‹ L'alcoolisme: fléau socialChapitre 32 sur 60 · habifants · texte numérisé non relu

habifants

422,9îi8

Ces chiffres iiiaoiFesteot un progrès ; mais il n'est pas moins certain que, malgré les bienfaits du Samlag, qui rend les excès plus difficiles, il y a encore bien des ivrognes en Norvège ; ainsi, en 1897, on a arrêté pour ivresse publique 17.972 individus, soit 94 poar lOOÛ habitantes, proportion qui ne se rencontrerait jamais dans les contrées làïines.

Une des associations norvégiennes qui a le plus contribué à combattre r alcoolisme est celle qui a été établie en 1877, à Bergen, cité de 66.000 hal>itants* Il existait alors dans cette ville 16 cafés, soit un café pour ^547 personnes. La municipalité a commencé par retirer leur licence à tous les débits sans donner aucune indemnité à ceux dont la licence était révocable ; quelques-uns avaient des licences privilégiées, c*est-à-dire accordées pour la vie {quelquefois avec ' des survivances) ; on leur a racheté leur licence, en calculant Tindem* nité sur le gain des dernières années.

Au Samlag on a accordé le droit d ouvrir 16 magasins ; 4 furent des magasins d'eau de vie « à emporter ».

Les débits sont ouverts de 8 heures du matin à midi, puis de 1 b. 1/2 à 7 heures du soir. Ils sont fermés le samedi ai heure du soir et ne sont rouverts que le lundi k 8 heures du matin. La même mesure est prise les jours de tète et aussi pendant le jour qui précè* de. Ils sont encore fermés les jours d'élection, le jour de la Constitution {17 maij et toutes les fois que le chef de la police lordomiCi

Le Sainlag de Bergen a toujours refusé de faire la moindre concea-

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sion aux cafés, hôtels, etc. Si les voyageurs veulent boire un verre d'eau-de-vie, il faut qu'ils Taienl apporté dans leur bagage» ou qu'ils aillent le boire dans les petites salles enfumées que la compagnie met à leur disposition (i).

A Bergeu, pendant les premières années, les restaurants étaient

riuverts jusqu'à 8 h^ 1/2 du soir ; peu k peu, et actuellement, ils sont, oute l'amiée, fermés le soir à 7 heures»

L'installation de ces cafés ne rappelle pas beaucoup Tinstallation des cafés de Suède» L'intérieur et môme l'extérieur des cafés de Bergen sont très modestes. Ceux-ci ne sont ni vastes ni coiumodos ; on n'y prend aucun repas, et il n'y a ni chaises ni baucs (à llnslar des cafés et marchands de vins de Paris). Toutes lesconsommatioQs se servent au comptoir, et les clients se retirent dés qu'ils ont bu. En effet, rien n'invite à y séjourner ; aucun repas n'y est servi ; on ne peut entretenir de conversations ni lire de journaux.

Telle est la règle suivie dans tous les cafés, sans en excepter deux où Ton peut se procurer des boissons chaudes alcoolisées (grogs au rhum ou à l'eau-de-vic) -

Mais, à cause du prix très élevé de ces consommations, les cafés dont il s'agit ont une clientèle extrêmement restreinte.

D'ailleurs le coutrùle y est sévèrement exercé.

Le préfet de police, qui en est chargé, touche, de ce fait, un traitement de 1.200 couronnes, soît 1.700 francs que lui verse la Société.

L'entrée des restaurants et des cafés est interdite à tout individu dont Taspect indique suffisamment qu'il vient de consommer de l'alcool.

Le Samïag de Bergen n'a pas oublié les travailleurs qui se rendent au cabaret plutôt pour lire et se chauffer que pour se livrer à la boisson.

Il a ouvert dans la ville quatre salles de lecture bien distinctes des débits d'alcooh

Une autre réforme due à la Société est rengagement pris par les domestiques hommes de s'abstenir de toute boisson fermentée. Cette décision a été, par les soins des autorités de la ville, communiquée sous forme d'ordonnance aux marchands de vins et de bière qui ont été mis dans Tobligation de n'employer à leur service que des hommes. Il s'en est suivi qu'à Bergen les membres de la Société ont seuls le droit de vendre et de débiter des spiritueux.

(1) V^ lierLiUon, UtdcOQlinrne.

IS

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Eq somme, les résultats du système adopté dans cette ville o&t été

de tous points satisfaisants.

Bieuque le chiffre delà population ait près fpie doublé, ia consommation de l'alcool^ en 1898, a été de 32,000 litres de moins qu'en 1877, moins d'un litre par habitant.

Le système de Bergen diffère de celui qui fonctionne en Suède surtout en ce que le bénéfice provenant du débit des spiritueux n est pas versé à rAssistance publique dans le but de diminuer les contributions.

