‹ L'Albanie inconnueChapitre 22 sur 49 · DIAKOVO. LE CURÉ CATHOLIQUE ALBANAIS · texte numérisé non relu

DIAKOVO. LE CURÉ CATHOLIQUE ALBANAIS

I, 'Albanie inconnue

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D'IPEK A PR1ZREND

Jeunes-Albanais. — C'est cela, répond l'autre, et il n'en existe pas encore beaucoup. » Les relations avec les Albanais musulmans sont ici excellentes ; il n'en a pas toujours été ainsi, surtout à la fin du règne d'Abdul-Hamid, et mes interlocuteurs attribuent ces divisions à l'action de l'Autriche et de l'Italie dans le pays. Quant aux rapports avec les Serbes, il est inutile d'en parler : à Diakovo, sur les 3 000 maisons de la ville, on compte à peine une douzaine de maisons de pauvres serbes et pas une aux environs.

Le pays est donc purement albanais et, comme à Ipek, dominé par quelques familles de puissants et riches beys : la plus vieille est celle de Riza bey, que l'ancien régime avait exilé pour raison personnelle et que le nouveau régime a habilement rappelé ; il a fait du fils de celui-ci, qui était officier, le député de Diakovo ; un autre bey est aussi officier à Uskub, c'est Bayram Tzura ; les autres, comme Ahmed bey, comme Djlaledin bey, — le plus riche peutêtre, ses terres valant bien un million et demi de piastres, — habitent à Diakovo. Tous ont leur fortune en terres, aucun en moulins ou en usines, comme à Ipek ou à Mitrovitza, et cela seul indique que nous sommes ici en pays de grande propriété, — la petite propriété ayant d'ailleurs sa part.

Cette propriété est assez cultivée, et Diakovo est un centre important du commerce de céréales. Il est aujourd'hui dirigé tout entier du côté de Salonique

par route et voie ferrée, et les commerçants de Dia kovo s'inquiètent de le détourner vers l'Adriatique et Scutari, en s'entendant avec les commerçants de Scodra. C'est, me dit-on, un grand commerçant de Diakovo, Ghaquir Ispay, et un autre de Scudra, Petro Daragaty, qui s'en occupent, et Murtesam Abdulraluman, le secrétaire du kaimakan, m'affirme s'entéiesser à ces projets par ordre du Gouvernement ; leur idée serait de constituer une société, dont les commerçants des deux villes seraient les actionnaires et qui exécuteraient les travaux nécessaires : ces travaux se résument en deux points : rendre leDrin navigable depuis Spach et draguer la Boyana. On sait que le Drin se jette dans le lac de Scutari et que celui-ci est réuni à la mer par la Boyana ; or, la Boyana est ensablée et le Drin n'est pas navigable par suite d'une cataracte de 7 mètres placée au coude du fleuve, au-dessus de Spach; d'après les gens de Diakovo, si l'on régularisait le lit en cet endroit, — travail qu'ils avouent d'ailleurs difficile, — on pourrait remonter jusqu'à Spach en bateau et de là passer assez facilement à Diakovo par la piste dont on se sert aujourd'hui et qu'on transformerait en route.

Le projet est-il exécutable, est-il sérieux? Je serais embarrassé d'avoir une opinion ; d'ailleurs, autant que j'ai pu le savoir, les commerçants de Diakovo n'en savent guère plus long que moi, car ils n'ont pas encore envoyé surles lieux un ingénieur ou un techni-

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