RIDE EE NS
EN us LS
(il
de Sainte-Marie, le Révd. Messire Verreau, (1) dit la tradition, monta en chair à vêpres et exhorta ses ouailles à héberger ceux des soldats d’Arnold qui n'avaient pu se procurer de gîte, comme étant le seul parti à prendre dans cette triste conjoncture. La tradition ajoute de plus qu’une partie de l’armée d’invasion dina sans invitation au manoir du seigneur Gabriel Elzéar Taschereau, lequel était absent et passait l'hiver à Québec.
Je dis que ceci se passait le premier novembre 1775 (jour de la Toussaint), paree que je n'aime pas à me quereller avec cette antique et vénérable Dame, qui a nom la Tradition : mais une autre Dame non moins vénérable et antique, que je nommerai tout simplement l'Histoire, fixe l’arrivée d'Arnold et de ses mirmydons, à Sainte-Marie, le 5 novembre
leurs frères, qui ne leur ont jamais fait de mal. Conformément aux vœux des Français et des Indiens, nos frères, nous sommes venus à leur aide avec l’intention d’expulser les soldats du roi : une fois ces derniers expulsés, nous retournerons en notre pays et laisserons cotte contrée, à la paisible jouissance de ses habitants. Siles Indiens, nos frères, veulent se joindre à nous, nous leur en saurons fort gré ; nous leur accorderons par mois, une portugaise, deux piastres de prime, avec provisions de bouche et le privilège de se choisir des chefs militaires pour leur commander. ??
Senter ajoute que ces ‘“ promesses séduisantes, ”” où le rhum à bon marché était pour quelque chose, eurent l’effet désiré ; cinquante Indiens prirent leurs canots et se mirent en route.
(1) Messire Jean Marie Verreau, né le 22 mars 1740, au Château-Richer, fils de François Verreau et d'Elizabeth Gagnon ; ordonné, le 25 août 1766 ; premier curé résident de Sainte-Marie de la Beauce, en 1766. Messire Verreau, semble avoir remplacé le récollet Claude Loiseau, en religion Frère Théodore, missionnaire à Sainte-Marie et à Sainte-Joseph en 1762, lequel avait succédé au récollet Claude Cliche, connu en religicn sous le nom de Frère Didace, lequel était missionnaire, en 1759, à Sainte-Marie ct à Saint-Joseph de la Beauce; il mourut le 7 février 1780.
En 1785, la paroisse paraît avoir été desservie par Messire J. Maurice Jean; en 1786, par Messire Jos. Frs. DeGuise ; en 1788, par Messire Marcheteau ; en 1790, par Messire J. B. Dubord ; en 1795, par Messire Jos. Lelièvre-Duval, lequel devint plus tard aumônier du Régiment Royal Canadien et mourut à Repentigny, en 1870.
Le respectable messire Verreau, mourut le 19 août 1817, âgé de 78 ans, à Saint- Thomas, dont il avait été le curé depuis 1796 ; en 1797, Messire Antoine Villade, né à Blois, le 8 septembre, 1768, prenait la cure de Sainte-Marie, où il décéda, le 2 juillet 1839, âgé de 70 ans ; Messire George Stanislas Derome, 29 septembre 1838 ; Messire Michel Forgues, 29 soptembre 1845 ; Messire Joseph Auclair, 29 septembre 1847 ; Messire Louis Proulx, V. G., 29 septembre 1851, décédé lo 6 juillet 1871 ; Messire C. S. Brochu, desservant jusqu’au 29 septembre 1871;
Messire J. T. A. Chaperon, 29 septembre 1871.
CO OGC à
MG & © x
ss
1775, un dimanche. On avait expédié, le 7 octobre, à Québec, avec des lettres à un ami d’Arnold que la ville recelait, un allemand du nom de Jacquith et deux sauvages Penobscots du nom de Sabattis et d'Enneos. Ces coureurs, de bois étaient munis d’un canot d'écorce et de provisions ; ils connaissaient le pays aussi bien que les Canadiens euxmêmes.
