LES TEMPÊTES. — LES CYCLONES
L’atmosphère est sujette à des perturbations, à des convulsions dont la violence, l’étendue, la durée peuvent varier considérablement, et qui revêtent en outre, selon la cause qui les produit, des caractères tout différents. Il importe donc de distinguer ces phénomènes les uns des autres; de ne point confondre les orages avec les tempêtes, les trombes avec les cyclones. Les orages sont des phénomènes essentiellement électriques. Les trombes paraissent avoir la même origine. Les tempêtes et les ouragans ne sont autre chose que des vents animés d’une très grande vitesse et dus, comme tous les vents, à des ruptures d’équilibre produites dans la masse atmosphérique par la dilatation ou la contraction de l’air, par l’évaporation ou la précipitation abondante et rapide des grandes quantités d’eau dans une région circonscrite, par le renversement des courants périodiques, etc.
On se rappelle que c’est à partir de la vitesse de vingt -cinq à trente mètres par seconde que, pour les marins, le vent perd son doux nom de brise, et devient bourrasque, puis tempête ou tourmente, puis enfin ouragan. Ce dernier terme exprime le plus haut degré de force que puisse atteindre le vent. Il correspond à une vitesse de cent cinquante à cent soixante -dix kilomètres par heure. Mais les tempêtes ne diffèrent pas seulement par leur plus ou moins d’intensité : elles se distinguent encore les unes des autres, d’une manière beaucoup plus tranchée, par la nature de leur mouvement, qui peut être rectiligne ou gyratoire. Sous les zones tempérées ou polaires, les tempêtes rectilignes sont de beaucoup les plus fréquentes, tandis que sous les tropiques on a surtout à redouter les tempêtes tournantes ou cyclones. Les vents de saison, tels que le mistral et le gallego des côtes de la Méditerranée, le simoun des déserts de l’Afrique et de l’Asie, le souffle des diables, les pamperos (vents des pampas de l’Amérique méridionale), le sirocco et le solano d’Italie et d’Espagne, prennent d’ordinaire toute la violence de véritables tempêtes. Les vents de nord-ouest, notamment, rendent très dangereux en hiver la navigation de la Méditerranée et les abords de la côte africaine.
Il ne faudrait pas prendre trop à la lettre la qualification de rectilignes qu’on