‹ L'album du touriste [microforme]Chapitre 82 sur 140 · LA MIGRATION PRINTANNIÈRE DES OISEAUX · texte numérisé non relu

LA MIGRATION PRINTANNIÈRE DES OISEAUX

J'entendis, ce matin, entr'ouvrant ma fenêtre

Un oiseau commencer son refrain matinal ;

Je me sentis heureux en le voyant paraître,

Du retour du printemps, il donnait le signai.

Près de lui voltigeait sa joyeuse compagne,

Il l'avait ramenée au nid de leurs amours ;

Tous les deux s’en allaient gaiement dans la campagne Chercher leur lit de mousse où l’on s'aime toujours.

—CHanLes OuimEr (Album de la Miverve.)

Jamais je n'ai remarqué autant de vides parmi les espèces chantantes autour de Québec à cette saison. La température glaciale qui a sévi ausud, aussi bien qu'à l'ouest et au nord du continent, semble avoir porté la mort dans leurs quartiers d'hiver. Le 25 février j'ai vu une corneille, mais une corncille, pas plus qu’une hirondelle, ne fait le printemps.

Quelques-unes sont sédentaires en Canada : la plupart néanmoins partent vers la fin de septembre pour des climats plus tempérés et reviennent en Canada vers le fer mars, Plusieurs bandes de Gros-becs ont été remarquées, cet hiver, dans le voisinage de Québec, surtout dans les jardins où brillent encore sur les pommiers quelques fruits de l’année précédente. Ces oiseaux, gros comme des merles, sont peu farouches. Les vieux mäles sont d'un beau rouge : les femelles, jaunâtres sur le dos et gri:es en dessous, et les jeunes mâles de l'année précédente, gris. . Ils vivent très-bien en volière, mangeant de tout, et sifflent d'une manière fort agréable ; leur chant ressemble à celui de l'oiseau-rouge, mais il est plus retentissant ; ces oiseaux nous ont quitté vers le fer avril pour aller faire la ponte vers la baie d'Hudson,

J'attends avec impatience le retour de nos gaies amies, les

hirondelles ; depuis douze ans, plusieurs couples prennent, chaque saison, possession d'une cheminée de ma demeure, Une petite boite, ou mieux, une église que mes enfants ont fait construire au sommet d'un mât, s'est garnie le printemps dernier de plusieurs bruyants ménages.

Faites-moi bon nccuoil, j'arrive !

Du soleil, de la gaité vive

Je vous ramène la saison,

Jour et nuit, j'ai fendu l'espace;

A la voyageuse un peu lusse,

Vieux amis, laissez prondre place, —AUTRAN,

L'oiseau gris (1) ordinaire a paru vers le 13 avril. Le pinson chanteur, (le rossignol) ; vers le 18. Le merle a commencé du haut des grands arbres son triolet matinal, vers le 48 avril, mais les bandes n'arriveront pas avant le 30 de ce mois et séjourneront parmi nous quelques jours seulement, dans leur migration vers la baie d'Hudson, où le grand nombre couve.

‘est surtout chez le merle que la mémoire des lieux est vivace, Chaque printemps, plusieurs couples reviennent construire leurnid dans des épinettes tout près de ma demeure. Je ne puis expliquer leur habitude de placer le berceau de leurs jeunes si près du toit domestique, pour ainsi dire sous mes yeux, que par l'espoir que le voisinage de l'homme en écartera les corneilles, ennemies encore plus acharnées que les chats, des espèces chantantes, Aux belles et longues journées de juin, j'ai entendu le merle chanter dès trois heures du matin, et la flute, avant et après la pluie, fait entendre des concerts assourdissants,

L'oiseau rouge (2) a hiverné cet hiver autour de Québec ; cela se voit rarement.

Le niverolle de Wilson, la nonne, oiseau couleur d’ardoise avec deux plumes blanches dans la queue, visibles seulement lorsqu'il vole, ne peut ètre loin. Le pinson à poitrine blanche (3) arrivera avec lui, Les hirondelles ont été vues à Montréal vers le 13 avril ; mais nous, citoyens de Québec, nous ne les attendons que vers le 23 du mois.

(1) Spizella socialis,

(2) Carpodacus purpureus.

(3) Zonotrichia albicollis.

M. Portugais, pour employer une figure obscure pour personne, fera lever la première bécassine vers le 21 avril. La grive solitaire, la flute, laissera choir sa première cantate de la cime d’un mérisier vers le 29 avril.

Avril ! avril ! ton souffle est plein de volupté !

Tes matins et tes soirs, Ô beau mois enchanté, Naissent dans l’harmonie et les flots de lumière.

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