Isaac Senter, médecin de l’armée envahissante, dit positivement dans son journal que j'ai cité en tête, que ce copieux diner de «dinde rôti, arrosé de vin d'Espagne,» du bon Benecarlo ou du vieux Porte, sans doute, dont il conserva si agréable souvenance, avait lieu à la chapelle de Sainte-Marie,
Le Révd. messire Verreau, qui avait montré sa sollicitude pour le bien-être des simples soldats, n'aurait pas, ce semble, oublié les redoutables chefs de l'armée d’invasion: et vu la proverbiale hospitalité du curé de campagne en Canada, il nous est permis de croire que, faisant contre fortune bon cœur, le dit messire Verreau avait à sa table, ce jour-là, peut-être le général-en-chef Arnold, le chapelain des troupes, le Révd. Samuel Spring, le Dr. Senter, quelques officiers marquants, tel que le lieutenant-colonel Greene, le capitaine Morgan, Aaron Burr, volontaire, âgé alors de dix-neuf ans, si fameux par la suite, et son ami le major Mathias Ogden. L'armée d’Arnold, comme l’onsait, avait quitté Cambridge, près de Boston, le 13 septembre précédent, forte de 1,100 hommes(1). Après la défection causée par le colonel Roger
(1) Le lieutenant-colonel Greene, du Rhode-Island, succéda, comme second officier en grade, au lieutenant-colonel R, Enos. Les majors étaient Return, J. Meigs, du Connecticut, Timothy Bigelow, du Massachusetts, Les carabiniers de la Virginie étaient conduits par les capitaines Morgan, Humpbhrey et Heth, Hendricks était à la tête d’une compagnie de la Pennsylvanie; Thayer en commandait une, du Rhode-Island. Thayer, Arnold, Melvin, Senter, Meigs, Dearborn, Henry, ont tous laissé chacun un Journal de la campagne. Le commandant de l'expédition, Arnold, qui était souvent venu à Québec, trafiquer sur les chevaux, avait des instructions pacifiques et conciliantes à l’adresse des Canae diens, de la part de l’illustre Washington: il lui était de plus spécialement enjoint d’avoir toutes espèces de bons procédés, pour le jeune Pitt, fils du célèbre Lord Chatham qui s'était montré l’ami des rebelles au parlement anglais, —dans la cas où il serait fait prisonnier. Ce jeune homme servait alors dans un régiment anglais en Amérique. Les bonnes intentions de Washington furent sans effet, car Lord Chatham, désapprouvant la politique du roi en Amérique, avait déjà rappelé son fils chéri, et Sir Guy Carleton, en anticipation du rappel, l'avait envoyé en Angleterre porteur de dépêches (Bancroft).
Enos, qui, avec (rois compagnies, rebroussa chemin, le 25 octobre, le gros de la bande, réduite aux dernières extrémités, par le froid, la fatigue et la faim, après des fatigues inouies, souvent dans l’eau jusqu'à la ceinture, campa le 4 novembre, à un endroit de la Beauce, que les sauvages appellent Satigan, les Anglais Sartigan ; Jean-Baptiste, qui ne manque jamais l'occasion d'enrichir le calendrier de quelque nouveau saint, le nomma Saint-Igan.
