‹ L'album du touriste [microforme]Chapitre 91 sur 140 · DE QUÉBEC AU PAYS DE LA GASPÉSIE · texte numérisé non relu

DE QUÉBEC AU PAYS DE LA GASPÉSIE

Lévis, —Ses points de vue,—S$es champs de bataille,-—Son troubadour.

Je les ai vus ces beaux rivages Que les Cartier et les Champlain, Malgré mille hordes sauvages, Ont parcourus en souverains j J'ai vu ces foréts qui fournissent Des vaisseaux à toutes les mers, Et ces Campagnes où murissent Riches moissons et fruits divers ; Puis, rencontrant partout la vie Sur ce sol que Dieu féconda, Je m'écriai, l’âme ravie : ‘Je te salue, O Canada.” (RÉv. B. Décorur, V. G., Orégon.)

Allons, lecteur ami, cheminer à travers les campagnes «gazonnées et doux fleurantes, » que baigne notre Saint- Laurent.

Par une suave soirée d'automne de l'année 1870, je prenais au débarcadère du marché Finlay (1), le vapeur traversier de Lévis, dans le but de transiger d’abord quelques affaires à {ndian Cove (l'anse des Sauvages), puis cela fait, d'aller quérir gite pour la nuit, au somptueux hôtel Victoria, afin d'être sur les lieux, pour prendre, le lendemain matin, le premier train de la Rivière-du-Loup. Les derniers rayons du soleil couchant doraient en ee moment les verdoyants glacis du Cap-aux-Diamants ; puis, se prolongeant à l'est, au-delà du

(1) Le marché Finlay a emprunté ce nom de M. Hugh Finlay, riche négociant, qui florissait à Québec au siècle dernier. Il était propriétaire du site où le mare ché a été construit et de celui du quai avoisinant. Il on fit don à la cité, à condition que lo susdit marché portât son nom,

fleuve, ils allaient de leurs lumineux reflets caresser les flèches et les coupoles étincelantes de notre ambitieuse voisine, la ville de Lévis (1). Quelques instants plus tard, la reine de la nuit, prêtant à la nature sa lumière argentine, nous assurait une de ces radieuses nuits d'été, où notre beau port se révèle sous un aspect si enchanteur :

Après un jour d'été, quand [a ville s'endort ; Qu'elle étouffe l'écho de ses rumeurs dernières ; Quand les lampes du soir, dans les maisons du port S'allument, et sur l’eau projettent leurs lumières ;

Le long des quais obscurs, il est doux d'écouter, 4ans cet apaisement des heures recueillies,

Les airs que les marins se prennent à chanter, D'une âme enfin rendue à ses mélancolies,

—AuTRAN, La mer,

J'ai toujours nourri un amour filial pour notre vieille cité, ma ville natale; pour son fleuve-roi, mon admiration était presqu'un culte. Fussé-je né poëte, avec l'auteur des Laurentiennes, je me serais écrié :

O mon fleuve admiré f sur tes ondes tranquilles J'ai toujours promené le regard d’un amant.

Oh! que n'ai-je la plume magique de Pauteur de Waverley, pour retracer tes classiques souvenirs, tes palpitantes légendes, beau fleuve de la patrie !

Mais, non ! je laisserai à nos littérateurs, les plus en crédit, la tâche de décrire plusieurs des sites charmants où nous séjournerons ; de cette sorte, ces Notes de voyage fourniront, en outre, au lecteur, une étude comparative du style, dans une de ses phases les plus attrayantes, le genre descriptif; et, si l'on veut bien se rappeler le titre sous lequel, quelques-uns de ces fragments parurent d'abord dans la Presse périodique, Fon verra plus tard, que pour « Voyageur » ça été en réalité un voyage historique,

(1) La Pointe-Lévis, anciennement le Cap-Lévis, avait emprunté son nom de Lévis, d’un de nos premiers vice-rois. Famille d’ancienne et biblique origine, si l’on en croit l'abbé Ferland, elle jouissait d'importantes prérogatives, “ La famille de Lévis prétendait descendre du patriarche Jacob par sonfils Lévis. Et, à ce propos, l’on rapporte que, dans une chapelle de la famille, on voyait un tableau représentant la sainte Vierge, et un membre de la maison de Lévis tenant son chapeau à la main. Deux inscriptions expliquaient la situation : “ Couvres-

vous, mon cousin, dit la Vierge Marie.” “ C'est mon plaisir, ma cousine,’ répondait le descendant de Lévis.—(Cours d'Histoire du Canada, Vol. I, page 214.)

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