En Norvège, le bénéfice revient aux œuvres de bienfaisance,

A Bergen, pendant une période de 21 ans, de 1877 à 1897, k profit résultàut du commerce des eamt-de-vie et autres spiritueux, fut aiasi réparti : 31 0/0 aux hospices et maisons de refuge ; 24 O/O aux musées, bibliothèques et expositions ; 15 0/0 aux parcs, jardins publics, bains et places où des jeux sont établis ; 8 0/0 aux maisons d'éducation, et le reste distri bué, par petites sommes, aux réunions de tempérance, et autres œuvres de charité. Le total atteignit une somme de 2 652.723 couronnes, soit 3.713.812 francs dont bénéficièrent les œuvres ci-dessus énumérées.

Ce mode d'emploi des gains provenant du commerce des eauxde-vie n'a cependant pas obtenu les résultats auxquels on pouvait s'attendre, et il est permis de penser que, sous peu, les autorités se chargeront des institutions soutenues et aidées jusqu'ici par les sociétés de tempérance ; ces ratâmes autorités n'auraient plus dès lors d'inlérôt à réprimer rivroguerie,st les œuvres dont il s*agit ne profitaient plus à elles seules du bénéfice procuré par la vente des alcools.

Depuis 1901, le bénéfice est réparti comme suit: 15 0/0 à fassistance publique ; 20 0/0 distribués aux sociétés de tempérance, et enfin 65 0,0 à TEtat. Ces 65 0/0 seront destinés à la fondation de compagnies d'assurances pour les vieillards.

Cette répartition des bénéfices constitue certainement nn progrès.

Mais, en Suède, on désire généralement que les fonds soient remis à l'Etat plutôt qu'aux sociétés particulières.

Avant 1855, la production de Talcool était très élevée ; chaque propriétaire foncier, petit ou grand, avait le droit de posséder un alambic ; de telle sorte que Ton comptait 173.000 distilleries agricoles pour 3.000.000 dliabitants, et que I on évaluait en 1830 la consommation annuelle par tète, eu alcool absolu, à 23 htres.

En 18t9, à Yexio, quelques jeunes gens formèrent une société doat tous les membres promettaient de s'abstenir totalement de liqueurs alcooliques. En 1830, le naturaliste André Retzius fonda à Stockholm une ligue dans laquelle furent prises les mêmes résolutions.

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' Uapôti'© de la tempérance, Pierre Wieselgren, doyen de Gotheiubourg, réusisit à obtenir Tappui du roi Oscar î'^*', et ses efforts, secoûdos par le célèbre professeur M<igniis Huss» aboutirent à la loi du 18 janvier l85-i, qui édictait les règles suivantes :

Les marchands en gros ne purent vendre moins de 15 kannor (au lieu de 1) ; leur commerce resta d'ailleurs entièrement libre ; ou supprima le privilège des agriculteurs.

Le commerce de demi-gros (mimithandel) pouvait vendre de i/2à 1/5 kannor,de façon qu on ne fût pas forcé d'aller dans un débit pour acheter cette faible provision d'eau-de-vie.

La délivrance des patentes de débit dépendait des autorités locales, sauf ratification du préfet.

Les licences étaient mises aux enchères publiques pour un terme de trois ans au plus ; il ne suffisait pas d'avoir offert la plus grosse somme pour être adjudicataire ; il fallait en outre offrir des garanties personnelles de moralité, et avoir un local de vente jugé convenable.

S'il se fondait une société de vente (Bolag) voulant se charger de Tachât de toutes tes patentes, le magistrat devait s*entendre avec elle pour trois ans ; la somme h payer devait être au moins équivalente à celle que rautorité aurait perçue en vendant les patentes aux enchères publiques.

CesBoiags étaient des institutions exactement pareilles aux Samlags ûorvégiens. C'étaient des sociétés par actions dont les membres s1nterdisaient de toucher phis que l'intérêt légal de leur argent» (( les bénéfices de l'entreprise devant être consacrés à une ou plusieurs œuvres utiles à la classe ouvrière ».

A partir de 1873, les débits privilégiés furent supprimés par voie d'extinction ; le système de Gotcmbourg respecte donc autant que possible les droits acquis en vertu des chartes bourgeoises.

D'ailleurs le choix entre le système des enchères publiques et la concession des débits à un Bolag était laissé à l'appréciation de chaque municipalité.

Le nombre de patentes délivrées auï Bolags n'a cessé de s'accroître, particulièrement dans les villes. Peu à peu, le système de Gothemkourg est devenu la règle générale*

Sans empêcher les excès individuels, il diminue les tentations et rend plus rares les occasions de boire.

