LA BATAILLE DE GUISE-SAINT-QUENTIN
seconde ligne pour appuyer le 18» corps, devait se porter sur le secteur de TOise compris entre Ribemont et Macquigny. Mais la disposition des lieux est telle qu'une offensive accomplie dans ce secteur, face à l'Ouest, a pour inconvénient de laisser Guise en arrière et de se décrocher, en quelque sorte, de cette ville. Or, Guise et la boucle de l'Oise ayant été occupés par l'ennemi dés la veille au soir, offrent à l'ennemi les avantages d'une tète de pont : ainsi, il peut prendre à revers une armée se détachant de l'Oise et s'approchant trop rapidement de Saint-Quentin.
Les conséquences de cette disposition vont se faire sentir surtout au 3« corps ; car c'est lui qui, tout en appuyant l'offensive sur Saint-Quentin par sa gauche, doit, par sa droite, faire face à la boucle de l'Oise. Il est obligé de passer lOise, de la rive gauche à la rive droite, devant un ennemi qui a, luimême, passé la rivière de la rive droite à la rive gauche et qui ne peut manquer, s'il le voit bouger, de s'accrocher à son flanc.
Pour le 29 au matin, le général Hache a pris ses dispositions ainsi qu'il suit : le corps se préparera à passer l'Oise, dès l'aube, avec direction d'attaque vers l'Ouest. Son but principal est de soutenir et de seconder l'offensive du 18» corps.
La 6» division (général Bloch), partant de Courjumelles, passera l'Oise à 9 heures 30, entre Origny- Sainle-Benolte et Bernot, de façon à se porter, de Thenelles, vers l'Arbre des Saints et ultérieurement, s'il y a lieu, vers les sources de la Somme.
La o« division (général Verrier), partant des hauteurs de Bertaignemont, passera l'Oise entre Bernot et Macquigny. c'est-à-dire juste à l'entrée de la
G, Hanotaux. 3
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boucle de Guise. Mais elle surveillera avec la plus grande attention les débouchés de Guise vers la ferme de Bertaignemont et tiendra en flanc-garde deux régiments chargés de contenir la pression de l'ennemi.
Comme la 37» division (division d'Afrique, général Gomby) n'est pas encore arrivée sur le terrain, elle consolidera la manœuvre dès son arrivée et, selon les circonstances, appuiera le flanc-garde ou soutiendra l'offensive.
Mais c'est ici qu'apparaît l'avantage pour l'ennemi de l'initiative qu'il a prise dès la veille. La ville de Guise et la rive gauche étant occupées, il a été à même d'élargir et de fortifier sa tête de pont, sur la rive sud, pendant la nuit et, tandis que les divisions du 3« corps s'attardent un peu, il les attaque résolument au pied des plateaux du Marlois, c'est-àdire vers la ferme de Bertaignemont à 4 kilomètres au sud de Guise.
Les abords du plateau de Bertaignemont sont occupés par le 36» d'infanterie qui, surpris, cède du terrain, entraînant dans son mouvement le 239». Et ce recul s'opère de telle sorte que la 5» division, qui le subit, est obligée de s'adosser à la 6» division et de combattre face au Nord dans les bois de Bertaignemont, tandis que sa voisine la 6» division, a pour ordre de combattre face à l'Ouest, pour appuyer le IS» corps. C'est le point précis où la bataille pour Saint-Quentin s'articule (et assez mal comme on le voit) à la bataille pour Guise.
Il est onze heures.
En raison de l'échec infligé à la brigade de la 3» division qui regarde Guise et la boucle de Guise vers Macquigny, cette division est dans l'im-