseaux, rats, mulots, souris, lézards, grenouilles ; mais elles font surtout une grande consommation d’insectes. La chevêche dépèce les souris qu’elle attrape. Cette espèce,

1 Petit- duc. 2 Grand-duc. 3 Effraie flammécbée.

ainsi que quelques autres, a soin aussi de plumer proprement les oiseaux avant de les dévorer ; mais la plupart ne se donnent pas tant de peine : elles engloutissent leur proie tout entière, après lui avoir seulement brisé les os, — si la proie a des os, — pour l’amollir un peu. L’estomac se charge du reste : c’est cet organe qui sépare les parties nutritives et digestibles des substances dures et non assimilables, transmet les premières aux organes secondaires de la digestion, et fait des secondes de petites pelotes oblongues que l’animal rejette par le bec au bout de quelques heures.

Les chouettes ont été partagées en un grand nombre de genres, dont les plus connus sont les genres duc, làhou, chat-huant , effraie et chevêche.

Les ducs sont remarquables par les deux aigrettes de plumes qui ornent leur

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