Grâce à cette législation, la consommation de reau-de-vie a été réduite, en Suède, de GO 0/^0. Les bénéfices sont encore malheureusèment beaucoup trop élevés : la ville de Stockholm a reçu du Bolag, en 1897, 922.500 francs, qui représentent le tiers des revenus mu-

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Toutefois, des publicistes suédois, dans les brochures récentes parues sur ce sujet, et dont une très distinguée doctoresse nous a fait parvenir de fidèles traductions, signalent plusieurs lacunes dans l'organisation adoptée à Stocktiolm. Dans cette capitale, qui compte plus de 300.000 âmes, T association chargée de la yente de ralcool n'a établi ni salies de lecture, ni restaurauts ; les cafés sont plus nombreux, toutes proportions gardées, qu à Gotliembourg, et la vente des liqueurs fortes y est autorisée pendant beaucoup plus longtemps. Les cafés restent ouverts de sept heures du matin à dix heures du soir ; le dimanche, ils le sont de sept heures à huit et demie du matm et de sept à dix du soir, mais on ne sert d'eau-de-vie aux clients que si ceux-ci demandent en même temps un plat de viande, Pendant la semaine, les cafés sont ouverts le matin jusqu'à 9 heures» et ensuite de midi à deux heures.

La société peut concéder à 133 particuhers le droit de vendre de Talcool, à charge par eux dVcquitter une taxe proportionnée a Vmportance^ évaluée par eux-mêmes, de la vente à laquelle ils procèdent. La taxe est généralement faible comparée aux bénéfices considérables qulls en retirent. Elle produit, tous droits réunis, une somme de 340:950 couronnes, soit 487.549 francs. Les achats d'alcool peuvent ne pas être faits au siège de la société, et, dans ce cas, les cabaretiers et marchands de vin ne restent pas soumis au régime de Gotliembourg qui s'applique seulement aux reslaurauts foDdês par la société, et fréquentés par les ouvriers. Dans ces restaurants, les heures de venta sont limitées. Le bénéfice en provenant est codsidérable : en 1904, il se montait à 75 centimes par litre, soit ea tout, à 3 millions de francs.

La différence ainsi établie entre les cabarets de première et de deuxième classe suscite parmi les ouvriers des sentiments d'hostifilé; ils prétendent que les règles doivent être les mêmes pour tout la monde.

Le contrôle laisse forcément à désirer^ le personnel étant tout à fait insuffisant. Il n y a, en effet, qu'un seul contrèleur pour le service des 86 restaurants de la Société. A Gothemhourg, au moins, U y a deux contrôleurs pour tes 28 restaurants que possède la Socléli^ de cette ville. C'est là Toccasion et Torigine des rixes qui se produisent dans les cabarets, d où intervention du commissaire de poik^ qui, après une plainte déposée entre ses mains, ordonne la fermeturs immédiate de ceux des établissements où se sont produits lea }^h^ graves désordres.

A Stockholm, Ton compte un café par 2.02o habitants, et le nombre d'individus arrêtés pour ivresse est de 40 0/0.

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D'innombrables abus existent encore : ainsi, par exemple, les cabaretiers vendent de la bîùre pour leur compte personneli et la consommation des boissons alcoolisées se trouve par là même augmentée.

Le service est fait généralement par des femmes, ce qui ne laisse pas que de provoquer çft et là quelques scandales (bien que la tenue des employées soit très convenable).

Les boissons non alcoolisées sont vendues plus cher que la bière; — remplacement de beaucoup de cafés est mal choisi : on en voit dans le voisinage des écoles, des églises, à proximité des grands chantiers, etc., d'où une plainte qui fut adressée, le ÎO novembre 1900, par soixante et un pasteurs h THôtel de Yîlle. Cette plainte a eu pour résultat de faire baisser le prix des eaux minérales, et les clients sont maintenant dans Tobligation de commander des plats dont le prix varie entre 30 et oO ôres (45 h 75 centimes) pour avoir droit, en les payant, à deux ou trois petits verres d'eau-dc-vie.

Le Bolûg de Gothembourg a été fondé, en 1865, au capital de 102.500 couronnes. Les actions^ au nombre de 205, appartiennent à une vingtaine d'hal)itants notables de la ville^ qui se sont interdit de toucher plus de 6 0/0 de leur argent.

Cette société était propriétaire de 36 comptoirs au moment de sa création. Les autres débits existant dans la ville devaient lui revenir, A mesure que leur licence prenait fin, et c'est ainsi qu en 1868 elle avait acquis toutes les licences de débits « sur place « dépendant de la municipalité.

Le Bolag ferme ses débits avant? heures du soir. Il a ouvert 7 salles de lecture chauffées pendant les froids ; de plus, il a établi des restaurants populaires.

Le système de Gothembourga été adopté en Finlande, où il a fait tomber la consommation annuelle de 2 1.5 (1881-86) à 1 1.3 (1887-88'.

