SAINTE-FOYE
en revue, etils en tuèrent environ 200 sans coup férir, puisqu'ils ne voyaient pas ceux qui tiraient sur eux.
«19 août.—Les Anglais ont recommencé à canonner la ville et à mettre le feu dans les côtes de Saint-Antoine et de Sainte-Croix. »
En revenant, plusieurs routes mènent de Saint-Augustin à l'antique cité de Québec. D'abord, le chemin qui côtoie les hauteurs du Saint-Laurent, lequel donne accès au lac Calvaire; c’est la voie la plus pittoresque et qui nous fait contempier les ruines de la célèbre école commerciale de M. Gale, instituteur en renom, pendant près d'un demi-siècle, C’est également l’ancien chemin du roi, que l’armée française en déroute, côtoyait en 1759 ; du côté de l’Ancienne Lorette, il y a le chemin neuf, gravé, par la Commission à Barrières de Québec. Par cette voie, vous pouvez retourner en droite ligne et faire l'ascension aux hauteurs de Sainte-Foye, à la Suette, «plaine fertile, » témoin de la glorieuse matinée d'avril 1760 ; également témoin de la lutte du chevaleresque Lévis. Oh! que n’eût-il été présent à la journée du treize septembre 1759 ! mais Aliter Diis visum.
Des hauteurs et de l’église de Sainte-Foye, voyez Murray, avec ses 22 bouches à feu, foudroyer les escadrons français embarrassés, avec leurs trois petites pièces de canon, dans le marécage de la Suette, rendu impralicable par les dégels d'avril. Il avait compté sans Lévis.
Lévis, sors un instant de ton dernier asile!
Que ton pied foule encore cette plaine fertile; Reviens après cent ans sur le vieux champ d’honneur ! Vois, d’un fier monument la colonne imposante Que la main du pays, enfin reconnaissante, Elève à ta valeur, —(L. H. FRÉCHETTE).
A peu de distance, au-delà de l’église de Sainte-Foye, est la fertile métairie de M. Louis Bilodeau. M. Bilodeau utilise ses rares loisirs, pendant la belle saison, à faire de la culture améliorée ; ses expériences sur l’avoine de Norvége sont des plus encourageantes. Ses magnifiques viviers à truites, et autres poissons, ainsi que les objets de goût ou d'utilité qu’il y introduit chaque jour, sont autant de titres qui justifient pour sa résidence le nom de Beausésour, qu'elle porte, Les riantes
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villas environnantes occupent le site dn fameux champ de bataille de 1760 ; nos historiens nous peignent cette lutte comme acharnée et sanglante. Aux buissons, étaient suspendues les chevelures enlevées aux blessés, par les féroces aborigènes ; et l’on voyait ça et là, sur la voie publique et les chaumes, des mares de sang.
Sur les hauteurs, au sein des massifs de verdure de la côte Saint-Ignace, l'on distingue la jolie résidence du député pour Québec, G. H. Simard, écuyer, Villa Champlain ; à côté, le cottage d'été du Dr. Jos. E. Fortier, au milieu d'une érablière, ci-devant la résidence de l'honorable juge J. N. Bossé : il tient son nom, l’Erage, d’un arbre gracieux, plein de nids et | d’ombrage, qui l’avoisine. {)
Plus près de Québec, voici le site le plus orné : Hamwood, la 11 résidence du Rothchilds de Québec, M. Robert Hamilton. Par un beau soleil de juin, lorsque le zéphir même semble retenir son haleine, l'aspect de ses tranquilles et verdoyants bocages vous rappelle, ces près fleuris, ces forêts fortunées où Virgile place le séjour des âmes vertueuses.
Devenere locos lætos et amena vireta Fortunatorum nemorum, sedesque beatas.
—(Æneide, Lib. VI.)
Voici Belmont, jadis la propriété de Sir Henry Caldwell, acquise plus tard de M. Dunscomb pour une nécropole ; le cimetière Belmont, où repose les cendres de notre historien national, F. X. Garneau, sous un solide monument, que le peuple canadien lui décerna, et que l'éloquence de son ancien ami, l'hon. M. Chauveau, a consacré par un discours remarquable ; Bijou, fondée par M. Andrew Thompson, à côté de Westfield, établie par M. Chs. Grey Stewart, en 1815, récemment acquise par notre confrère, David A. Ross, écuyer ; Bellevue, bâlie par feu le juge Vanfelson, vers 1820, occupée bien des années par M. Jas. Gibb, président de la banque de Québec ; c’est maintenant le Couvent des Dames Religieuses de la Congrégation ; Morton Lodge, construite par feu M. David D. Young, sur une portion de l’ancienne métairie Sans-Bruir (1). Enfouis sous le sol, dans tous ses char-
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(*) Sans-Bruit appartenait, en 1768, au général Jas. Murray, ainsi qu'il appert par l’annonce suivante, de la Gazette de Québec : ‘ John King, living on General Murray’s farm, at Sens-Bruit, having the best