Ces transformations de nom se rencontrent à la Beauce et ailleurs, ainsi les côtes entre Sainte-Marie et Sainte-Marguerite se nomment Serasto ou Saint-Rasto, selon Ja dévotion des individus (1); avec le temps, on en viendra peut-être à Saint-Roustaud. Saint-Roustaud, au reste vaudra bien Saint- Morissette (Sommersèt) ou Saint-Fold (Stanfold), et pour passer du sacré au profane, notons quelques autres localités nanties de pittoresques sobriquets, tels, par exemple, les lieux suivants, où il nous a été donné de pérégriner : l'Enfer, Briseculottes, Vide-poche, Frappe-sac. Tremblez, infortunés voyageurs, que la nuit surprendra dans les hôtelleries de ces sombres endroits ! Si vous n’éprouvez pas toutes les horreurs de l'enfer du Dante, où l'espoir n’entra jamais, vous y subirez à coup sûr celui de la faim ! Pour vous, ni «dinde rôti, ni vin
(1) La chapelle vôtive bâtie en 1778 par la .seignouresse de Sainte-Marie, Dame Marie-Claire Fleury de la Gorgendière, veuve de l’hon. Thomas-Jacques Taschoreau, et son fils, le seigneur G. E. Taschereau, grand-père du Juge Jean T. Taschereau, de Québec, fut détruite par le fou en août 1826, ou 1827. La nouvelle chapelle fut bâtie à quelque distance du Domaine, par la famille Taschereau, en 1830 ; ses voûtes servent de lieu de sépulture aux membres de cette famille. Chaque année, à la fête patronale (le 26 juillet}, les curés des paroisses environnantes viennent y dire la messe, et les populations s’y portent en foule. Pour ne pas dérober le moindre fleuron à la couronne de cette bonne sainte Anne, qui a fait # marcher droit tant de boiteux, voir clair tant de borgnes, guéri tant de rhumatismes,” je rappellerai ici un incident miraculeux où son intercession fut invoquée au siècle dernier, par une des châtelaines du manoir, ‘* Les soleils d’avril avaient gonflé la Chaudière, qui débordait de toutes parts, menaçant de tout engloutir ; dans cette extrémité, une des jeunes châtelaines, Dile M......T......s’avisa de faire placer la statue de sainte Anne, à quelques pieds au-délà du torrent débordé, lui adressant l’invouation suivante : ‘Sainte Anne, si vous n’y prenez garde, la rivière va vous mouiller les pieds et vous emporter,” aussitôt la rivière cessa de monter et l’eau se retira.” ;
Voilà un incident à l’adresse des nombreux pélerins de Saint-Joseph, Sainte- Marguerite, Saint-François, Saint-Elzéar, Saint-Bernard, Sainte-Hénédine et autres paroisses environnantes à la chapelle Sainte-Anne, de Sainte-Marie, qu’en
à SAINTE-MARIE, 165
d'Espagne » Experto crede. Mais revenons au curé de Sainte- Marie et à ses pensionnaires, en 1775.
Le lendemain du copieux diner, le 6 novembre, le général Arnold évaquait Saiute-Maric avec ses soldats jusqu'au dernier, non cependant sans avoir noté en noir, dans son carnet, le seigneur de céans, Gabriel-Elzéar Taschereau, fieflé royaliste. Le 7 novembre, selon Senter, barbouillés de boue, crottés jusqu'aux yeux, les sans-culottes d'Arnold couchaient à quatre lieues de Québec, à Saint-Henri ; et à onze heures du matin, le 8 novembre, (le 10 novembre, selon Bancroft,) le corps expéditionnaire s'installait à la Pointe- Lévis. Mais, anticipant leur arrivée, le commandant anglais, Cramahé, en l'absence de Sir Guy Carleton, avait fort sagement fait venir, du côté de la ville, toutes les embarcations de Lévis ; de sorte que la traversée du fleuve ne put s’opérer que le 13 novembre,
Pendant les horreurs d’une profonde nuit,
sans bruit, sans flambeaux, au moyen de trente canots d'écorce, montés par des Indiens qu'ils avaient engagés à Sarligan, sous la direction d'un traître, un M. Haulstead, (1)
ma qualité de chroniqueur, je ne pouvais sans crime omettre. La miraculeuso statue, échappée à l'incendie de 1827, est la même qui orne le front actuel de la nouvelle chapelle. Au moment où je revois ces lignes, les caveaux de l'historique chapelle s'ouvrent de nouveau pour réunir aux cendres d’une des fondatrices, Dame Julie-Louise Taschereau, la plus jeune des filles du loyal seigneur G. E. Taschereau, morte en 1839, les restes de son digne époux, décédé le 18 janvier 1870, à Sainte-Marie, Richard-Achile Fortier, écuyer, médecin.
“Le Pape Grégoire XVI, en 1837, accorda indulgence plénière à ceux qui, le jour de la fête de sainte Anne, ayant communié, prieraient dans la dite chapelle, devant le crucifix d'argent béni par le même pape et emporté de Rome par MM. Chs. Maurice Juchereau Duchesnay, Olivier Perrault etJean-Thomas Taschereau, et dont ils firent présent à la dite chapelle.” (Pélerinage à Sainte-Anne, p. 142.)