La législation suédoise offre toutefois matière à perfectionnements. Pour qu'elle atteignît son maximum d'effet, il faudrait que le commerce des boissons fennentées reçût une réglementation : on Ta si bien compris qu'il est question, depuis plusieurs années, d'appliquer aux bières une taxe proportionnelle à leur degré alcoolique. En outre la latitude accordée par la loi d'acheter par quantités de 40 litres laisse toute liberté au colportage dans les campagnes.

Voici maintenant le résumé des études d'un savant Suédois, M» Von Roch, sur l'application du système de Gothembourg.

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LB MONOPOLE DB t ALCOOL

Théorie du système.

La loi se propose de concilier le droit de vente des boissons alcooliqucs avec Thygiène et la moralité.

En principe, les spiritueux peuvent être vendus au détail.

Toutefois, ce débit présentant beaucoup frinconvénients. Fessentiel est de le restreindre le pîus possille et d'arriver par là à diminuer peu à peu rivrosnerie. On atteindrait ce but en Confiant la vente de Talcool à certaines sociétés pour qui en résulteraient certains bénéfices dont le montant serait versé àTadministration de Tassistance publique, et, par ses soins, consacré à des œuvres de bienfaisance. Personne, dés lors, n'aurait intérêt à vendre des boissons fermentées, et c'est là le point de départ d'une réforme utile, car ces réformes ne sont possibles qn'k bi condition de retirer aux particuliers la vente de l'aïcoob

Il faudrait s'attacher aussi i\ supprimer un certain nombre de cafés et à diminuer notablement le nombre d'heures pendant lesquelles la vente de l'alcool est autorisée.

Une oeuvre utile à exercer par une société de tempérance serait, en vertu du système de Gothembourg, et en rappliquant comme il conviendrait, de réagir contre le besoin de boîre, par la création de restaurants hygiéniques où Ton trouverait à bon compte des boissons anti -alcooliques, comme aussi en instruisant les masses populaires, et enles détournant peu à peu de Thabitude des cafés. D'autres moyens pratiques seraient mis à leur disposition : on créerait des bibliothèques ; on les attirerait en organisant des distractions lionnètes.

Le système de Gothembourg constitue une réforme utile et importante, car il rend plus difficile la vente des boissons spiritueusest et il permet de lutter directement contre rivroj^nerie.

Yoyons maintenant où en sont arrivées ces différentes associations de tempérance et de morabté Dans plusieurs villes, à Gothembourg, par exemple, étant dirigées par des boomies honnêtes et compéleuts» elles ont prospéré, et le résultat a répondu aux espérances. Malheureusement, dans la plupart des cas, ces sociétés ou associations sont retombées dans les mêmes abus qu'autrefois, et c'est ainsi que celles qui ne se composaient que d'un petit nombre de membres oot vu s'accroître pour elles de grands bénéfices, en dehors de rintérêt h cinq pour cent. La part des directeurs était trop élevée ; les cljefs des magasins de vente touchaient une certaine part dans les béoéli" ces ou par chaque litre vendu. En province, des agents vendaien* de grandes quantités d alcool ; de pauvres paroisses profitaient àe

LE MONOPOLE Dtf L ALCOOL

roccasion, excellente pour elles, et augmentaient leurs revenus en se livrant au commerce de Feau-de-vie.

Il en était de même de celles qui désiraient ehunger quelque chose à leurs habitudes. Souvent aussi les loyers se payaient en échange d'eau-de-vie ; on en achetait en fraude, de sorte que^ au lieu de dînai niier, rîvrogncrie ne faisait qu'augmenter : d ailleurs, on faisait tout pour la propager.

Les abus devinrent bientôt si graves qu'une enquête officielle fut ordonnée ; habilement menée, elle fit découvrir des faits extraordinaires ; la loi de 18î)5 sur la vente de ralcool en fut la conséquence ; on espérait ainsi mettre un terme aux exactions qui se commettaient journellement. Cette loi a exercé certainement une heureuse influence sur les sociétés de tempérance, et pourtant on ne put arriver k supprimer complètement toutes les irrégularités.

Yoici ce que nous révèlent les rapporteurs de la loi nouvelle.

Certaines associations fonctionnent dans des villes peu importantes dont la population ne dépasse pas trois à quatre mille habitants: les unes abandonnent aux patrons des cafés un bénéfice direct sur la vente des boissons alcoolisées ; d^autres paient aux aiembres de ces sociétés un intérêt supérieur k celui de cinq pour cent ; quelquesunes baissent sensiblement le prix de Teau-de-vie, de 1.20 couronnes à 1 couronne, par exemple, par litre, pendant la semaine de Noël.

L'association de Joderkoping autorisa un particulier à vendre de Teau-de-vie, et celui-ci en profita pour accaparer tous les acheteurs.

