LA BATAILLE DE GUISE-SAINT-QCENTIN
possibilité de se rassembler pour passer lOise.
Cependant la 6« division, qui tient la gauche, n'a pas renoncé à marcher sur Origny, où le 18* corps l'attend. Laissant les soutiens nécessaires pour protéger Tartillerie du corps à Courjumelles, elle descend des plateaux, se porte en direction générale de Jonqueuse, tandis que la 5« division garde la ligne de flanc, dans le petit bois à 1.500 mètres, nord, de Landifay.
Heureusement, à ce moment critique, la 37» division (troupes d'Afrique) débouche sur le champ de bataille; elle a ordre de jeter, immédiatement, une de ses brigades par Saint-Remy pour reprendre la ferme de Bertaignemont. D'autre part, la 6* division a forcé les ponts à Origny-Sainte-Benoîte et elle se développe sur la rive droite. Elle seconde ainsi le mouvement du 18« corps en direction de Marcy- Homblières. Mais, sur ce terrain très dur, le progrès ne peut se faire que difficilement. Et le généra Hache est toujours inquiet pour sa droite.
Le général, ayant toutes ses ressources en mains, se résout alors à faire un effort pour maîtriser l'ennemi. Il prend le parti de se retourner, pour en finir avec les éléments du X» corps allemand débouchant de Guise : laissant donc seulement quelques éléments de la 6» division sur la rive droite, il forme une masse d'attaque avec ses deux divisions et les jette simultanément sur la cote 13ô qui domine Jonqueuse et Macquigny et sur la ferme de Bertaignemont. En un mot, il se retourne, de lui-même et momentanément, de Saint-Quentin sur Guise.
n est midi trente. On comprend, maintenant, qu'à cette même heure, le 18- corps, dans son offen.sive sur Saint-Quentin et au moment où le groupe des
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divisions de réserve lui demande du secours à l'Ouest, se sente mal appuyé à l'Est. Quelques bataillons seulement et de l'artillerie du 3» corps sur la rive droite, au lieu du corps tout entier. Sa propre offensive, loin de pouvoir se développer, est arrêtée.
La bataille pour Sainl-Quenlin. l'après-midi du29. — Échec de l'offensive. — Nous sommes au milieu de la journée du 29.
La bataille est en suspens. Comment va-t-elle se décider ?
Il s'agit de suivre, d'abord, la pointe du 18» corps au moment où la 69° division de réserve demande du secours à gauche vers Urvillers et où le 3« corps, à droite, se détourne de la route de Guise à Saint- Quentin pour repousser le X» corps actif allemand qui, de Guise même monte, à l'assaut deBertaignemont-Colonfay.
Deux des divisions du 18» corps ont atteint Homblières et Marcy sur la route de Guise et, de là, attendent le 3» corps; à gauche, le 18" corps s'est allongé vers Urvillers pour donner la main au groupe des divisions de réserve.
Dans ces conditions, il était bien difficile au général de Mas-Latrie de répondre, en plus, à l'appel des divisions de réserve arrêtées devant Urvillers. Cependant, il peut encore porter de ce côté une partie de son artillerie divisionnaire.
En somme, l'offensive du 18» corps en direction de Saint-Quentin se trouve réduite à une division, la 36»; celle-ci est en flèche, mal protégée à droite et à gauche. Et c'est le moment où commencent à déboucher sur le champ de bataille, du côté des Allemands, les renforts appelés par von Bulow. Le