RITES
archéologique, scientifique, poétique, critique, agronomique, ornithologique, hygiénique et humoristique, ete. Toutefois, de la science proprement dite, je promets peu ; du reste, beaucoup. Un de nos spirituels causeurs va de suite se charger du soin de nous associer au grandiose panorama que Ja rade, le port de Québec, la Pointe-Lévis et l'Isle d'Orléans, dévoilent aux yeux du touriste.
«ŒEn arrière, Québec, avec ses batteries, sa fière citadelle, qui semble un nid d’aigles perché au sommet d’un rocher, et avec ses maisons en amphithéâtre, dont les toits de ferblane, frappés par les rayons d’un soleil ardent, font rejaillir des gerbes de lumière.
«Québec, du haut de ce promontoire, où il est fièrement assis, avec ses embrâsures et ses centaines de canons, Québec paraît se complaire à élever sa tête orgueilleuse et sublime, en face de ces montagnes bleuâtres, que l’on voit apparaître de tous côtés, puis s'éloigner, puis se rapprocher encore, et enfin disparaître, mais à regret toujours, et en élevant, jusqu'au dernier instant, leurs cimes au-dessus des autres montagnes, afin de jouir, encore une fois au moins, de cet incomparable chef-d'œuvre de la nature,
«Avec cela, Québec est fier, à juste titre, et semble n'avoir rien de mieux à faire que de contempler sa propre image dans les eaux du grand fleuve qui se déroule au bas et dont les flots viennent baiser ses pieds avec amour et respect.
Au sud, la Pointe-Lévis, qui, née d'hier, relève déjà la tête orgueilleusement, et pousse la condescendance jusqu’à vouloir bien donner le nom par trop modeste derivale, à sa sœur-ainée. Au nord, les côtes de Charlesbourg et de Beauport, dont les maisons se déroulent enligneonduleuse, comme un long ruban blanc sur un immense tapis de gazon.
«En face, l'Ile d'Orléans, sentinelle avancée, qui, orgueilleuse et jalouse de son noble privilège, fait tant, par ses tours et ses détours multipliés, qu’elle ne permet, à l'œil avide de l'étranger, d'embrasser ce grand spectacle de la nature, qu'au dernier moment seulement, et quand sa dernière pente a été
dépassée... OO CC ECCCCRCCCOCECCEE ECO)
L’Anse des Sauvages, à cinq milles de Québec, où la puis-
mme
sante maison Gilmour et Cie. charge presque tous ses navires, est également bien décrite par notre ami :
« Devant nous viennent de défiler de vasteschantiers et une forêt de mâts de navires. Cet endroit, connu depuis longtemps sous le nom d’Anse des Sauvages, a été pendant bien des années le rendez-vous favori de quelques familles errantes, qui y venaient réguliñrement passer l'époque de la belle saison, Aujourd'hui, plus de sauvages ! et les échos de cette belle plage ne sont troublés que parle choc monotone des madriers qu’on empile les uns sur les autres, ou par leschansons bachiques et les g...d... des matelots anglais.
«Evidemment, l'Anse-des-Sauvages s’est œvihsée. A notre gauche, se dessine le quai Bowen et la jolie villa de eet entreprenant compatriote qui a tant fait déjà pour l'Ile d'Orléans. Ce quai se trouve justement situé à l’Anse-du-Fort, là où se réfugièrent les Hurons en 1651, après la destruetion de leurs bourgades (sur les rives du lac Simcoe, Ontario), par les Iroquois. Hélas ! les Lemps sont bien changés !..........., Le frèle canot d’écoree ne repose plus sur la grève ; la cabane du Sauvage, elle aussi, à disparu, et le sable du rivage, léger et mobile comme elle, n’en a conservé aueune trace.
«Le cri de guerre de l'Iroquois ne se fait plus entendre et ce féroce guerrier, civilisé comme nous aujourd'hui, jouit des douceurs de la paix et de la tranquillité, aux jolis villages de Caugnawaga, de Saint-Régis et des Deux-Montagnes.
« Le Huron a aussi déposé son tomahawk et ne calcule plus orgucilleusement le nombre de chevelures ennemies suspendues autour de sa cabane ; et le charmant village de Lorette, où résident les faibles restes de sa tribu, à trois lieues seulement de Québec, est bien assurément un des plus indus. trieux de la Province. «Quel désappointement pour nos compatriotes, disait, l'automne dernier, un touriste français, quand je leur dirai qu'étantallé visiter les sauvages du Canada, une demoiselle huronne a bien voulu me chanter une jolie chanson française en s’accompagnant elle-même sur le piano ! » (1)
Tout récemment le grand chef Vincent donnait en la personne
(1) Voyage autour de l’Ile d’Orléans.—H, Larue.