‹ L'Aisne pendant la Grande GuerreChapitre 15 sur 31 · LA BATAILLE DE GUISE-SAINT-QUENTIN · texte numérisé non relu

LA BATAILLE DE GUISE-SAINT-QUENTIN

corps de cavalerie do Richlliofen, le X» corps de réserve, prêtent main-forte à la contre-attaque sur Itancourl-Urvillers et permettent ainsi au VU» corps actif de s'élargir sur la roule de Guise, vers Homblières et au delà.

Cependant, l'offensive des divisions de réserve n'a pas dit son dernier mot : la 53» division de réserve {général Perruchon) n'a pas encore donné. Sur l'ordre du général Valabrégue, elie s'ébranle et s'avance, à son tour, pour prêter main-forte à la division Legros.

Mais les renforts allemands, entrés en ligne, deviennent de plus en plus nombreux et portent leur contre-attaque sur Hinacourt-Urvillers.

Le général Legros ne peut tenir plus longtemps. Après avoir subi de lourdes pertes, il doit abandonner définitivement Urvillers, repris une troisième fois; il perd la ferme de Puisieux ; il perd la Guinguette. 11 se demande même s'il pourra tenir sur la rive droite de la rivière. Or, au même moment, le 18» corps (général de Mas-Latrie) fait savoir que, menacé sur sa droite, il est obligé de se replier également au delà de l'Oise, à Mézières et Châtillonsur-Oise.

D'autre part, des troupes allemandes (sans doute du X» corps de réserve) apparaissent sur la Fère et y écrasent un de nos bataillons, bataillon Brémont à Ly-Fontaine.

Le général Perruchon sait, d'ailleurs, que les Anglais sont, d'ores et déjà, à un jour de marche en arrière. Il craint d'être tourné. 11 ordonne à son artillerie de quitter la hauteur de Gerizy où elle est encore, tirant toujours sur Urvillers, et de repasser l'Oise à Vendeuil et à Hamégicourt.

En somme, les divisions de réserve ont perdu le terrain conquis dans la matinée. Mais elles gardent les débouchés de l'Oise depuis Vendeuil, aux portes de la Fère, jusqu'à Berthenicourt et maintiennent, en ce dernier point, leur liaison avec le 18° corps. La bataille tombe avec la nuit; l'ennemi ne poursuit pas.

La bataille pour Guise, le 29 août. — Comme la bataille pour Saint-Quentin, la bataille pour Guise, dans la journée du "29, a eu ses alternatives, mais en sens contraire : âpre et contestée dans la matinée, elle tourne, dans l'après-midi, au succès déclaré.

Nous avons mis les deux forces en présence sur le terrain, le 28 au soir; d'une part, la force allemande composée de la Garde à l'Est et du X» corps actif à l'Ouest, et, d'autre part, le 10» corps français, le !»'■ corps, la 51» division de réserve et la 4» division de cavalerie. Nous avons vu l'avantage pris, dès le 28 au soir, par les forces allemandes qui se sont emparées des ppnts de Guise et de Flavi' gny. Nous avons vu, par contre, la précaution prise par le général Lanrezac, qui, soucieux de parer à une attaque possible des forces allemandes sur sa droite, a consolidé la face Nord-Est de l'angle formé, de ce côté, par son armée.

En forçant le débouché de Guise, le 28, et en consolidant leur tête de pont, dans la nuit du 28 au 29, les Allemands avaient, en raison de la nature du terrain, pris une position extrêmement forte. Ce fut, pour l'armée française, une entrave dont nous avons vu les suites dans la bataille pour Saint- Quentin et nous allons les retrouver, maintenant, dans la bataille pour Guise.

Page 1