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PRIZREND. — LE POSTE DE POLICE DANS LE MARCHÉ

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PRIZREND

délicat ; et, comme je lui en vante la beauté, il va, sans rien répondre, les cueille et me les tend, en disant: «Elles ont eu le bonheur de vous plaire, voici des roses de France. »

Comme nous prenons congé, j'aperçois, dans un endroit retiré, un carré de terre surélevée, une sorte de monticule quadrangulaire ; à une extrémité, une pierre droite est piquée en terre ; sur cette pierre brute, des signes dorés et des inscriptions en turc. Je m'avance et d'un regard je m'informe. Un sourire triste, un léger silence, et puis : « C'est la tombe de ma mère », me répond-il.

En remontant vers Prizrend, je ne puis m'empêcher d'interroger mon compagnon sur cette figure étrange ; on ne sait ni qui il est, ni d'où il vient. Il a pris le nom du premier homme et vit dans ses fleurs et ses pensées depuis longtemps, sans jamais quitter sa maison et son jardin. Révéré au loin, on vient de toute part lui demander conseil, avis, bénédiction. Toujours obligeant, accueillant et affable, il reçoit même les femmes avec prévenance et courtoisie, — chose étrange en ce pays qui les regarde comme les esclaves de l'homme ; quand la femme du consul de Russie vient lui rendre visite, il ne manque jamais de s'incliner avec respect, ne lui permet pas de partir sans lui offrir une fleur et laisse transparaître quelque chose de la galanterie française ; il a certainement voyagé beaucoup, lut les auteurs littéraires et vu bien des événements.

Mais, ermite volontaire, il ne veut rien dire du passé, et, sage solitaire, il se confie aux mains divines pour suivre la destinée promise aux enfants fidèles du prophète Mahomet.

RENSEIGNEMENTS PRATIQUES

Prizrend est à cinq heures de voiture de Diakovo ; il possède de nombreux hans, inhabitables selon la coutume ; c'est ici que l'on préparera le détail du voyage à l'intérieur ; on loue des chevaux jusqu'à Scutari, au prix d'environ 12 medjidié par bête ; on prend le conducteur avec soi, pour qu'il garde la responsabilité des animaux et les ramène ; il suffit de le nourrir ; on achète des provisions, des conserves, des pastèques, etc. ; un ou plusieurs animaux est sellé à cet effet.

On peut visiter aux environs un petit couvent de Bechtachi albanais et la demeure du cheik Adem. Une journée entière au minimum est nécessaire, et il faudrait, pour visiter la ville, voir les environs et faire ses préparatifs pour pouvoir rester quatre ou cinq jours.

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