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piat. 11 y parvint dans une large mesure par cette législation qui a réduit le nombre des débits à 29 dans les campagnes et à 275 dans les villes (non compris les débits de bières et de vins), et qui a fait descendre la consommation de 8 litres à 100*^ (1830) à 1 1. 8 (1891).
En vertu du système de Gotbembourg, le monopole de la vente au détail de Palcool est concédé h une association de personnes recommandables qui renoncent à tirer de leur argent plus de 5 0/0 d'intérêt annuel.
Tout ce qui dépasse ce taux (et Texcédent produit une somme élevée) est partagé entre la ville, TEtat et des établissements de bienfaisance.
Il faut noter que le système repose sur une base très morale : ceux qui administrent la venle au détail de falcool n'ont aucun profit personnel à en attendre. Devant le consommateur ils gardent une attitude indiflerente et passive. Toujours ils exigeront un paiement immédiat. Le jeu, la prostitution, les paris déloyaux, les rixes, sont inconnus dans leurs établissements* Moins ris réaliseront de gains, plus ils croiront avoir contribué à Fiatérèt public. Dans le cas contraire, ils appliqueront les sommes perçues à des destinations charitables*
Ce système a d'autres avantages très appréciables ; il retient les buveurs, en leur inspirant la crainte de s'avilir aux yeux de leurs concitoyens ; en outre, iï écarte Timmixtion de la politique dans tout ce qui touche à la vente de Talcool et la tenue des cabarets.
En effet, la population des villes a le droit de choisir entre cette réglementation et la prohibition absolue de la vente au détail des liqueurs alcooliques.
Le choix se fait par un vote populaire qui a lieu tous les cinq ans, et auquel prennent part tous les habitants de plus de 25 ans, les femmes étaut admises à voter ; les abstentionnistes sont comptés comme partisans du statu quo. Voici le résultat de ce plébiscite pendant les quatre années 189o-98 ; dans 28 villes formant on total de 125.000 habitants environ, la majorité des habitants et des habitantes a demandé rinterdiction absolue du commerce au détail des liqueurs fortes. Les plus considérahles dé ces agglomérations sont Stavanger et Fredrikstad. Dans 22 villes, comprenant 210.000 habitants, la majorité s'est prononcée pour le système de Gotherabourg. Parmi ces dernières villes se trouvent les plus importantes du royaume norvégien, et notamment Christiania, Bergen» Trondhjcm. La population de ces grandes cités, éclairée par rexpérience, a pris ce dernier parti en raison de la grande difficulté de maintenir la prohibition dans les centres populeux.
LE MONOPOLE DE L ALCOOL
Voici quelques détails sur fapplication du système. ^
A Christiania, capitale qui compte envirou 230.000 habitants^ le Sumlag, compagnie coucessionuaire du monopole, a le droit exclusif de vendre au détail des liqueurs fortes. Le Saralag possède et administre directemeût 40 boutiques où Ton peut boire des spiritueux.
Ce sont des salles assez g:raiides (8 à 10 mètres de laçade), sans autre annonce extérieure qu'une petite plaque bleue éinaiïlée portant Tinscription suivante : « Kristiani Samiag for handel med Brândevin oit m, m. »
Les liqueurs qui y sont servies sont le brândevin et Vaquavit (eauX'de-vie de pommes de terre rectifiées et aromatisées au cumin), le cognac (ou trois-six prétendu tel), le whisky anglais et le genièvre : ces liqueurs contiennent 43 0/0 d'alcool (excepté le brândevin, 38% et le whisky, 50°), Les petits verres ont la capacité de 2,5 ou 3,5, ou 5 centilitres ; ils sont vendus 8, ou 10 ou 15 ores (l'ôre vaut un peu plus d'un centime). On voit des établissements de ce genre dansions les quartiers de la ville.
