LE BOIS DE BOULOGNE
temps de la guerre de l'indépendance, en 1774 (1). On s'affublait de petite étoffe, de vestes de droguet, de souliers sauvages ; la chaleur du jour seule, fit supprimer le bonnet rouge en faveur du chapeau de paille. Les crûs indigènes subissaient une hausse prodigieuse et, pour tuer du coup, la taxe sur l'eaude-vie, le rhum, le vin d'Oporto, etc., l'on buvait force rasades de petite bière, au grand risque d'attraper la colique. Rien d'étonnant en tout cela. N’était-on pas allé, la veille, puiser le patriotisme à sa source même ? n’avait-on pas entendu la voix magique du grand prètre de la liberté, du hbérateur du Canada, au banquet du Bois de Boulogne ?
Chacun était tenu de se placer à la hauteur de la circonstance. Le magister du village (M. Mercier), patriote étoffé, résolut de frapper un grand coup, en manifestant au comté entier, l'élan que les bons principes donnaient à la studieuse jeunesse, confiée à sa sollicitude éclairée !
C'élait devant la maison d'école que devait passer le sauveur de la patrie, en route pour Kamouraska ; vite, l’on prépare un compliment ronflant et chaleureux, que l'élève le plus âgé eul à débiter, chapeau bas, bras droit et pied droit en avant :
Salut el Gloire au Brave et Généreux Défenseur de nos Droits !
s’écrie le Démosthène de la classe, et tous les « futurs espoirs de la patrie, » rangés à la file derrière lui, de pousser trois formidables hourrahs. Le libérateur salue gracieusement de son carrosse et passe en souriant. Le nom de l’orateur, alors âgé de 11 ans, je vous le donne en mille.
Eh bien! c'était votre très-humble serviteur, c’est le seul discours politique qu'il ait jamais prononcé ; à défaut d'autre, il avait au moins un mérite, celui de la brièveté. N'est-ce pas ? Amen.
(5) Le Congrès, dans une lettre adressée aux Canadiens, le 26 octobre 1774, disait :
‘ Nous avons aussi formé un accord, par lequel nous suspendons l'importation de toutes sortes de marchandises de la Grande-Bretagne ct de l'Irlande, après le premier de décembre prochain, ??
j ‘280 ITINERAIRE D'UN VOYAGE.
YV.
À Saint-Thomas.—Souvenirs et légendes du passé.—Le curé Jean-Louis Beaubien.—Sir E P. Taché.—Le rocher de la Chapelle—La chapelle du Rocher.—Une pléïade de célébrités locales.—Le Frère Marc.—Thérèse Dionne.--Mademoiselle Todd.—Le chasseur Saint-Pierre.—Le notaire Létourneau.
Que je t’aime, Ô mon village Avec tes blanches maisons, Avec ton beau paysage, Avec tes grands horisons !
Jo t'aime, quand l’astre dore Le sommet de ton clocher, Lorsque les pleurs de l’aurore, Ruissellent sur le rocher,
Quand la gerbe mûre brille Sur les pesants chariots, Lorsqu’au sein de la famille S’installe le doux repos.
Il n’est plus notre bon prêtre Le vicillard aux cheveux blancs.