‹ L'album du touriste [microforme]Chapitre 107 sur 140 · SAINT-ROCH DES AULNAIES · texte numérisé non relu

SAINT-ROCH DES AULNAIES

à qu'un club d'étudiants en droit, dont je faisais alors partie, e, possédait, dans la rade de Québec. L'équipage de la Belleait Françoise secomposait d'ordinaire du propriétaire, de V. Dupont, que Fréd. Braün, maintenantseerétaire du département des Travaux n- Publics, à Ottawa, feu le Dr. Ed. Fiset, et Télesphore Fournier,

ge écuyer, député de Bellechasse. Nous préludions, en petit, aux | | courses aquatiques de la Mouette, du Black Hawk, du Dauntles, \ dess. Mon confrère en littérature, l'auteur de Françoise une Brunon, ébauche de roman publié dans le Répertoire Natiooûs nal, à droit à un mot de mention. Un petit club littéraire se Te réunissait chaque soir, au bureau de notre Président, au quai l'un Napoléon, Basse-Ville, feu Auguste Soulard, avocat, garcon

loyal, spirituel, aimable. Il se larguait, entre autres excentricités, d'êtrele premier avocat de Québec, parce que, disait-il, tout étranger, en débarquant, devait nécessairement passer d’abord devant son bureau. Le Répertoire a également con-

se servé quelques-unes de ses inspirations, Lui aussi, si j'ai te de AE ni bonne souvenance, eut pour patrie Saint-Roch-des-Aulnaies. Les habitués étaient Mare-Aurèle Plamondon, alors éditeur aies, du Ménestrel, Ls. Fiset, poète, J. B, À. Chartier, le Dr. Ed. Fiset, l'été Fréd. Braün, V. Dupont, T. Fournier, Magloire Hudon, avocat, gers, Jean-Geo. Taché, avocat, de Kamouraska, Peter Lespérance et quelques autres. Tous étaient, dans leurs allures littéraires, le se un peu éclectiques ; je n'irai pas jusqu'à dire que les livres lus a pa- et prônés aux réunions eussent tous subi le visa de Louis lere, Veuillot. Nous étions à peu près treize : ces treize apôtres ir N. fondèrent, en 1848, l'Institut Canadien. On trouvera leur roùts, nom aux constitutions : la mort a déjà fauché dru parmi tes pont, treize fondateurs. Avec le barde de Lévis, je puis dire : 6, en Je pense au passé, beaux jours de jeunesse, PA (41) Des illusions, âge décevant.

"e Songe passager, temps de folle ivresse, Flot de poudre d’or qu’emporte le vent Oui, je l’aime encor ce temps de folie . Où le vieux Cujas vaincu par Musset, moisetle S'en allait cacher sa mélancolie re 1672. Dans l’ombre où d’ennui Pothier moisissait. Ah Je vois à Saint-Roch, un manoir féodal (1) où une main nne de

(1) Le seigneur de Saint-Roch, notre ancien camarade au barreau, venait d’expirer.

amie m'accueillerait, mais un crèpe funèbre pend à Ja porte : des pleurs et des sanglots me sont portés sur l'aile des vents ; respectons celte poignante douleur. Ami, repose en paix ! ta jeunesse et tes talents faisaient pourtant augurer pour toi une longue, une utile carrière !

J'en viens donc tout de suite à parler de Sainte-Anne. Sainte-Anne !....…. certes ici, c’est un besoin du cœur, Parler de ces beaux lieux, c’est pour moi du bonheur Car, si ce fut l’Ixlet qui me donna naissance, Sainte-Anne a fait autant pour mon intelligence ! C’est là que je goûtai les plaisirs de l'esprit,

Qu'’'au désir de savoir, mon jeune cœur s’ouvrit..... Là, j'appris la purole et j'appris la pensée,

En un mot ma jeunesse en ce lieu s’est passée...

Oh ! que j'aime, Sainte-Anne, à revoir tes grands bois Où les jours de congé, nous allions chaque fois!

Et les nombreux vallons, les abruptes montagnes

Qui te font si jolie entre toutes campagnes !

Comment nommions-nous donc chaque bois, chaque mont ? Ici, c’étaient les Pins, 1à, le Mont Salomon,

Là-bas, au Cap Martin, nous faisions la compote,

Nous gravissions par fois la montagne à Boutotte,

Ét toi, collége aimé, caché dans les sapins,

Que j'aime ton balcon, tes superbes jardins !

Et ton jeu de pelotte assis sur la grand’butte !

Et ta verte pelouse où nous faisions Ja lutte !

Ta côte à vive glace où nous glissions l’hiver !

Et jusqu’à ce grand trou qu’on appelait l'Enfer / Puis, au rocher voisin, la Cabane des fées !

Sur laquelle on contait tant de blagues fieffées,

Et puis encor le lac, notre beau lac, 1à bas,

Où les grands allaient voiries époux Bourgelus !

Il sied bien au noble cœur d'un poële de redire si bien sa vie de collége, et si le collége de Sainte-Anne, au lieu de celui de Québec, eut été pour moi l'Alma Mater, comme l’auteur de la Grand-Tronciade, je m'écricrais.

Tout cela me revient, me sourit ot m’enchante.

La nature a donné à Sainte-Anne de « charmants côteaux, chargés d’ombrage et de murmure, » des points de vue ravissants ; des massifs de verdure, propres à la méditation, si jamais il en fut. Le génie d'un prêtre dévoué l’a dotée d'un lycée, dont le pays entier est fier à juste titre. Charles- François Painchaud, le fondateur du collége de Sainte-Anne, naquit à l’Ile-au-Canot, au nord de l’Ile-aux-Grues, comté de

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