‹ L'Albanie inconnueChapitre 5 sur 49 · XIV · texte numérisé non relu

XIV

INTRODUCTION

vance en Europe, à la porte de ï Italie et de V Autriche, contrée où V étranger ne peut pas pénétrer, qui est plus fermée que la Chine ou V Afrique centrale et dont les tribus montagnardes paraissent inhospitalières à Végal de celles de l'Atlas marocain.

En 1907, la Macédoine et les approches de V Albanie étaient dans un étal de perpétuel insécurité ; une voie de communication, pour être utilisable, devait être, comme la voie ferrée de la frontière serbe à Uskub, militairement gardée ; si, dans la ville même, V ordre était sauf, il fallait y demeurer comme dans un refuge, dont on ne pouvait s'éloigner et où, même, il était recommandé de rester clos chez soi après la tombée du jour.

Or, voici qu'en entreprenant en août 1909 la mission qui m'est donnée, j'ai cette chance inespérée d'arriver juste pendant la période courte de .quelques mois où, après la révolution jeune-turc, on peut circuler avec un minimum de sécurité en Albanie. Dans le cœur de l'Albanie du Nord, à travers l'épais bourrelet de chaînes qui sépare Uskub de l'Adriatique, il était, avant cette date, presque impossible de passer. On cite quelques exemples de voyageurs qui suivirent à grand' peine, sous un déguisement, la rouie du Drin de Prizrend à Scutari ; mais l'ancien régime, même quand les tribus albanaises étaient calmes, ne voulait pas que les Européens entrent en relation avec elles : il craignait les intrigues ; l'Albanie musulmane, inviolée et inconnue, lui paraissait la plus

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