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SAINT-AUGUSTIN

Pour éterniser leur mémoire, il ne manque que ies portraits en marbre de Paros, pardon, en argile, des quarante fondateurs : chaque écurie aurait alors ses patrons, en terre glaise sur les pignons, en costume d'hiver ancien : bonnet rouge, pipe au bec, blague de loup-marin, capot de caribou et manchon d'ours.

Ne pourrait-on substituer, dans un lieu convenable, à ces ignobles bicoques, une grande écurie paroissiale comme cela se fait ailleurs ?

Il va sans dire que l'excellent curé Pilote et son jovial vicaire, ne sont pour rien dans l'affaire des écuries, qui existaient un demi-siècle avant leur arrivée à Saint-Augustin. Malgré leur respect pour l'antiquité, ils n’admirent même, que médiocrement, dit-on, ce genre d'architecture. On en est réduit, à l'heure qu'il est, à compter sur un tremblement de terre, tout faible qu'il fut, pour niveler ces ruines.

on ne badinaït pas ; fallat bien se soumettre.’ La chapelle d'en haut, comme on l’a toujours appelée, existe encore et a été convertie en une grange, depuis plusieurs années.

50. “ La paroisse de Saint-Augustin a érigé plusieurs monuments qui témoignent de la piété de ses habitants. Sur la côte qui domine le site de l’ancienne église, s'élève un Calvaire, dont la construction remonte aux dernières années du 17ème siècle (en 1798). Ce lieu est une espèce de pélerinage qui est encore trèsfréquenté. Près de la chapelle d'en haut, un citoyen riche a fait élever, à ses frais, un autre Calvaire, dont l'exécution est due à feu M. Giroux, et qui a été fort admiré.

‘ En face de l’église, on remarque un monument d’un genre durable. C’est une statue de l’ange gardien soutenue par une base en pierre de taille d’une très-belle exécution. C’est un souvenir du Jubilé de 1869 et du Concile du Vatican. Ça été la dernière œuvre due au zèle du Révd. M. Millette ; le vénérable Curé mourut quelques mois après.

‘ Je ne saurais passer sous silence un autre souvenir de la piété des anciens habitants de Saint-Augustin. A quelque distance de l’ancienne église, sur le chemin qui longe le fleuve, et qui est très-peu fréquenté aujourd’hui, le voyageur a pu remarquer un orme gigantesque, qui s'élève droit au milieu de sa route, Le chemin se divise en deux branches et se réunit bientôt après, formant une espèce d’île au-dessus de laquelle s'étendent les vastes rameaux de cet arbre majestueux. Autrefois, on ne manquait pas de saluer respectueusement, en ôtant son chapeau, chaque fois qu’on passait devant cet orme vénérable. La tradition rapporte que les premiers colons avaient eu l’idée pieuse de placer une statue de la Sainte Vierge au haut de cet arbre, qui était encore dans sa période de croissance, L'arbre continua à grandir ; et la statue se trouva insensiblement enveloppée par l'écorce et les filaments qui s’étendaient, de jour en jour ; enfin, après plusieurs années, elle disparut entièrement dans le tronc de l'arbre. Cetto tradition paraît oubliée aujourd’hui, ”?

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