‹ L'air et le monde aérienChapitre 71 sur 210 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

directions par de nouveaux diamètres qui partagent l’horizon en seize parties égales, et l’on a ainsi, sauf des différences négligeables, l’indication de toutes les aires du vent. La figure qui représente ces divisions, et que nous donnons cidessus, est connue sous le nom de Rose des vents. On y a tracé, outre les lettres N, S, E, O (nord, sud, est, ouest) , les initiales N. -E., E.-N.-E., S.-O., S.-S.-O., etc., qui signifient nord-est, est-nord-est , sud-ouest, sud-sud-ouest , etc. A peine est-il besoin de rappeler que Faire du vent s’exprime toujours par le point d’où il vient, et jamais par celui vers lequel il souffle: ainsi vent d’ouest veut

Rose des vents.

dire vent qui vient de l’ouest; vent du sud-est, vent qui vient du sud-est, etc.

Lorsqu’on sait s’orienter et qu’on peut trouver autour de soi quelques objets susceptibles d’être impressionnés par les mouvements de l’air, il est aisé de reconnaître la direction du vent; mais on a souvent recours à un instrument, le plus ancien sans doute de tous ceux qui servent aux observations météorologiques : je veux parler de la girouette. On sait que la girouette consiste en une feuille de métal, ordinairement de fer-blanc ou de zinc, découpée d’une façon plus ou moins élégante, et mobile sur une tige à laquelle est fixée une croix horizontale, dont les bras portent à leurs extrémités les lettres N, S, O, E, découpées à jour. La girouette se place sur la partie la plus élevée du toit des édifices.

Il faut bien avouer toutefois que la girouette est un instrument primitif, dont la précision laisse à désirer. Exposée à toutes les intempéries de l’air, elle se rouille et se détériore, devient paresseuse, n’obéit plus aux impulsions du vent. Il arrive aussi que sa tige se déjette, et alors, déplacée de sa position d’équilibre, la girouette retombe toujours du même côté. D’ailleurs elle est ordinairement placée à une faible hauteur, où divers obstacles peuvent dévier le vent de sa direc-

PHENOMENES DE L’AIR

tion normale, et où elle n’est, en tout cas, impressionnée que par les courants inférieurs, dont l’influence sur le temps est nulle, ou du moins secondaire II n’est pas rare que l’atmosphère soit parcourue par plusieurs courants superposés et entre -croisés. Dans ce cas, le courant principal, celui qui, si l’on peut dire ainsi, gouverne le temps, est en général placé à une grande hauteur, quand même il n’est pas le plus élevé de tous, et c’est la marche des nuages qui le fait connaître. Là est le meilleur et le plus sûr indice de l’aire du vent.

Girouettes et paratonnerres.

La direction moyenne du vent est un des éléments les plus propres à faire connaître le climat d’un lieu, car elle se relie étroitement à l’état hygrométrique de l’air, à la fréquence ou à la rareté des pluies. On ne peut la déterminer que par une série d’observations journalières, faites avec soin pendant une ou plusieurs années. Dans nos contrées , la prédominance des vents d’ouest et du sudouest est la marque d’un climat doux, mais pluvieux; celle des vents du nord et du nord-est, d’un climat sec et froid; celle du vent du sud, d’un climat chaud et orageux.

On sait que la force vive ou l’effet mécanique d’un corps qui se meut a pour expression M Y2, c’est-à-dire la masse de ce corps multipliée par le carré de sa vitesse. Or la masse ou la densité de l’air ne variant que dans des limites très restreintes, la force du vent dépend presque entièrement de sa vitesse et croît

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