‹ L'album du touriste [microforme]Chapitre 70 sur 140 · LE WAPITI OÙ CERF DU CANADA. (ELAPHUS CANADENSIS · texte numérisé non relu

LE WAPITI OÙ CERF DU CANADA. (ELAPHUS CANADENSIS

S'il fallait encore des arguments pour établir l'urgence : d’une législation protectrice, en faveur du gibier au temps de la reproduction, le fait de lextinction presque totale en Canada du noble animal représenté ci-haut, suffirait presque seul. Exceplé à quelques rares localités à lPonest, le Wapitli, ce roi de nos forêts, est disparu pour nous. Nul doute, que sa disparition est due en entier aux massacres en loutes saisons des Wapilis, perpétrés par les Indiens et par des blancs, qui se disent chasseurs.

«Les misérables,» me disait un jour un Nemrod ami, «qui

violent les lois de chasse et capables de tuer un Wapiti femelle, au moment où elle sera bientôt mère, devraient être mis au pilori et avoir Ja majuscule «M» (pour misérable) brûlée là où finit l’épine dorsale, »

Je répétai Amen.

Allez le chasser maintenant, dans les prairies de l’Ouest, aux versants est des montagnes Rocheuses du 56° et 57° parallèle de latitude nord, jusqu'au Texas. D'après Sir John Richardson, la limite de son parcours, à l’est, serait une ligne tirée à l’extrémité-sud du lac Wionipeg, à la Saskatchewan, 103° degré de longitude; de là, au point où elle rencontre la rivière Elk dans le 411° dégr£. On ne le voit que rarement sur les Monts Alleghany. Dans le Bas-Canada, ce qu'il nous en reste, ce sont ses os et son bois allier, enfouis sous terre, au fond des forêts. On peut donc dire, malgré le témoignage de quelques indiens (1), que le Wapili est pour nous une race éteinte. C’est un cerf d’une stature très-haute, fort élégant et tellement ressemblant au cerf d'Europe, que les premiers Européens, nos pères, crurent que c'était le même animal. Mais sa taille, ses habitudes, sa couleur et d’autres particularités, examinés par des naturalistes compétents, l'ont fait reconnaître comme un animal distinct, Il mesure à l'épaule de quatre pieds et demi à cinq pieds, c'est-à-dire un pied de plus que le cerf

(1) On nous informe que des Indiens prétendent avoir tué ces années dernières un Wapiti, sur le lac Taché, en aval de Stoncham. Ne serait-ce pas plutôt quelque gigantesque orignal?

Les anciens de Montmagny, racontent aux jeunes chasseurs, la course extraordinaire d’un cerf gigantesque, au milieu des nombreuses maisons du village. Traqué par des chasseurs, dans les hauteurs, en aval du Buton, pris de panique, il dirigeait sa course vers la ÆRivière du Sud, avec la vitesse d’une locomotive, suivant un de ces sentiers de montagne par où le bois de corde est transporté au village, dans des traînes. Un bûcheron avait tenté de lui barrer le passage avec son voyage de bois, mais le colosse, aveuglé par la terreur, bondit par dessus le cheval, la voiture etle conducteur. Puis s’élançant sur la glace vive de la Rivière du Sud, dans sa course impétueuse, il ne s'arrêta que pour considérer un vaste cordon noir, qui reliait une rive à l’autre, le grand pont de Fréchette, à Saint-Thomas. Les deux côtés de la rivière étaient encombrés de spectateurs, étonnés d’une apparition aussi étrange, Cervus continua sa course jusqu’à l’embranchement du chemin qui conduit au Cap Saint-Ignace. Des chasseurs sans nombre le poursuivirent et finalement la bête tomba percée de balles, près du commencement du Cap, à l'endroit appelé la Basse Bretagne. Etait-ce un

Wapiti ou un grand orignal ? Le parcours avait été de plus de quinze milles, dans des endroits fort populeux.

Le

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anglais. Le dos et la mâchoire inférieure sont d’un jaune brun assez vif. L'œil est entouré d'un cercle brun ; une bande noire court de l'angle de la bouche, le long du côté de la mâchoire inférieure. Le rouge el le noir prédominent sur le col, qui est frangé de longs poils plus foncés que celui des côtés ; de l'épaule aux hanches, le gris domine. Il règne une tâche jaune-ple sur le haut des cuisses que termine une ligne noire. La queue jaunâtre, est longue de deux pouces et demi, tandis que celle du cerf européen a sept pouces en longueur. Les oreilles sont blanches en dedans, et recouvertes de poil de la même couleur à l'extérieur, que les parties environnantes. Les sabots sont petits et noirs, comme ceux du cerf ordinaire. Le Wapiti a un museau, des dents canines supérieures, une langue molle, son poil est fragile et en dessous on voit une laine courte. Les cornes sont rondes, fort grandes et fort longues. D'après un fragment trouvé dans le comté de Renfrew, le bois dont il a dû faire partie, à dû excéder en longueur quatre pieds. Le bois d’un Wapiti adulte pèse de quarante à quarante-cinq livres, tandis que celui du Chevreuil mâle et adulte pèse au plus quatre livres et demi. Les cornes du Wapili ont done dix fois le poids de celles du Chevreuil. Elles poussent assez droites ; à la bâse, on remarque quelquefois des cornichons qui se replient vers le front.’

C'est dahs les cantons nouvellement établis de l'ouest, où le colon fait des défrichements, que lon déterre ces bois gigantesques. Leur forme ronde, avec les extrémités aigues, les font parfaitement distinguer des cornes palmées de l'orignal. D'après les traditions des Indiens, ces animaux ont dû être assez communs dans la vallée de l'Outaouais, au commencement du dix-huitième siècle. On les trouve assez près de la surface, sous des couches de feuilles ou de mousse, où tout indique qu'elles ont dù y reposer au delà d’un siècle.

On a exhumé le squelette complet d’un Wapiti, près du site de la villle d'Ottawa, en creusant le canal Rideau, vers 1832 : le bois qui adhérait au crâne mesurait cinq pieds de long. En 1854, on à découvert dans le comté de Lanark, Ontario, les restes d'un grand cerf, qui vraisemblablement appartenait à cette espèce. On voit sur les prairies à l'ouest, des bandes de

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Wapitis, de 20 à 600 individus ; dans ces paturages inépuisables, ils atteignent quelquefois, dit-on, la grosseur d’un grand cheval. On cite des cornes de Wapiti trouvées en Califournie et au Nouveau-Mexique, longues de plus de six pieds. Ce ruminant vit de branches de saule, de mousse, de bourgeons de roses sauvages ; l'hiver, il enlève avec son pied la neige qui recouvre la racine des petits arbres, puis il en dévore les racines,

Le Wapiti affectionne les bocages pleins d’ombres, les îles recouvertes de saules, ainsi que les pointes bien boisées qui s’avancent dans les rivières. Pendant la chaleur du jour, il se fera un lit verdoyant et frais d'herbes ou de rameaux d’un arbre tombé; c’est alors aussi, qu'il s’enfoncera sous l'onde des lacs, pour se protéger contre les moustiques ; ilne laissera exposé que son museau pour respirer, Ceux qu’'Audubon tint captifs, à New-York, subsistaient sur la nourrilure qui convient aux vaches : avoine verte, maïs, etc.

Les cornes leur tombent en février et en mars.

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