(1) C’est sans doute le même que le M. Halsted mentionné par Arnold, dans sa lettre au Congrès du 24 janvier 1777. “ General Montgomery, on his arrival in this countrg (Canada) was pleased to appoint Mr. John Halsted, commissary : he is a gentleman who has been very active and zealous in our cause, is a merchant, I beg leave to recommend his being continued. ” Ce munitionnaire serait-il le même auquel le col. Caldwell fait allusion dans sa lettre du 15 Juin 1776. The 8th November, they (les yankeos), got to Point Levy where they took post, as also at my mill. The fellow whom I had employcd to put the mill in order, and who was to have a share in the profits of it, turned out a great scoundrel, put me to great expense and has proved to be in the rebel interest... ; he afterwards was appointed their commissary of provisions and acted in that position till the siege or blockade was raised, 6th May. ”
natif de Jersey (N. Y.,) et alors trafiquant à Québec. M. Haulstead entreprit les fonctions de pilote, dit Senter, dans cette périlleuse entreprise. Les canots, dont le point de départ étaient près des moulins (ceux du colonel Caldwell ?) vers la Chaudière, firent trois voyages avant de compléter leur tâche, de neuf heures du soir à deux heures du matin, On débarqua à Wolle’s Cove (l'anse à Gilmour) et à Sillery, après avoir éludé la vigilance des deux vaisseaux de guerre anglais, le Lisard et le Hunter mouillés en rade, et dont les canots sillonnaient le fleuve en tous sens. On alluma dans une demeure, sur le rivage, un grand feu, où l’on se chauffa ; puis, au jour, l’on traversa le plateau des Plaines d'Abraham, et comme il eût été, dit encore le Dr. Senter, absurde de tenter de prendre Québec d'assaut, les troupes d’'Arnold allèrent s'emparer de la belle villa du colonel Caldwell, Sans-Bruit, sur le chemin Sainte-Foye, et firent main-basse sur les provisions de bouche que le colonel y possédait ; Caldwell, comme l'on sait, officier distingué sous Wolfe en 1759, commandait la milice anglaise de Québec en 1775 ; il mourut en 1810 ; c'était le grand-père de Sir Henry Caldwell, décédé à Londres, ces années dernières.
A même date, Arnold envoya un détachement d'à peu près deux à trois cents hommes, jusqu'auprès des murs de Québec : par forme de défi, ils poussèrent trois hourras. Pendant deux à trois jours, Arnold campa à une demi lieue de Québec, faisant de Sans-Bruit son quartier-général, Mais, sur examen, trouvant sa poudre endommagée et que ses amunitions lui faisaient défaut, il retraita, le 19 novembre, jusqu'à la Pointe-aux-Trembles, pour y attendre l'arrivée du général-enchef de l'armée du Nord, le brigadier général Richard Montgomery.
Le 3 décembre, Montgomery, fier de ses lauriers au Fort Saint-Jean et maître de Montréal, opérait sa jonction avec son lieutenant, à la Pointe-aux-Trembles, et ordonnait ce jour même une grande parade devant l'église de cette paroisse, des 675 « vétérans » d’Arnold, pour les complimenter sur l'énergie, la persévérance et le succès qui avaient couronné leur tentative d'invasion, à travers les savanes, les stériles
ps JAN EAN pe
SAINL-GEORGE. 167
montagnes, les rivières qui séparaient le Maine et le Vermont du Canada, Puis leur ayant fait distribuer les uniformes et vêtements pillés dans les hangars du roi, à Montréal, el réunissant ses nombreuses cohortes aux détachements d’Arnold et aux deux cents Canadiens du régiment du colonel James Livingston, qui avait capturé le Fort Chambly, il descendit à Québec, affronter les baïonnettes anglaises et canadiennes, aussi bien que la température non moins redoutable d’un hiver canadien : l’on sait avec quels succès.
