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LA LUMIÈRE ET LA CHALEUR

Nous avons étudié, dans les chapitres précédents, les phénomènes atmosphériques qui se rapportent directement à la pesanteur ou gravité, considérée comme une force universelle attirant les uns vers les autres tous les corps en raison directe de leurs masses, et en raison inverse du carré des distances. Ce sont là des phénomènes purement statiques et mécaniques , dépendant des conditions d’équilibre de l’air lui-même ou des corps qui y sont plongés. Mais l’air est le siège, ou, pour nous servir de l’expression adoptée par les physiciens, le milieu de phénomènes très variés et très complexes, qui jouent, par rapport aux êtres vivants, un rôle tellement important, qu’on peut les considérer comme les conditions mêmes de la vie, telle au moins que nous la pouvons observer et concevoir. Peut-on, en effet, se représenter une plante, un animal, un homme vivant sans chaleur et sans lumière? Non sans doute. Eh bien, l’air est le réceptacle de ces deux principes essentiels de la vie : c’est lui qui les recueille, les retient et les distribue à la surface du globe terrestre.

Et d’abord, il possède, par rapport à la lumière, des propriétés remarquables, et nous pouvons bien ajouter précieuses ; car sans elles la terre serait un morne et luguble séjour.

« L’air, malgré sa transparence, dit Biot, intercepte sensiblement la lumière, et la réfléchit comme tous les autres corps. Mais les particules qui le composent étant extrêmement petites et très écartées les unes des autres, on ne peut les apercevoir que lorsqu’elles sont réunies en assez grandes masses. Alors la multitude des rayons lumineux qu’elles nous envoient produit sur nos yeux une impression sensible, et nous voyons que leur couleur est bleue. En effet, l’air donne une teinte bleuâtre aux objets entre lesquels il s’interpose. Cette teinte colore très sensiblement les montagnes éloignées, et elle est d’autant plus forte qu’elles sont plus distantes de nous... C’est encore la couleur propre de l’air qui forme l’azur céleste, cette voûte bleue qui paraît nous environner de toutes parts , que le vulgaire appelle le ciel, à laquelle tous les astres paraissent attachés. A mesure qu’on s’élève

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