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CHAPITRE VI

Entrée en fonctions de M. et M» Girard - Les Feins- 1« Confitures, la Piquette

Le soir du départ du ménage de M. Rolland ce denier dit aux époux Girard: Demm^l en fonctions. Si le temps le permet ja. envie de commencer les foins; lundi P''<>f al" ^(p ^Z,l travaillera avec moi. Ils ne seront probablement pas fnTs avant son départ pour les battages, mais ce au'Tl en aura vu lui suffira pour être capable de faire ses foins lui-même Tannée prochaine, si!

reste ici. . , ,

M- Girard s'occupera de la maison et de la cuisine ridée par les enfants qui dans leurs momèr ris iront cueillir les petites graines. EU. K£ les conûtures dont la consommation St tell qu'elle effraierait les ménagères de France Te me charge de la piquette et montrerai a M" Girard commlnt il faut procéder. Une fois chez vous l nense que vous serez contents de pouvoir de lemps à aquU-e remplacer à table votre thé par un Sut vin qui ne vaudra jamais les crus de France mas que \ous trouverez cependant agréable, j er

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Vous pouvez en être certain, dit M. Picard Rien nue ie ne vous l'aie pas encore avoue uni d rchqoses3qui me déplaisent ici, ***£»*& He boire du thé. Quand on a toujours bu du cioB foutesa Me, c'est dur de boire chaud en mangean

et j'aurai du mal à m'habituer au thé, aussi bien qu'au pain anglais, qui a réellement trop de mie.

— Sapristi, il fallait le dire ! Votre femme peut nous faire du pain français, que je préfère aussi de beaucoup.

Le lundi suivant, après la disparition de la rosée, M. Rolland et M. Girard partaient faucher. M. Girard connaissait bien le mécanisme de la faucheuse, mais M. Rolland voulait lui montrer les pièces.

— Hier, lui dit ce dernier, pendant que vous faisiez des réparations au rack (espèce de plancher mobile et à claire -voie avec ridelles en avant et en arrière, qu'on pose sur le chariot pour contenir le loin) j'ai été visiter les terres à faucher, ce qui est toujours une bonne précaution. Tenez, voici où je vais commencer. Quand j'aurai fait deux ou trois tours, vous pourrez me remplacer sans difficulté ; les chevaux habitués à cet ouvrage depuis trois ans n'auront besoin d'être guidés qu'aux tournants. Je vous montrerai ensuite les autres pièces. Demain pendant que vous continuerez le fauchage, je rattellerai et si le temps reste au beau, les engagés mettront de suite en meulons. Cette année -là le temps fut propice et les foins avançaient rapidement.

Chaque jour, vers onze heures et demie, Mme Girard et ses enfants partaient de la ferme en buggy porter le dîner aux travailleurs, dîner qu'ils partageaint souvent avec eux, au pied d'un meulon.

Parfois les enfants faisaient des villoches, petits menions de loin, arrangés à la main sur place et dont il faut quinze à vingt pour faire une charge, c'est-à-dire une voiture. Léon s'essayait à ratteler, mais vers quatre heures, tous rentraient à la ferme, la mère pour préparer le souper et les enfants pour

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aller chercher les saches laitières, une de leurs plus grandes distractions.

Vers cinq henres, accompagnés de Pataud, devenu leur grand ami, Léon et Madeleine partaient en plaine. Souvent le troupeau était en vue et Pataud n'en avait pas pour longtemps à les ramener ; mais, parfois les vaches s'étaient un peu écartées ou trouvaient cachées derrière des bosquets. Il fallait aller à leur recherche. On avait appris aux enfants à tenir compte du vent, de la chaleur et des moustiques pour décider si elles devaient être plutôt au bois qu'en plaine, au nord, au sud, à Test ou à l'ouest. Les enfants arrivaient souvent devant une coulée, qu'on pouvait éviter en faisant un détour ; mais c'était si amusant de la traverser ! bien vite on retirait bas et souliers et c'était à qui barboterait le mieux.

Madeleine se plaignait bien par moments de la piqûre des moustiques et jetait de petits cris d'effroi quand un canard ou un faisan s'envolaient trop près d'elle, mais elle finissait par en rire.

Pendant les foins la traite du soir et du matin était faite par Mme Girard et les enfants, assistés de l'engagé qui s'occupait du fromage.

Le soir tout le monde rentrait pour souper, contents de cette journée passée en plein air et qui donnait à chacun vigueur et santé.

Après soup r. lorsqu'on n'était pas trop fatigué, c'était le tour du gramophone qui lançait sous le ciel canadien les airs connus et les vieilles chansons françaises. Ou bien M. Rolland, devant des auditeurs vivement intéressés et souvent émus, faisait revivre quelque période de l'histoire canadienne. Parfois encore, M. et Mme Girard le priaient de lui expliquer certains termes locaux ou des expressions particulières au pays.

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