‹ L'album du touriste [microforme]Chapitre 68 sur 140 · L'ORIGNAL.—LE WAPITI, LE CARIBOU.—LE CHEVREUIL · texte numérisé non relu

L'ORIGNAL.—LE WAPITI, LE CARIBOU.—LE CHEVREUIL

Les fusils ont reçu des balles de calibre,

Les couteaux aiguisés pendent au ceinturon,

Fiers chasseurs, allez-done ; courez, à troupe alerte ! Tandis que des halliers vous battrez l'épaisseur, Poète oisif, du seuil de la maison déserte, J'adresserai pour vous des vœux au dieu chasseur,

—(La Vie RURALE,— Autran.)

Michel-Ange Blondus nous enseigne que la chasse est l'apanage des rois et des grands seigneurs. En Canada, nous n'avons pas de rois, et les seigneurs, par le fait de l'honorable M. Drummond et du Parlement, ne sont pas des grands seigneurs Ce sont tout au plus de modestes seigneurs, n'ayant ni droit de vie ou de mort sur leurs serfs, ni droit de corvée, ni droit de battre monnaie, pas même le droit honorifique nommé spécialement Le Drorr pu SEIGNEUR, ne leur reste (s'ils l’ont jamais eu), avant ou après le mariage des vils roturiers, que nous sommes convenus maintenant de nommer Le PEUPLE.

Le plus huppé parmi eux est encore loin des privilèges du baron de Br. dwardine, dont la Charte portiit « Cum liberali potestate habendi curias et justicias, cum foss4 et furcà et sakà et sokà, et thol et theam, et infang-thief et out fang- -thief, sive hand-habend, sive bak-barand. » 0 la féodalité ! Je veux bien que le diable m'emporte si l'on n’y perd son latin !

Excepté pendant la période close, il est permis à un chacun chez nous d'aller faire la chasse, sans crainte d'être battu de verges comme au temps d'Henri IV. On a droit de chasse, sans être noble, sans même posséder de fief. Voilà un progrès, n'est-ce pas ?

La chasse nous est permise par la loi civile, et l'on sait

qu'elle n'a été défendue, en aucuns temps, par le droit-canon ; à preuve, la présence parmi les bienheureux de tous ces maitre-chasseurs : Saint Hibert, saint Eustache, saint Martin, saint Germain l'Auxerrois, et une infinité d'autres saints en crédit. Mais, de même que pour faire un civet, il faut d'abord avoir un lièvre, de même, pour faire la chasse, il faut qu'il y ail du gibier ; si le gibier nous manque en Canada, ce n’est pas faute de forêts, de rivières, de grèves. A quoi donc attribuer l'absence du gibier ? I faut l’attribuer à l'imprévoyance, à l'ignorance du chasseur, qui persisterait encore à l'heure qu'il est, si la Législature n’y avait mis ordre, à tuer à l'instar de l’aborigène dégradé, legibier entout temps, sans respect pour l'époque de la reproduction, pour les instincts sacrés de la maternité ; sans égard pour le sort de la tendre couvée que le trépas de la mère voue à une mort certaine et prématurée, sans égard pour le jeune faon, qui survit à sa mère, sa tendre mère, victime d'une embuscade perfide, à l'angle d’un bois.

I n’y a pas «grand chose de ben, » dit le peuple, parmi les institutions des démocrates, nos voisins : c'est possible, mais il y a depuis quelques années de sages ordonnances de chasse, empruntées, à ce qu'il paraît, à notre législation. Il y a même, à New-York, en outre, un Club pour la protection du gibier, lequel était récemment présicé par un chasseur et un pêcheur émérite, M. Robert B, Roosevelt. dont le père était un des juges des tribunaux américains, Ce savant sportsman, qui a écrit deux livres fort attrayants sur la chasse aux Etats-Unis, et la pêche au Canada, faisait naguère une longue excursion à nos rivières à saumons, sur la côte du Labrador. Son séjour sur les bords de la rivière Laval, et autres célèbres estuaires, lui a fourni des pages bien remplies, dont nous publiâmes, dans le temps, une revue critique, dans les journaux, M. Roosevelt ayant eu l’obligeance de nous faire tenir ces beaux volumes.

D'après cet exposé, les démocrates verront, que même, dans la grande république, la liberté de tout faire ne s'étend pas à tirer le giber ou à faire la pêche, au temps de la reproduction des espèces ; que les démocrates intelligents, aussi bien que ceux qui vivent sous le gouvernement représentatif,

s'accordent parfaitement en un point, savoir, la nécessité de protéger le gibier au temps des œufs, les bêtes fauves pendant la saison des amours, les oiseaux à l'époque de la ponte.

Au nombre des bêtes fauves, à la conservation desquelles la loi est venue en aide, bien que tard, pour l'avantage du chasseur canadien, nommons l'Orignal, le Chevreuil et le Caribou. Pour être compris de tous, laissons aux espèces leurs noms vulgaires.

Les naturalistes reconnaissent à la famille Cervidæ quarantedeux espèces, dont neuf seulement habitent l'Amérique Septentrionale, Les Cervidæ sont indigènes à toutes les parties du monde, excepté à l'Australie et aux régions centrales de l'Afrique. - Des neuf espèces (1), appartenant à trois genres, nalifs de l'Amérique du Nord, six fréquentent les forêts de l'Amérique Brilannique. Nous ne ferons qu'esquisser les plus connues, l'Orignal, le Wapiti, race éteinte pour nous, le Caribou et le Chevreuil.

(1) 19° Le Caribou des champs—Zarren Ground Caribou—TARANDUS AROTIjus Le Caribou des bois— Woodland Caribou—TARANDUS HASTILIS.

8° L’Orignal— Moose Deer—ALCKS AMERICANA.

4° Le Wapiti ou Cerf Canadien—EraPnus CANADENSIS.

6° Le Cerf Mulet—Mule Deer—Crrvus MACROTIS.

6° Le Chevreuil—Common Red Deer—Crrvus VIRGINIANUS.

7° Leo Cerf do Lewis—Zlack Tail Deer—CERVUS LEWISI.

8° Lo Cerf à longue queue—Zong-tailed Deer—CERvUuS LEUCURUS. 9° Le Cerf de Richardson—Æichardson's Deer—CERYUS RICHARDSONI.

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