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DEUXIEME PARTIE

jettent leur lumière, soit directement, soit par réflexion , au-dessus de l’horizon. Quant à des éclairs sans tonnerre , l’observation n’en a point fait connaître d’une manière positive qui méritent réellement cette qualification, à moins qu’on ne l’applique aux feux Saint-Elme, qui, dans le système de certains auteurs, constituent la cinquième espèce d’éclairs.

Ces météores ignés étaient bien connus des anciens, qui les considéraient comme des prodiges d’un heureux augure, et les appelaient Castor et Pollux. Le nom de

Feu Saint -Elme.

feux Saint-Elme, sous lequel ils sont connus des modernes, vient d’une croyance très répandue au moyen âge parmi les marins, qui voyaient dans l’apparition de ce phénomène un signe de la protection de saint Elme, et le saluaient par des cris d’allégresse et des actions de grâces. On les explique maintenant par l’état fortement électrique de nuages surbaissés qui , au lieu de se décharger violemment et par explosions, se mettent en communication avec le sol par l’intermédiaire des corps aigus et élevés, en sorte que la recomposition du fluide neutre s’opère lentement, sans autre indice apparent que des aigrettes lumineuses qui semblent attachées à l’extrémité des corps conducteurs. Il n’est pas rare que les feux Saint-Elme accompagnent les orages ordinaires, dont ils annoncent, dit-on, la fin prochaine. Mais le plus souvent ils apparaissent dans les nuits orageuses comme des flammes, ou plutôt des lueurs, — car ils sont tout à fait inoffensifs, — adhérentes au sommet des clochers, aux girouettes, aux paratonnerres, à l’extrémité des mâts des navires, à la pointe des armes des soldats en campagne, quelquefois même aux cheveux ou aux vêtements.

PHÉNOMÈNES DE L’AIR

Plusieurs observateurs ont signalé d’autres phénomènes électro- lumineux dont on pourrait faire une sixième espèce d’éclairs, et que plusieurs auteurs ont appelés, en effet, éclairs ascendants ou éclairs terrestres. Ils consistent dans de larges et brillants météores, dont la terre est d’abord le siège, et qui disparaissent au bout d’un temps plus ou moins long, avec ou sans explosion, soit sur place, soit après un déplacement plus ou moins étendu et plus ou moins rapide. Enfin rien n’ empêcherait de considérer comme des éclairs continus les curieux phénomènes de phosphorescence dont s’accompagnent certains orages, dans lesquels les nuages, les gouttes de pluie, les grêlons, et même l’eau qui ruisselle sur le sol jettent de vives lueurs blanches, bleuâtres où rougeâtres.

Disons maintenant quelques mots du tonnerre, qui est à la foudre ce que la détonation est à l’explosion d’une arme à feu.

Dans la grande majorité des cas, ce bruit n’est entendu qu’un certain temps après l’apparition de l’éclair ; mais nul n’ignore qu’il se produit dans le même instant, et que l’intervalle qui s’écoule entre les deux perceptions est dû à la différence énorme de vitesse qui existe entre la lumière et le son. Il est facile, d’après cela, de mesurer l’éloignement des nuages orageux par le nombre de secondes qui sépare l’éclair du tonnerre, chacune de ces secondes représentant une distance de trois cent trente-sept mètres. Les plus grands intervalles sont de quarante-cinq à cinquante secondes. Tout le monde a remarqué que lorsque la foudre éclate à quelques mètres seulement de l’endroit où l’on est, le bruit se fait entendre en même temps que l’éclair brille. Dans ce cas, la détonation est extrêmement violente et de très courte durée ; elle ressemble assez bien au bruit que ferait une pile d’assiettes tombant du haut d’une maison sur le pavé.

Lorsque la décharge électrique a lieu à une certaine distance, son bruit présente, selon les circonstances, des caractères très divers. Toutefois le bruit, — on pourrait dire le son du tonnerre, — est ordinairement plein, très grave et vraiment majestueux. Les expressions de grondements, de roulements, qui ont passé dans le langage usuel, rendent bien la nature de ce bruit qui se prolonge quelquefois pendant plus d’une demi -minute, avec des diminutions et des recrudescences successives d’intensité. Ces roulements inégaux, et en apparence capricieux, sont dus aux répercussions que les accidents du terrain et les nuages eux -mêmes font éprouver au son primitif.

Je dois mentionner ici ce singulier contre-coup auquel donne lieu quelquefois la « chute du tonnerre », et que les physiciens ont justement appelé le choc en retour.

Ce phénomène consiste en une commotion plus ou moins forte, parfois mortelle, que des hommes ou des animaux ressentent au moment où la foudre éclate, et non pas sur eux, mais à une distance qui peut être considérable. Voici comment on l’explique.

Un nuage électrisé, passant au-dessus du sol, décompose d’abord insensiblement l’électricité neutre des corps assez rapprochés de lui pour être soumis à son influence. L’électricité contraire à celle du nuage est attirée à la surface et aux extrémités supérieures de ces corps, tandis que l’autre est repoussée dans le réser-

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