CE QU’IL Y A DANS L’AIR (SUITE
« L’analyse de l’air par Lavoisier, dit avec raison M. Dehérain, inaugure la chimie nouvelle. » Elle donne, en effet, la clef du phénomène de la respiration des animaux, de la combustion, de l’oxydation des métaux et de la réduction des oxydes. Il suffît de traduire dans le langage de la chimie moderne les conclusions de l’illustre chimiste, d’appeler oxygène l’air respirable ou air vital ( air déphlogistiqué de Priestley, air de feu de Scheele), d’appeler azote la mofette ou air méphitique, pour retrouver dans ces quelques lignes le résumé de tout ce que les recherches ultérieures des chimistes nous ont appris de la composition de l’air, et des rôles respectifs de ses éléments. Ces recherches ont démontré que l’air atmosphérique libre, qu’il soit pris dans les profondeurs les plus considérables ou aux plus grandes hauteurs, à la surface des mers ou dans l’intérieur des continents, présente toujours et partout les mêmes proportions d’azote ou d’oxygène, savoir : en poids, 7,699 du premier et 2,301 du second; en volume, 79,19 d’azote et 20,81 d’oxygène. Il renferme en outre des quantités variables, et relativement très petites, d’acide carbonique et de vapeur d’eau.
L’oxygène et l’azote sont les deux principes constituants, essentiels et primordiaux de l’air atmosphérique. Ils n’y sont point à l’état de combinaison, mais seulement à l’état de mélange intime, en sorte que chacun d’eux conserve intégralement ses propriétés. L’un et l’autre sont des gaz insipides, inodores, incolores. L’oxygène a une densité supérieure à celle de l’air: la densité de l’air étant représentée par 1,000, celle de l’oxygène est 1,105; un litre de ce dernier gaz pèse donc, à la température de 0 degré et à la pression barométrique normale, 1,43 centigr. L’azote a une densité plus faible : 0,97 ; aussi un litre de gaz ne pèse-t-il que 1,25 centigr. Tous deux sont des gaz permanents, c’est-à-dire qu’ils supportent sans se liquéfier le froid le plus intense et la pression la plus énorme qu’il nous soit possible de produire. Mais s’ils ont entre eux, par leurs caractères physiques, une grande ressemblance, il en est tout autrement au point de vue de leurs propriétés chimiques : celles de l’azote sont à peu près nulles; c’est un corps