LE TEMPS
« Il est, dit M. Laugel, une science à la portée de tous les esprits, qui pour être cultivée, même avec succès, ne demande presque aucune préparation, qui fournirait facilement une ressource admirable à ceux qui, peu disposés à s’assujettir à des études préliminaires longues et ardues, se sentiraient néanmoins quelque goût pour l’observation des phénomènes naturels : on pourrait l’appeler simplement la science de la pluie et du beau temps, bien qu’elle se décore d’ordinaire du nom magnifique de météorologie. Le baromètre, le thermomètre, la girouette, sont les simples instruments qu’elle emploie; son champ est l’atmosphère terrestre, dont elle s’efforce d’analyser les mouvements réguliers ainsi que les perturbations. Comme M. Jourdain faisait de la prose sans le savoir, ainsi nombre de gens ont fait et font encore de la météorologie sans en connaître même le nom 1 . »
M. Laugel compare justement les gens qui font de la météorologie sans en connaître même le nom, à ceux qui, comme M. Jourdain, font de la prose sans le savoir. Mais il y a météorologie et météorologie, de même qu’il y a prose et prose. De ce que tout le monde s’exprime en prose, il ne s’ensuit point que l’art oratoire ou l’art d’écrire soit un art facile; et de ce que tout le monde s’occupe du beau et du mauvais temps, il ne s’ensuit pas davantage que la météorologie soit « à la portée de tous les esprits ». Je ne vois pas moins de différence entre la météorologie telle que l’entend le vulgaire, et celle que nous enseignent les Ivaemtz, les
1 Science et philosophie. — Progrès de la météorologie.