‹ L'alcoolisme: fléau socialChapitre 17 sur 60 · ET DANS LA MAHINS · texte numérisé non relu

ET DANS LA MAHINS

barque dans les bateaux pécheurs Talcool et Tesprit de bois à c6té de la boëte et de la morue. Le patron du brick est souvent débitant de boissons, et c'est luJ qui emmène les hommes à son auberge. La loi doit défendre aux inscrits maritimes de tenir un débit d'alcool, et d'encourager ainsi ce qu'on peut appeler «t Talcoolisme collectif dans la marine ». Ceux qui ont étudié les mœurs des marins savent qu1ls Tendent bien souvent leur poisson à vil prix pour dépenser au cabaret le produit de leur pèche.

Il existe un usage déplorable dans les marchés de poissons, c*est que les acheteurs de la pèche donnent aux marins, par cha<|ue bateau, un litre d'eau- de-vie, et quelle eau-de-vie !

Une ordonnance de 1752 interdisait formellement rembarquement des boissons spiritueuses sur les bateaux armés pour la pèche de la morue .

Tout capitaine convaincu d'avoir désobéi à cette prescription était impitoyahlement privé de son commandement.

On aie grand tort aujourd'hui d'exonérer de certaines taxes Talcool embarqué pour la grande pèche, et notamment pour les îles St-Pierre et Miquelon, La taxe^ dans ce cas, n'est que de 50 francs au lieu de*

C'est une bien triste prime que TEtat donne ainsi à ces admirables travailleurs de la mer; leur courage mériterait d'être mieux récompensé.

Au lieu du biscuit dur et de la morue sèche dont on les nourrit, ne vaudrait-il pas mieux mettre à leur disposition des aliments plus substantiels en les préservant du danger de l*alcool ?

Dans les ports comme Caen, le Havre et Rouen, le commerce a été longtemps complice d'un véritable système d'alcoolisation obligatoire ; k Rouen, par exemple, les ouvriers déchargeurs de bateaux n'étaient point payés individuellement, mais une seule pièce d'argent était remise à deux débardeurs, si bien qu'ils étaient obligés d'entrer dans un débit pour obtenir de la monnaie. Des abus analogues subsistent au Havre où les ouvriers des quais, au lieu de toucher le salaire promis, reçoivent un jeton donnant droit à cette somme. Et quel est alors le comptoir de change, sinon le zinc du débitant, qui prélève sur les travailleurs^ fustrés de leur dû, un escompte dont le montant se chiffre par plusieurs petits verres.

Dans ces derniers temps les autorités maritimes, ne pouvant abolir entièrement ralcoohsme,ont cherché a entraver le fléau dans une certaine mesure. Alors qu'en France tous les ports armant pour la grande pèche à Terre-Neuve et en Islande cherchent, sans succès, le moyen de combattre l'alcooUsme à hord des navires péchant la morue,

L'ALCOaUSMIS l>ANS l'aHMÉE ET DANS LA MARIN£

M* Couturier, gouvemear de Saint-Pierre et Mrquelon, vient prendre h ce sujet uû arrêté iutéressant.

Cet arrêté, fixe à un litre 73 de liquide par homme et par semaine, soit 25 centilitres par tiomnie et par jour, la quantité d'alcool pouvant être embarquée a bord des goélettes coloniales et se btise sur une durée moyenne d'absence de deux mois. Cet alcool ne devra pas dépasser 45 degrés.

Les capitaines ou patrons détiendront les quantités de liquide embarquées et la distribution devra être faitequotidiennement sous leur responsabilité. Les contrevenants seront punis d'une amende de 15 iVancs et pourront Tôtre en outre d'un emprisonnement de 2 à 5 jours. En cas de récidive, la peine de l'emprisonnement sera toujours prononcée.

liA CONSOMMATION DE L ALCOOL

On a calculé qu'il se consomme aanuellement» sur notre planète, pour 11 ou 12 milliards d'alcool. Dans toutes les parties du moode, de TEquateur aux deux pAles, niais plutôt dans les régions froideS| les populations s'eaipoisonnent en absorliant Télixir de mort*

Tous les peuples de la terre, qu ils soient civilisés ou sauvages, sont, aujourd'hui, les tributaires de ralcooL

Le tyran reçoit les hommages de ses esclaves aussi bien dans des temples dorés que sous la tonnelle du cabaret rustique. Vainqueur toujours prêt k dicter la loi, peu lui importe le choix du quartier général. Des amphores ciselées ou des Trustes brocs d'étaîn, il fait couler le poison dans les veines de ses victimes.

Depuis cinquante ans, la consommation de Talcool a augmenté dans des proportions etfrayantes. Sans doute la mauvaise qualité des spiritueux et des essences a sa part dans les ravages de ralcoolisme ; mais c'est la quantité considérable du liquide consommé qui est la cause principale du fléau. Les statistiques iinancières nous apprennent que rimpôt était perçu :

En t850, sur 585 200 hectol., représentant 1 lit. 46 par tète.

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