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LA MÉTALLURGIE

és

Il n'existe pas de grandes fonderies dans les environs immédiats de la capitale, mais des ateliers de second ordre où l’on coule des objets de dimension moyenne en fonte ou en bronze. On n’y rencontre pas de forges à hauts fourneaux.

Quel que soit le but de la fabrication de ces usines, le personnel se divise toujours en deux classes, les mouleurs et les fondeurs, spécialités très séparées aussi bien au point de vue de la nature du travail que des habitudes, des salaires, de l’alcoolisation.

Les mouleurs, de beaucoup les plus nombreux, préparent dans du sable fin, humide, l’empreinte en creux que viendra remplir la masse métallique. Ce métier ne nécessite pas un grand déploiement de forces, excepté peut-être quand il s'agit de transporter des moules de grandes dimensions, mais il oblige à vivre dans l'humidité, dans la poussière de fécule et de tale, matières avec lesquelles il faut saupoudrer la surface des empreintes.

Dix heures de labeur avec un salaire de 9à 10 francs à la journée pouvant monter à 12 francs aux pièces, cela suivant la nature du travail. Aussi étrange que

ça puisse paraître, il vaut mieux mouler des coussinets de machines que des Vénus de Milo.

Voyons maintenant l’alcoolisation moyenne d’un ouvrier de cette catégorie. ; A sept heures le matin, avant d'entrer, un petit verre ; à huit heures, beaucoup d’usines accordent une suspension de travail de dix minutes, dont on profite pour aller prendre un deuxième petit verre. À onze heures, l'apéritif (assez souvent de l’absinthe). Pendant le repas, un demi-litre de vin, puis café avec rhum ; à trois heures, le raécord, c’est-à-dire un quart de vin blanc; à six heures, l’absinthe. . Nous arrivons à un total de : francs. Sans compter ce que les ouvriers entrent en cachette malgré les défenses répétées. Un patron nous a dit avoir. très fréquemment senti l’odeur de l’absinthe en parcourant les ateliers, bien que jusqu’à présent il lui ait été impossible de prendre les délinquants sur le fait. Deuxième catégorie, les fondeurs. Leur alcoolisation est en général considérable. Le métier très pénible, il faut le reconnaître, est assez rémunérateur. Un bon fondeur en bronze arrive à gagner couramment ses 15 francs. Ils ont l'habitude d’aller prendre un verre après chaque coulée, comme en moyenne il y en a sept à huit par jour, cela fait de neuf à dix apéritifs, car il faut y ajouter les verres classiques de sepl heures du matin et de six heures du soir. Sans oublier deux litres de vin et ce qu'ils entrent plus ou moins ouvertement à l'usine. Nous avons pu

assister à la rentrée des fondeurs sortis entre deux

coulées pour courir au bar. Ils avaient de petites fioles à la main et ne se donnaient même pasla péine de les dissimuler.

Les fumistes. — Nous nous présentons au milieu d’un groupe d'ouvriers. Dés la première question, ils commencent par déclarer qu’ils ne boivent pas, mais, comme nos demandes se font plus précises et plus serrées, ils finissent par avouer : un verre le matin avant l’entrée à l’usine, un autre à 8 heures, l’apéritif a 11 heures, i/2 litre de vin en mangeant, un rhum dans le café, le raccord à 3 heures et l'apéritif a 6heurcs. Ils nous parurent très élonnés ensuite de constater que cela faisait une certaine quantité d'alcool et une certaine somme à la fin de la Journée.

Usinage des grosses pièces, engrenages, machinesoutils etc. —: Dans cette partie, comme dans la métallurgie, en général, on consomme moins de vin que dans d’autres corporations mais davantage d’absinthe et d’apéritifs. Nous donnons la journée alcoolique d’un ouvrier modéré.

Le matin : r petit verre de mare ; à 11 heures, une absinthe ; 1 litre de vin à midi, un petit verre dans le café ; une ou deux absinthes le soir, et au dîner une chopine à peine car la femme est là qui surveille son mari. Total à la fin de la journée, 2 francs à 2 fr. 50, sur un salaire de 8 à 10 francs. Une discipline rigoureuse dans les usines empêche une alcoolisation plus forte.

Petite métallurgie, appareils de projections et de

laboratoires phares d'automobiles. — Nous entendrons identiquement ou presque la même antienne. Le matin : un verre de vin blanc ; à midi, l'apéritif ; 1/2 litre au repas, un verre à 3 heures ; si la porte de l’usine est fermée, on le fera monter ; à 6 heures, un autre apéritif. Insistons pour dire que c’est là le bilan d'ouvriers très € normaux », ayant la répulsion de l'ivresse et de l’ivrogne et qui seraient stupéfaits d'apprendre qu’ils s’intoxiquent. Dans les ateliers de métallurgie, où la discipline est parfois rigoureuse, on met en œuvre toutes sortes de ruses pour introduire de l’acool, souvent pris à crédit chez le débitant. Ce dernier sait d’ailleurs entretenir sa clientèle en sachant se montrer de bonnecomposition et en oubliant certaines dettes. Par reconnaissance, on sera obligé de retourner chez lui !

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