BOURGEOIS
dit Mgr Latty. Les fleurs d^enfanls, si tendres, si délicates, qu*il ne faudrait nourrir que de lait, de rosée, et d'araour, trop sou%xnt ou les arrose avec le liquide erapoisoriné qui les fane et les étiole. Des mères applaudissent, à la fin d'un repas, le début alcoolique de la petite fille qui n a pas « grimacé n.
Il faut donc, à tout prix, cesser de favoriser la « soif nationale >» et les intérêts alcoolisateurs.
S'il est vrai que la classe ouvrière est plus ravagée par le fléau que la classe aisée , cela ne prouve point du tout que la consommation d*al* cool y soit plus abondante.
En effet, l'ivresse de Fhomme du peuple est généralement publique et» partant, plus connue. Le malheureux, qui sort en titubant d'un estaminet de dernier ordre et s en va échouer sur le trottoir, est ramassé par la police, enfourné au violon, traîné devant les tribunaux. Mais quand un bourgeois s'enivre après un souper fin, su honte échappe à la publicité.
Plus connue, Tivresse du malheureux est aussi plus dangereuse et plus prompte. Au lieu d'être amenée par des liqueurs fines bien préparées, elle est produite ordinairement par des mixtures inavouables* Mais que Talcool empoisonne Tartisan ou le bourgeois, il est la plaie du monde civilisé : comme Ta dit Gladstone : t ralcoolisrae fait de nos jours plus de ravages que ces trois fléaux bistoriques, la famine, la peste et la guerre ». Il atteint Tindividu, la race, la société. II ruine les santés, les intelligences, les volontés. Il absorbe les ressources des travailleurs et le réduit à la misère physique et morale.
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