Puis, le Dr. Senter, dans sa Relation, fournit, comme les autres annalistes, le dénonment du drame sanglant, le 31 décembre 1775, à Près-de-Ville, où tomba Mongomery, et au Sault-au-Matelot, où Arnold, blessé au genou et en complète déroule, fut porté par les siens à l'Hôpital-Général, Revenons à la fertile vallée de la Chaudière.
Il est peu de sites en Cana la, qui, pendant la belle saison, donnent une plus haute idée des ressources agricoles, que les quatres paroisses semées à la suite les unes des autres, sur les deux rives de la Chaudière : Saint-George, Saint-François, Saint-Joseph et Sainte-Marie.
Saint-George commence là où la Rivière-du-Loup rejoint la rivière Chaudière, à vingt lieues de Québec; tout y parle du voisinage de la grande république fondée par Washington et Franklin; l'on sent à chaque pas que l’on approche des lignes ou bornes entre le Canada cet l'Union américaine. Le mouvement de va-et-vient est plus animé : les enseignes des auberges sont écrites en langue anglaise ; les paysans oublient l'antique politesse française, vantent Lawrence, Lowell, Bangor, Augusta, Watterville. Plusieurs chantiers de billots sont en opération dans les bois aux environs ; les fournitures et provisions s'obtiennent en Canada. Les propriétaires, surtout les employés, se reconnaissent par leurs feutres aux vastes bords, leurs brillantes breloques, leur haute stature, leur longue figure barbue, leurs bottes malouines, leurs culottes jaunes, d’un jaune olive. Ils ne boivent pas plus que les lurons ordinaires ; mais ils guessent, chiquent, erachent et jurent beaucoup. Les plus avancés parmi nos jeunes canadiens à leur retour chaque printemps des chantiers du Maine et des manufactures
de Lowell, parlent un idiome qu'ils croient être l'anglais du poys. Le maître du chantier deviendra pour eux le bos (4) ; mais en vain ; le vrai chic yankee, selon moi, manquera à la pvrononcialion, si la joue est vierge de la nauséabonde chique de tabac : chiquer et cracher, pour le Yankee, est un besoin, une institution. C'est de bon ton même parmi les sénateurs.
A tout prendre, Saint-George est une belle et grande paroisse: l'aisance des cullivateurs se voit dans leurs longues maisons blanchies à la chaux, pleines d'enfants et de confort; écuries, granges, remises, tout est blane, hors la classiqus porte rouge de la grange. La seigneurie de Saint- Georse-Auberi-Gallion appartient à l'opulente famille Pozer, dont un membre, le colossal M. Caristian H. Pozer, avocat au barreau de Québec, représente le comté de Beauce au parlement,
Saint-George-Aubert Gallion fut concédé en fief le 24 sept. 1736, à Dame Veuve Thérèse de la Lande Gayon, veuve de François Aubert, en son vivant conseiller au conseil supérieur de Québec: ce fief avotsinait eelui de Fleury de la Gorgendière, concédé le 23 sept. 1736.
Saint-François, voilà une fort populeuse paroisse ; c'est la Californie de la Beauce, du Canada, dirais-je. Notre ami, le seigneur de Léry, vous en donnera des nouvelles. C'est vraiment frappant de voir l'impulsion que La découverte ef lexploilalion du précieux métal out communiqué à Samnt- François.
L'on ne voit que résidences de mineurs, auberges de mineurs ; la voie publique est erensce sous vos pas, turellée en différents endroits par les chercheurs d'or. Vous roulez, D'eu sait, sur combien de milliuns: poussière d'or; or en lingots ; or dans le quartz, à vos côtés, là-haut sur la mon: tagne, sous vos pieds, de l'or partout! Votre œil tente-il de mesurer les profondeurs d'un ravin tout bouleversé, comme par l'effet d'un tremblement de terre?—Qu'est-ce que cela,
{1) Ce mot me rappelle les peines que se donnent les gens du Chemin de Fer Intercolonial du Bic pour enrichir la langue française. A chaque section est attaché ua SurintenGant aribulant ; ne soyez pas surpris de l’ent:ndre nomimex le Walking Bos ! par les Canadiens.
ss’)