‹ L'alcool, la santé publique et le budgetChapitre 3 sur 8 · DÉSIGNATION DES ALCOOLS · texte numérisé non relu

DÉSIGNATION DES ALCOOLS

et de LEURS DÉRIVKS

DOSES T0XIQ1 par kil du poids du

à IVtat pur

JES MOYENNES )gramme corps du sujet

à Tôtat de dilution

1° ALCOOLS FERMENTES et leurs DÉRIVÉS

Alcool vinique ou éthylique- -. C* H6 O 2 Aldéhyde acétique C* H* 02

8 grararaes

3 gr. 90

2 grammes 1 gr. 70

8 gn!!.'.n'5 7 gr. à 7 gr. 50

7 gr. 75 1 gr. à 1 gr. 25 i grammes 3 gr. 75 1 gr. 25 lgr.SOàlgr.10

7 grammes

5gr.75à6gr.l5 5 grammes

3gr.70i3p.80

8gr.50à0gr.

Alcool propylique C« H8 02

Alcool butylique Cfi Hio 02

Alcool amylique Cio R12 02

Alcool mithyliquo cliimnjuomont pur C 2 H* O 2

2° ALCOOLS NON FERMENTES

Esprit de bois ordinaire

Acétone C6 lie 02

\lcool œnauti'ique C 14 1I 10 2

Alcool caprylique C32 H*8 02

Alcool iso-profylique C6 R8 02

3° ALCOOLS POLYATONIQUES Glycérines C* Hts QS

De ces chiffres, il résulte donc que les produits de tête et les produits de queue contiennent les alcools

les plus toxiques: l'aldéhyde dans les produits de tête, les alcools butyliques et amyliques dans les produits de queue, qui tous trois occupent le premier rang au point de vue de leur action vénéneuse sur l'économie animale.

C'est dans les pays où l'usage du vin n'existe pas et dans lesquels, par suite, on fait une consommation excessive d'eau-de-vie de pommes de terre ou de grain, comme l'Angleterre et les pays Scandinaves, que l'alcoolisme atteint son maximum d'intensité. Or, l'aldéhyde et les alcools butylique et amylique se rencontrent en proportions notables dans les produits de la distillation de ces matières. Suivant un curieux calcul de M. Hoyle, on a transformé en alcool , en Angleterre , dans la seule année 1885, 75 millions de boisseaux de grain, qui auraien pu fournir plus d'un milliard de pains de quatre livres. M. Leone Levi, l'un des statisticiens les plus autorisés du Royaume-Uni, évaluait, il y a une dizaine d'années, le total des salaires payés, par an, aux ouvriers anglais, à 10 milliards 450 millions de francs. En présence de tels salaires, qui sembleraient devoir rendre le paupérisme impossible, la grande extension de la misère chez les ouvriers anglais a été expliquée par les chiffres suivants, produits par M. Irwing White, au congrès international de Paris, en 1878 : Pendant les quatre années 1866 à 1869, ces ouvriers ont dépensé, en boissons fortes, une somme de 11 milliards 370 millions, soit, annuellement, près de 3 milliards ou un peu moins du quart des salaires reçus par eux. Nous manquons

pour la France d'une évaluation de ce genre (1).

Ces faits ne justifient-ils pas pleinement l'assertion de M. Bruce, disant au Parlement anglais : « L'ivrognerie n'est pas un des grands maux de la société, elle est positivement le plus grand des maux avec lesquels les réformateurs sociaux ont à lutter.

Le numéro d'avril 1887 du Journal de la ligue patriotique contre V alcoolisme, publié à Bruxelles, renferme une statistique des plus frappantes empruntée à YAnnual Report of the Registrar gênerai for England. Elle a trait à la mortalité, dans les diverses professions, des hommes compris entre les âges de vingt-cinq et soixante-cinq ans, comparée à la mortalité générale de tous les Anglais mâles, et à celle des Anglais mâles, dans les districts les plus salubres. La mortalité des personnes engagées dans le trafic alcoolique, suivant l'expression deYAnnual Report, est effroyable ; que cette mortalité énorme soit due à l'usage des boissons alcooliques, c'est ce qu'on peut concevoir a priori, mais les renseignements fournis par le relevé statistique des causes de la mort le prouvent à l'évidence.

Voici le résumé de cette curieuse statistique : la mortalité générale des Anglais mâles, compris entre vingt-cinq et soixante-cinq ans, étant de 1,000 pour 64,641 habitants, soit 15.5 environ pour 1,000 habi-

(1) Rapport de M. Th. Roussel. (Rapport de M. Claude, annexe i).

tants de cette catégorie, l'influence des professions se traduit de la manière suivante :

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