La société de Karlsham et celles de quelques autres villes facilitèrent la consommation des spiritueux h ceux qui en avaient depuis longtemps contracté riiabitude, et ce, en élabfissant une vente au détail dans la salle même où se trouvait le café. Ainsi, ceux qui n'avaient pas besoin dVn litre entier d'alcool pouvaient n'en prendre qu'un demi. Il faut remarquer, eu effet, qu à Stockholm, personne ne pouvait, en 1903, acheter moins d'un litre à la fois, et le prix en était fixé à 2 fr. 20.

D'autres enfin paient, h la direction, un salaire beaucoup trop élevé, et celle de Pitea, qui est minime, reçoit, pour 5 conférences par an. 1.500 couronnes ou 2.200 francs.

Les rapporteurs de la loi sont très sobres de détails sur la manière de procéder des sociétés dont nous avons parlé, et sur les responsabilités qu elles encourent. Pour s'en rendre un compte exact, il serait absolument nécessaire d'inspecter îes établissements où se fait le commerce des liqueurs fortes ; des visites y ont été faites, mais malheureusement elles n ont laissé que des impressions fâcheuses, et si quelquefois on ne trouve rien qui soit contraire aux lois et règle-

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raents en vigueur, d'un autre côté on découvre qu'il existe certaines pratiques qui anéantissent tout le système de Gotbembourg. Ainsi, la plupart des sociétés font bénéficier les patrons de la \ente de la bière, qui, par suite de cet arrangemeot, augmente sensiblement.

Dans beaucoup d'établissements de marchands de vin on applique le principe de *< tempérance »> en fixant k un tarif supérieur à celui d'une bouteille de bière le prix d'une bouteille d'eau gazeuse. Ailleurs» la visite des cafés et des établissements similaires se fait trop négligemment ; les choses se passent mieux à Stockholm, où les inspecteur.^ surviennent à Timproviste. Quoi qu'il en soit, et d'une manière générale, il y a, sur le passage des ouvriers, un trop grand nombre de cafés.

On doit pourtant signaler avec éloge les essais faits un peu partout dans l'intérêt du système. A Gothembourg, notamment, le nombre des cafés a diminué et le service est organisé comme suit : De neuf heures du matin h six heures du soir en hiver, et en éré jusqu'à neuf heures, la vente de l'alcool est autorisée ; les dimanches et fêtes, les cafés ne sont ouverts que de 1 heure h 3, et celuilà seul qui prend un repas a droit h un apéritif.

La société de Uothera bourg a supprimé, pour les patrons des cafés, le bénéfice provenant de la vente de la bière ; leur seul profit se trouve dans le débit des boissons non alcoolisées, et dans les repa? servis à ceux qui les commandent.

La même société a aussi essayé la création de restaurants et de bibliothèques ; elle s'en est bien trouvée. Quatre restaurants à Gothemhourg, une vingtaine à Stockholm se sont ouverts en peu de temps. La nourriture y est bonne et écoDomique. Dans les premiers temps tout le monde prenait, dit-on, Tapéritif ; aujourd'hui, il n'en est plus de même ; un petit nombre seulement de clients ont conservé cette détestable habitude.

Ces établissements possèdent de vastes salles ; elles sont claires ; les ouvriers, y étant très commodément installés, s'y plaisent et le^ fréquentent,

La société de Gothembourg^ a inauguré, mais dans d'autres partif^s deîa ville et à dislance des cafés, des salons de lecture, au nombre de sept, oITrantdes distractions très agréables et dontrentrêe est gratuite. Les visiteurs ont à leur disposition livres, journaux quotidiens^ mensuels et illustrés, et Ton peut s'y faire servir à bon compte des boissons non alcoolisées. LVn dernier, ces salons ont reçu la visile de 300.000 personnes.

Le système de Gotbemhourg n'a pas été apphqué partout confofj mément au désir des fondateurs. En voici la raison. ■

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Les membres des sociétés de moralité, et ceux de tempérance surtout, n'ont pas surveiUé, comme ils auraient dû le faire, les agissements des différentes associations ; ils n'ont pas provoqué les réformes utiles ou même nécessaires. Ils sont devenus, pour ainsi dire, les adversaires du système ; un esprit d'économie excessive s'est révélé dans son foQctionnement. Beaucoup d'abus eussent été évités si les sociétés de tempérance» organisées comme il convenait, s'étaient intéressées à des réformes pratiques pour le présent , sans se préoccuper de Tavenir* et si elles avaient su critiquer les actes des associations» soit par des observations verbales, soit par la voie des journaux, soit môme en s'adressant aux autorités.

La grande consommation de bière, qui a décuplé dans le cours des vingt cinq dernières années, a eu pour conséquence immédiate de diminuer celle de lalcool, principalement au début.