Les règlements de police y sont exécutés strictement , On refuse de servir les enfants, les individus ivres» ceux qui paraissent Tètre» ceux qui ont une tenue inconvenante*
Le Samiag a d'autres débits plus relevés. Ce sont : 1* Les salles de t< restaurant » ; on n'y mange pas, comme le nom semblerait Tindiquer, mais on peut s'y asseoir. Ces « restaurants « sont fréquentés même par le très bas peuple. Il est défendu d y fumer, mais la défense n'est pas observée. On n y trouve ni thé ni café, mais de la bière appétissante.
2'^ Le t< café » , Le plus souvent il est au premier étage. Il est assez luxueux ; on y trouve généralement de la charcuterie ou des conserves de poisson. Ces cafés sont fréquentés par des bourgeois plutét que par des artisans.
Les débits sont ouverts de 8 heures du matin k 8 heures du soir. Ils sont fermés les dimanches et jours de fête, et en outre pendant le samedi ou le jour qui précède le jour de fôte, à partir d'une heure.
En dehors de ces 40 débits, il y a à Christiania treize grands cafés ou hôtels dans lesquels on peut servir des liqueurs fortes. En outre, il existe 25 boutiques où Ton achète des bouteilles d'alcool à emporter, mais non pas à consommer sur place. Ces boutiques apparliennent à des particuliers. Le Samiag leur concède cette partie de son monopole moyennant une forte redevance annuelle (10.000 couronnes, soit 14,000 francs).
Depuis que ïa consommation de feau-de-vie a diminué, celle de la
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bière a coûsidérablement augmenté. Voici ce que la loi prescrit eu ce qui concerne les débits de bière et de vin ; Ils n'ont rien de commun avec le Samlag.
Leur nombre dépend de la municipalité. A Christiania, il y a 282 licences accordées. Chacun de ces débits paie à la commune une taxe annuelle de 420 couronnes.
Ils ne vendent pas seulement de la bière et du vin ; ils débitent aussi, depuis quel([ue temps, un mélange de vin et d'alcool connu sous le nom de « laddevin i> on sous celui de « vin d*Oporto ». C'est là une pure vantardise. Les Samlags réclament au nom de leur privilège, mais comme le prétendu vin d'Oporto en question ne dépasse pas les 21* d'alcool au-dessus? desquels un breuvage est déclaré liqueur forte, on n a pu leur donner jusqu'à présent que des satisfac* tions incomplètes.
Les débits de bière ont, dans les quartiers populaires, un aspect assez malsain. Il y règne une grande malpropreté, et des prostituées de bas étage viennent souvent s'y installer.
Ces cabarets sont fermés du samedi au lundi, môme lorsqu'ils servent de restaurants ; jamais on ne tolère qu'ils restent ouverts la naît.
D'après la loi, la 0/0 des bénéfices nets réalisés par les Samlags doivent être payés aux municipalités, le reste étant partagé entre FEtat et les institutions philantliropiques désignées par le Samlag. En 1897^ l'Etat ne percevait que 25 0/0 des bénéfices, mais il a accru sa part de 10 0/0 cbaque année, en sorte que, en 1901, il a touché 65 0/0, taux qui restera fixé pour les années suivantes.
Parmi les œuvres que îe Samlag de Christiania a créées ou subventionnées, on remarque tes suivantes : Musée des arts industriels (148JO0 couronnes); asile d*enfants (277,300 couronnes); bains populaires (105.000 couronnes) ; théâtre (450.000 couronnes) ; station biologiqne du fiord de Christiania (21.000 couronnes); recherches statistiques sur Talcoofisme (3.000 couronnes).
L'action des Samlags est d'autant plus efficace dans une ville qu'ils y fonctionnent depuis longtemps.
Le proHt net des 35 Samlags existant en 1897 a été de L 779.800 couronnes pour 2,805,970 litres.
Sur cette somme, 1.071,602 couronnes ont été appliquées à des oeuvres philanthropiques.
On sait que la coui^onne vaut 1 fr. 40 de notre monnaie. Voici la consommation d*eau-de-vie à Christiania depuis rétablissement des Samlags.
Lfi MONOPOLE hE 1. ALCOOL
POPOLATtON,
UTBKS
128,300 habilauLs ^82,843 soit 2,20 par illt'