‹ L'air et le monde aérienChapitre 75 sur 210 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

génie des armées de la Confédération, en parle comme il suit dans son livre intitulé les Glaciers 1 :

« Dans les Alpes, le fœhn, plus actif encore que le soleil, peut, d’après les expériences faites à Grindenwald , diminuer de 60 à 70 centimètres en douze heures l’épaisseur de la couche de neige. Né dans les sables du Sahara, le fœhn traverse la Méditerranée et se précipite sur les contreforts des Alpes avec une violence quelquefois extrême. Son arrivée est annoncée par une baisse subite du baromètre, et produit une prostration complète des forces.

« Quand il souffle avec une semblable violence, le fœhn prend les proportions d’un fléau; ajoutons toutefois que rarement, et seulement aux environs des équinoxes, il atteint le paroxysme de sa fureur. Le plus souvent il aborde les Alpes en bienfaiteur. Dès le mois d’avril il attaque l’hiver, qui depuis huit mois régnait sans partage, et le force à gagner les hauteurs; souvent aussi ce qu’il a conquis en huit jours il le perd en une seule nuit de tourmente : l’hiver redescend et reprend l’avantage. Cependant, à force d’assauts réitérés et persévérants, le printemps est vainqueur, et l’hiver se retranche sur ses hauteurs inexpugnables, d’où il ne descendra qu’en septembre, pour prendre sa revanche... Le fœhn est tellement la condition essentielle de l’été, que les montagnards, témoins chaque année de ces luttes, ont coutume de dire : « Le bon Dieu et le soleil doré ne peuvent « rien contre la neige si le fœhn ne leur vient en aide. »

1 Un vol. gr. in-18, Paris, 1867. Challanel aîné, éditeur.

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