Un systènie qni consiste il donner à chaque contribuable un intérêt personnel et à le faire bénéficier du produit de la vente des eauxde-vie offre de graves inconvénients.

Lorsqu'on emploie ce bénéfice à diminuer les contributions^ il est certain que les contribuables ont intérêt k ce que la consommation de Talcool soit la plus grande possible, et qu'ils ne demandent, par suite, qu'à user de la permission de vendre un tel produit.

Les associations n'ont même pas songé k employer tout ou partie de ce bénéfice soit k la répression de rivrognerie^ soit à secourir ceux qui n'ont pu résister au désir de s'enivrer, sort h la création de maisons de santé destinées k recevoir tes alcooliques» tant est grand le besoin de recueillir de la vente des liqueurs fortes le plus de bénéfices possible,

A la campagne, aux environs de Stockholm, il existe deux établissements hospitaliei's destinés aux individus devenus alcooliques ; ils ODt été construits il y a quelques années par des particuliers; le prix «fadmission, malheureusement élevé, ne permet de recevoir qu'un nombre restreint de pensionnaires, et Ton ne dispose que de deux l&laces gratuites.

Nous trouvons également, en Norvège et en Danemark, des ïiiaisons similaires; elles y ont été construites sur une plus vaste échelle.

On entend rarement parler de diminution dans la vente de l'alcool, Surtout d'une diminution due à la bonne volonté des débitants ] au <ïontraire, dans ces dernières années, on a constaté une progression dons cette vente ; le nombre des maladies, ayant pour cause Talcoo- Usme, a augmenté^ et il en est de même de la criminafité ; ainsi, par exemple, les maladies qui, en 1893, étaient de 166 pour 100.000 ha-

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bitants, ont atteint on 1897 le chiffre de 243. Le nombre des crimes commis s'élevait, en 1894, à 33,3 ; en 1899, il était de 40,6. Le bénéfice recuiMlli par !es associations leur pertiiettait d'entreprendre de brillantes affaires; elles s efl'orçaienttrentreteiii ries caisses de TEtat, de sorte qne le montant des contributions dont étaient redevables les particuliers diminuait. C'était contraire à l esprit du système.

Pour réformer les abus, dit M. Yon Roch, il importe que les chefs des différentes associations soient des g^ens d*une haute moralité. Personne, et c'est là la première condition du succès, ne devrait avoir le moindre intérêt au monopole de Talcool ; aussi faut-iï ne pas laisser subsister l'habitude d'appliquer tout le bénéfice à diminuer les contributions pesant sur les particuliers.

Qu'une commission spéciale nommée par l'Etat obtienne de régler le mode d'emploi des bénéfices réalisés par le commerce et la vente de la bière et des eaux-de-vie, dans le cas où celle-ci serait confiée à l'association. Cette commission distribuerait une partie de ces bénéfices en se basant non pas sur leur importance, mais sur le nombre d'habitants. L'ivrognerie étant plus difficile à combattre dans lea grands centres que dans les campagnes, les paroisses des villes devront être plus favorisées et obtenir une part de bénéfices plus grande. Quant au reste, il reviendrait à TEtat. Dans les villes, les paroisses sont g:énéralement peu nombreuses ; elles ne devraient participer aux bénéfices qu'à la condition d*accepter le système d association ; mais, pour des motifs bien évidents, les paroisses des campagnes qui ont légalement renoncé au commerce de falcool doiveut avoir part égale à celles où ce commerce s*cxerce par les associations,

A quelles œuvres doit-on employer le gain provenant du coni! merce des spiritueux?

Un ouvrage anglais « Tlie tempérance problem and social Reform > a consigné des observations relativement au système de Gotbeni* bourg ; les auteurs ne prisent guère la manière dont sont employés, en Suède, tes bénéfices.

Gommcut les paroisses devront-elles employer les revenus! leur procure le commerce de f alcool ? La réponse est bien simple : à s'efforcer de combattre llvrognerie en créant des institutions susceptibles de remplacer les cafés et ensuite en provoquant leur ferme^ ture. Le devoir d'une société de tempérance ne consiste pus seu* lement à empêcher ou h interdire Tusage des boissons spiritueuses) elle doit faire plus: remplacer l'alcool par des boissons moins nuisibles, et surtout élever le moral et cultiver l'intelligence du peuple<| il s*agit simplement, pour y arriver, d'appliquer h cette œuvre leb#" néfice provenant du trafic de Talcool, Il est indispensable, en tous

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cas, que les paroisses décident elles-mômes comment on emploiera ces revenus tirés du commerce des lifjueurs, et ce choix devra être approuvé par une commission qui sern nommée pfir rEtat, ou, à son défaut, par un jury spécial reconnu responsahlu. Cette conmiission ou ce jury auraient pour régule de décider que ces bénéfices ne jeerviraient qu'à comliatlre lo fléau de Falcoolisme, sans avoir le 'souci de favoriser les contribuables.

