‹ L'air et le monde aérienChapitre 41 sur 210 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

de contester, sans pour cela s’inscrire en faux contre la doctrine, très rationnelle en elle- même, je le répète, du plein universel. Et maintenant le lecteur demandera-t-il ce que c’est que l’éther? Ce serait pousser bien loin la curiosité. M. William Thompson, dont je parlais il y a un instant, incline à croire que l’éther est une continuation de notre propre atmosphère. Je n’entreprendrai pas de discuter cette opinion, qui est purement arbitraire, et à côté de laquelle on pourrait élever toute autre supposition, qui ne serait ni plus ni moins soutenable ou contestable. En toute chose il faut savoir se borner, et c’est pour la science surtout une loi impérieuse, une condition indispensable de force et d’intégrité, de s’arrêter là où le terrain solide de l’observation et du calcul vient à lui manquer. A cette question indiscrète : « Qu’est-ce que l’éther? » il n’y a donc point de réponse.

LTne autre question plus légitime est celle-ci : Comment accorder l’existence de l’éther avec les résultats si saisissants et si concluants des expériences de Torricelli, de Pascal et d’Otto de Guericke, touchant la pesanteur de l’air, le vide de la chambre barométrique, etc.? — Au fond il n’y a là rien de contradictoire. La théorie du baromètre et celle de la machine pneumatique restent entières. Il faut seulement ne pas perdre de vue que les mots plein et vide, qu’on emploie dans les démonstrations, n’ont qu’un sens relatif, et non une valeur absolue. Lorsqu’on dit, par exemple, que la chambre barométrique ou le récipient de la machine pneumatique est vide, cela signifie seulement qu’il ne s’y trouve aucun corps dont il nous soit possible de constater la présence d ; et il importe peu de savoir s’il est réellement vide ou s’il est occupé par de l’éther.

1 Ou sait cependant aujourd’hui qu’il existe dans la chambre barométrique des traces de vapeur mercurielle.

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