TOUT PLEURE
t, doucement, silencieusement, sans pleurer ni sourire, comme avec des ailes, il me quitta , pour toujours...
C'était à la
mi-automne.
Alors, je pleurai, sans savoir, et il me
sembla que les choses pleurèrent, dans la
vallée de misère...
Depuis ce jour-là, V automne en mon cœur
i5o L'&ilbum
n'a point cessé de geindre et je reste à jamais celle qui pleure , inerte , autour de quoi tout pleure...
Saules du triste étang, saules aux bras las de prier, de pleurer, je vous aime...
Et vous aussi, sentiers humides, froids , malsains où s'étiolèrent les marguerites inoffens'wes...
Et vous aussi , horizons d'ocrés vieillissantes qu'ont salis puis lavés les pluies incessantes, inexorables...
Car vous êtes le cirque nécessaire de ma désormais belle et calme douleur.
Mon automne à moi, eut ses fièvres d'orage aux premiers soirs; maintenant je m'enorgueillis de ma splendeur triste.
Mon âme fut salie de haineuses pensées, puis vinrent les délices réparatrices : la mauvaise saison , fatale, acceptée.
Mon printemps avait été si splendide en mes heures d'éternité d'amour, qu'il fallait bien, pour l'équilibre, que mon automne se prolongeât outre l'ordinaire mesure...
JACQUES BLANCHEDIEU