LES ÉBOULEMENTS
Jubilé que le Grand-Tronc avait organisé pour solenniser l'ouverture de Ja ligne. Comme premier fonctionnaire du Conseil au
-Les spirituel, ma présence était indispensable, me disait-on, Le apeur, frête par la compagnie pour ses nombreux invités, les ministres, les députés, ete., était encombré. Comme Je trajet, le aller et venir, devait durer plus d'une journée, on en vint à des redouter une famine. Après une copieuse collation où je fus lille témoin de l'appétit pantagruélique de tous ces palrioliques amis > le de la ligne, je cherchai un gile sur l'arrière du vaisseau. seI- ; me sembla néanmoins prudent de prendre des préeaude lions contre les éventualités de la route : je mis de côté un DUR colossal pain de Savoie et une bouteille de Sillery mousseux — un. cachet vert. Cette reserve, je Ja déposai discrètement sous aa mon oreiller ; puis, je m'’endormis d'un profond sommeil, la doucement bercé dans mes rôves, par des visions des dividendes etdes profits fabuleux, que se partageraient plus tard, les aetre lionneires de la Compagnie. Passe un membre de lopposiré 1 lion; j'ai toujours cru depuis que ee dût ètre le fameux éfl W° Lyon Mackenzie. On avait résolu de me faire pièce, HA Bientôt je sentis qu'une main sacrilége, se faufilant sous mon ae oreiller, tentait de s'approprier la réserve que J'y tenais en | à sequesire ? «Gare à vous, profane, lui criai-Je, ce sont les “ets Réserves du Clergé ! »
du Le mot spirituel du docteur, me fit réfléchir, que ces réserves du domaine de Ia couronne, bien qu'affectées au maintien du x6S clergé, élaient exposées à tre secularisées comme le pain de ent { savoie el le champagne du D° Adamson. La Législature le vs penSa aussi: et au douxiome des terres non concédées de la ent couronne, elle subslitua une allocation pécuniaire, pour le ne, Soutien de l'eglise anglicane en cette partie du Canada, comme US elle à substitué ici, une compensation déterminée, au easuel a incertain que les seigneurs recevaient de leurs censitaires. lus Tout hostile que Pon puisse être au régime féodal, il ne faut US pas oublerque, pour une jeune colonie, certains droits selgneu- \n- Maux avaient un avantage réel: le droit de banalité par te= exemple. Le seigneur seul, en règle générale, pouvait trouver
les finances nécessaires pour bâtir le moulin pour les censiun laires,
Il ne serait peut-être pas hors de propos d'effleurer, pour ceux de nos lecteurs qui ne sont pas des hommes de loi, l'interminable série de ces privitèges, droits, profits et redevances que la féodalité, au moven-âge, réclamait des malheureux serfs. Droits de quint, de retrait, de lods et ventes ; droit de corvée, de banalité, telles étaient quelques-unes des rederances seigneuriales chez notre peuple, chez qui il n'exista pourtant qu'un simulacre de la féodalité proprement dite. C'était autre chose en France, au quatorzième siècle, au rapport de Ducange, Brodeau, Laurière, Bouthors, Boërius.
Un de ces privilèges seigneuriaux avait son côté plaisant ; savoir : le droit de grenouillage en France et en Allemagne. QU y avait, dit Allourv, à Roubaix, près Lille, une seigneurie du prince de Soubise, où les vassaux étaient obligés de venir à certains jours de l'année faire la moue, le visage tourné vers les fenêtres du château et de battre les fossés pour empècher le bruit des grenouilles.
» Devant le château de Laxeu, près Naney, se trouvait un marais, que les pauvres gens devaient battre {& nuit des noces du seigneur, pour empècher les grenouilles de coasser. »
Quel délicat service !
Le géographe de la Wetteravie dit, en parlant de Frieinsenn. «Ce village, prétendant à beaucoup de liberté, à donné bien à faire à la setsaeurie. Les habitants assurent en elfel que ecrain empereur avait passé la nuit dans lear village ; que le coassement des grenouilles ne Jui permettant pas de s'endoemir, les paysaus s'étaient tous levés pour donner la chasse aux grenouilles et que l'empereur en récompense, leur avait accordé la Hberté, » Oh! le paternel souverain !
I yavait encore, dit Michelet, ce cruel abbé de Luxeuil qui, lorsqu'il séjournait dans sa seigneurie, peu content d'imposer silence aux grenouilles, coutraigait les paysans à chanter :
Pâ, pâ, rainotte, pâ (paix, paix, grenouille, paix) Voici M. l'Abbé, que Dieu gà (garde)! ”
Veuillot explique ingénieusement ee plaisant droit de grenouillage. En 1857, il écrivait un livre fort éloquent, pour établir que Le droit du Seigneur, auquel nous donnons en
ne av 00 pue run: 22e ne me mir