Pour faciliter lemploi de ces revenus ou bénéficesp il faudrait» à difTérents endroits, établir des cafés ou seraient servies des boissons ne renfermant pas d'alcool, comme le tbé, le café ; en été, des limonades rafraîchissantes ; ajoutez à cela des restaurants ù bon marché à proximité des lieux de travail ; tout cela contribuerait au bon fonctionnement du système,

11 y aurait encore lieu de veiller k Tinstallation de cours de cuisine.

On construirait des maisons de retraite pour le peuple ; ces maisons auraient des jardins d'hiver où Toû ferait de la musique, des salles de gymnastique, et d*autres enfin serviraient de lieux de réunion de sociétés, telles que, par exemple, les sociétés de secours mutuels, etc. Des concerts, des lectures populaires, en un mot, tout ce qui tendrait à éloigner le poblic des établissements malsains existerait dans ces sortes de lieux de refuge, et on oublierait bien vite le chemin des cafés.

On organiserait aussi des expositions, soit artistiques, soit industrielles où Ton pourrait se rendre en dehors des heures de travail. Pour la jeunesse, on installerait des jeux de toutes sortes, de sports, d'équitation, et des professeurs seraient à la disposition de tous ceux qui voudraient profiter de leur enseignement.

Pour les jeunes enfants, ces maisons auraient des salles de travail, où ils seraient admis h partir de quatre ans ; on leur enseignerait tout ce qui serait en rapport avec leur âge.

Enfin, les bénéfices pourraient aussi, à Toccasion, servir à Tonvrier ; on lui consentirait des prêts sous certaines conditions, et Ton n'épargnerait rien de ce qui rendrait plus efficace encore la campagne entreprise contre l'ivrognerie.

En supposant une diminution, même assez sensible, dans le commerce des alcools, le bénéfice serait suffisant pour fonder et entretenir des établissements hospitaliers. Actuellement, en effet, le profit que retirent les associations en se livrant, pour leur compte personnel, au trafic des spiritueux, s'élève à environ dLx millions de Couronnes, soit 14 millions de francs, c'est-à-dire que pour chaque Utre d'alcooï vendu le bénéfice ressort à 08 centimes. Et si les sociétés se chargeaient exclusivement de toute la vente des boissons

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alcoolisées, leurs bénéfices seraient encore bien plus considérables ] ils se mooteraient h une vingtaine de millions de couronnes, ou 28 millions de francs.

On le voit, les ressources nécessaires à. Tentretien et au bon fonciionnement des établissements destinés à attirer le peuple sont largement suffisantes et ne feront pas défaut.

Si, grâce au système de Gothembourg, la consommation de l'alcool vient à diminuer dans des proportions telles qu'elle se réduise h rien ou à presque rien, l'on peut craindre que le bénéfice résultant de ce commerce devienne insuffisant, et que, par suite, Ton ne puisse plus soutenir toutes les œuvres de bienfaisance qui avaicat été organisées dans des temps prospères. Pour parer h ce danger, il y a UD moyen bien simple : c'est de placer le bénéfice entier résultant de la vente de l'alcool et de TalTecter spécialement non seulement aux œuvres existant déjà, mais encore à celles que Ton pourrait créer plus tard. 11 serait facile, d'ailleurs. de fonder une caisse de secours ou d'assurances destinée aux ouvriers ou toute oeuvre analogie.

Que Ton permette la vente de falcool ; mais, au moins, qu'oala rende utile, qu'on la règle d'après les principes établis jusqu'ici, et que la morale n en sou lire pas.

C'est en lUOO que M. Von Roch émettait ces appréciations sur le système de Gothembourg

Notre correspondante de Stockholm nous écrit que depuis cette éj que la situation a bien changé dans cette belle capitale.

Si FEtat prend toute la responsabilité de la vente de l'alcooljl s'efforce de plus en plus de combattre rivrognerie.

En ce qui concerne Stockholm, tous les samedis, à 9 heures du soir, pour la minime redevance de 3o centimes, les ouvriers peuvéût assister à une séance donnée spécialement à leur intention.

Des concerts et des courses sont organisés pour les travailleurs moyennant des prix très modérés, 15 centimes par exemple; ^^^ salles, des réfectoires pour écoliers sont ouverts depuis peu ; rien n^-^ oublié de ce qui peut détourner la population de l'atteinte du fléaa.

Le directeur principal de l'association « Système de Gothetn* bourg », à Stockholm, ancien chef de la police, M. F. RaljeBtôiif vient de faire paraître une étude sur Talcoolisme. Il expose que dati^* la capitale de la Suède la consommation de leau-de-vie a dimiou'* depuis 1877 de 12.04 à 4.27 litres par individu, chiffre consta*^ pour 1905.

