RIVIÈRE-DU-LOUP
court le long du fleuve. Elle possède une longue jetée construite vers 1854, par feu M. Baby, pour le gouvernement. La distance entre la jetée qui termine la Pointe demi-circulaire, connue comme Pointe à Beaulieu, et le village, est de trois milles. On prétend qu'elle a pris le nom de Rivière-du-Loup à cause des loups-marins (veaux marins) qui, aux années passées, fréquentaient en troupes innombrables, les battures à l'entrée de la rivière : la nuit ces animaux faisaient un vacarme fort désagréable. Un solide pont vient d'être construit à trois ou quatre milles de son embouchure, pour la voie ferrée, tout près de la chute remarquable que les touristes vont visiter, Cette chute est très-haute, et, dans les grandes eaux, se couronne d'un brouillard écumeux, où se déroulent, aux rayons du soleil, les mille et une teintes de l'arc-en-ciel. Le nouveau juge du district, l'honorable juge Casault, occupe une pitoresque villa à l'ouest du village, en vue du fleuve. Sir John À. McDonald est un des habitués de la Rivière-du-Loup (1). Le chemin Témiscouata a fort favorisé le développement et les progrès de cette localité, et la nouvelle ligne ferrée, en voie de construction du Nouveau-Brunswick à la Rivière du Loup, laidera également, même lorsque la Rivière-du-Loup aura cessé d’être une station principale d'arrêt, par l'ouverture de l'Intercolonial. La Rivière-du-Loup à de beaux trottoirs, de grands hôtels, des charretiers licenciés. On en a détaché les hauteurs ces années dernières et elles ont reçu une charte d’incorporation comme village, sous le nom de Fraser-Ville, N'allez pas pour tout cela en conclure que c’est le quartier-général du Clan. I n’en
estrien: Fraser-ville, sur ee point, voit pàälir ses lauriers
devant Saint-Marc, Je passerai donc sous silence ces localités
et leurs célébrités pour la raison que je viens de donner. Les
plats réchauffés, voyez-vous, ne vont pas mieux à l'estomac
(1) Au moment où je revise cette page, notre lettré et sympathique vice-roi, Lord Dufferin, l’ancien commandant du yatch “Foam,” maintenant propriétaire du Dauntless, s'installe à Fraser-Ville, dans le joli cottage de M. Reynold,
Les nobles paroles qu’il prononçaitle 11 juin dernier, à Belfast, sur le Canada, nous reviennent naturellement à la mémoire. “ Like a virgin goddess in à primeval world, Canada still walks in unconscious beauty among her golden woods and along the margin of her trackless streams, catching but broken glances of her
radiant majesty, as mirrored on their surface, and scarcely dreams as yet of tho glorious future awaiting her in the Olympus of nations. ”
des voyageurs qu'à celui du reste des mortels, Je ne connais qu'un plat, qui bien que mis au feu et réchauffé de temps à autres, n'en conserve pas moins une saveur appélissante, Pour lui semble se renouveller, chaque printemps, au temps où murissent les fraises, la miraculeuse fontaine de Jouvence.
‘#0 Clan-Frasor, toujours je pense à toi.”
En mai, à la saison des bourgeons et des amours,
En janvier, sur le verglas étincelant, à toi je pense encore.
Le lecteur est prié de pardonner aux imperfections de la mesure, de la césure, et de la rime, en faveur de l'élan pindarique qui inspire ce distique, rédigé, dit-on, par le tambour-major du 78° Highlander (1), lorsqu'il débar qua, tambour battant, à la Pointe de la Rivière-Quelle, en 1759, pour faire un feu de joie des maisons de la côte du Sud, y compris le moulin à farine de l'ancètre de notre ami, l'auteur des Anciens Canadiens. Mais remplissons le précepte d'Horace :
‘# Qui variare oupit rem prodigialiter unam.”
Si je n’entends pas user du privilège des grands voyas je veux au moins broder un thème «prodigieusement v:
Je dois à Fraser-Ville et à la postérité dedire, etces Notes DE Voyaces diront à nos neveux, longtemps après la fin de la Confédération, le commencement et la fin de l'Indépendance, puis même, pendant l'obseurantisme de la période où nous ferons partie de la République voisine, avant l'ère où le futur cataclysme américain nous aura constitué en grande nation latine, hyperboréenne ; oui, ees Nores pe VoyAGEs apprendront à notre postérité la plus reculée, les efforts surhumains que le chef du Clan-Fraser fit dans la presse française et anglaise pour l’asseoir sur une convenable base. Et comme les antiquaires parmi nos neveux s'épuiseront, sans doute, à rechercher la raison pour laquelle l'organisation du Clan n'alla jamais audelà des annonces de gazelles, nous leur devons, nous nous devons à nous-même, de les éclairer. Le plan d'organisation était sans doute vaste, bien conçu, sagement élaboré. A quoi donc attribuer sa défaillance ? Nos historiens, nos économistes sur ce point ont hasardé bien des solutions.
(1) Le lecteur trouvera dans la Revue Canadienne pour novembre 1867, un
historique complet de ce fameux régiment, à son arrivée à Québec : il était commandé par le colonel Fraser.