PANS LA BATAILLE
Tous ces grands noms t,o;'.l iii des rapports hisloriques constants. Goucy-le-Ghàteau occupe un des sommets du redoutable massif. Le château énorme appartenait aux Coudés, qui, par un réseau de donjons et de fortins reliés par des souterrains, avaient combiné son action avec celle de l'autre forteresse, La Ferté-Milon. Ce sont toujours les mêmes lieux et c'est toujours la même histoire. On se battait dans les cavernes — dans les « creuttes », comme ils disent dans le pays, — il y a des siècles.
Des carrières immenses creusent la colline de Bourg-et-Gomin, que les poilus ont baptisé « Madagascar » et où s'était réfugié le lieutenant de César, Q. Tiburius Sabinus quand celui-ci défendait la Gaule contre l'invasion des hommes du Nord. On y retrouva, il y a quelques années, toute une ville souterraine, avec une quantité inouïe de silex, de poteries et d'armes gauloises. Et voilà que ces mêmes carrières servent, aujourd'hui, les unes à la défense de l'ennemi, les autres au refuge des malheureuses populations bombardées. Les tranchées, reprises hier, sont sur les vestiges de ces vieilles circonvallations... C'est toujours la même bataille!
La Tour est rasée, Hurtebise est détruite ; Vailly est en ruine ; l'église qui vit Jeanne d'Arc s'est effondrée ; les ruines de Goucy ont sauté ; le chemin des Dames lui-même a craqué un instant. Mais il est vite redevenu ce qu'il a été, à travers les siècles, le boulevard de la défense et de la liberté gauloise et française.