‹ L'Album des légendesChapitre 17 sur 86 · TOUT PLEURE · texte numérisé non relu

TOUT PLEURE

t, doucement, silencieusement, sans pleurer ni sourire, comme avec des ailes, il me quitta , pour toujours...

C'était à la

mi-automne.

Alors, je pleurai, sans savoir, et il me

sembla que les choses pleurèrent, dans la

vallée de misère...

Depuis ce jour-là, V automne en mon cœur

i5o L'&ilbum

n'a point cessé de geindre et je reste à jamais celle qui pleure , inerte , autour de quoi tout pleure...

Saules du triste étang, saules aux bras las de prier, de pleurer, je vous aime...

Et vous aussi, sentiers humides, froids , malsains où s'étiolèrent les marguerites inoffens'wes...

Et vous aussi , horizons d'ocrés vieillissantes qu'ont salis puis lavés les pluies incessantes, inexorables...

Car vous êtes le cirque nécessaire de ma désormais belle et calme douleur.

Mon automne à moi, eut ses fièvres d'orage aux premiers soirs; maintenant je m'enorgueillis de ma splendeur triste.

Mon âme fut salie de haineuses pensées, puis vinrent les délices réparatrices : la mauvaise saison , fatale, acceptée.

Mon printemps avait été si splendide en mes heures d'éternité d'amour, qu'il fallait bien, pour l'équilibre, que mon automne se prolongeât outre l'ordinaire mesure...

JACQUES BLANCHEDIEU

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