La situation est à peu près la même pour la vente de Teau-de-^^

LE MONOPOLE li£ L\AXCOOL

qui, de 11. -43 litres par personne en 1877, est tombée, en Tannée 1905, à 8.29 litres,

D'afirès la même statistique, toute la vente de Teau-de-vie de l'association du it Système Gotlierabourg )> a diminué de 23.49 litres tète pour descendre h 12.o<î de 1877 à 1905.

Tja vente et la dégustation d'alcool, surtout de celui de qualité supérieure, comme pmich, cog:nuc, whisky, livré a domicile, constatent qu'il n'y a pas eu d'augmentation.

La statistique des procès pour ivresse semblerait indiquer le contraire. Elle prouve que le nombre des contraventions porté devant le tribunal de police de Storkbolm s'est élevé à lliJjBo en 1904. alors qu'il n'était que de BJ88 annuellement de 1876 à 1880.

En s'en tenant à ces chifî'res, il est difficile d*apprécier si Tivrognerie a, ou non, augmenté.

Aujourd'bui la statistique est plus complète qu^ autrefois.

On sait, en efîet, que, pendant l'année 1904, 870 individus ont été condamnés pour ivresse 2 fois ; — <j3(),3 fois ; — 137,4 fois ; — 87,5 fois. Mais le ciiitï'rc des condamnés n'augmente pas ; c'est celui des contraventions qui se muliplie.

En lOOi, nous voyons 2 personnes condamnées 27 fois, une autre

*et une troisième 24 Fois.

3.065 condamnations concernant 9.401 délinquants seulement ont donc été prononcées.

C'est le zèle très actif de la police qui a donné lieu k cette augmentation de procès-verbaux suivis de condamnations pour ivresse. H faut encore noter que parmi les individus condamnés beaucoup sont étrangers : à la ville, nous en comptons 2.978. ^■pn ce qui concerne la bière, M. Rubenton n*a pu se prononcer, Tuite de statistique. Il était cependant d avis que la consommation en était encore trop grande, et, d'après lui, une nouvelle loi pouvait Seule en empêcher l'abus.

L'auteur ne montre qu'une confiance très limitée dans la loi du l*"* janvier iOOll Elle ne pourrait, d'après lui, produire d'effets salutaires que si elle soumettait les boissons fermentées k une association d'après les principes du système de Gothembourg, Quant au ^in, il est, dans la presqu'île Scandinave, une quantité négligeable.

Nous avons lu dans un journal de Stockholm, le « Dagblad »>, nu- Hïéro du 15 mars 1906, un intéressant article de M. le consul Oscar Ekmann qui est un des auteurs du système de Gothembourg et dont Tactivité ne s'est jamais démentie dans la lutte contre l'alcoolisme. M. Ekmann conserve toute sa foi dans Tefficacité du système ; tuais il déplore, lui aussi, les altérations qui l'ont déformé en Suède

LE MONOPOLE DE L ALCOOL

en le rédiusant à une combinaison financièreja!orsqu*il devrait rester seulement une institution philanthropique et morale. C'est ainsi que îes patrons payaient une partie du salaire de leurs ouvriers en bons d'eau-de- vie ù prendre cliez les débitants; que lés sociétés recherchaient des bénéfices illégaux^ dépassant Tintérôt du capital ; que l'argent destiné à des œuvres de bienfaisance était détouj'né de sou but ; que les ouvriers ont eu la facilité de s*enivrer avec la bière, et d'en cousaminer jusqu'à sept litres par jour. L'auteur en conclut que la bière doit ^trê soumise aux mêmes règlements que Teau de-vie, de sorte que les bénétîces du débit de cette boisson alcoolique soient versés dans la caisse de la société, au lieu de proliter aux restaurateurs. C'est, on peot le dire, un cri général en Suède,

Ainsi se trouve dénaturé, le système de Gothembourg, dont le but final doit tendre à raraélioratlon du sort de la classe ouvrière et à la cessation de la lutte entre les classes. 11 faut dit M. EUmaDiip sacrifier au besoin des recettes communales pour terrasser « Thydre» qui dévore la nation.

Depuis 25 ans, en Finlande^ chaque municipalité réglemente le coniuierce des liqueurs spi ri tue uses.

Le système de Gothembourg est en vigueur dans les villes. Les actionnaires reçoivent 6 0/0 Le surplus des bénéfices est consacré à des œuvres d'utilité publique qui ne sont pas légalement obligatoires.

Les conseils municipaux des villes ont le droit de prohiber entièrement le commerce au détail de Teau-de-vie. Les tentatives qui oP-^ été faites dans ce sens paraissent avoir échoué.

En ce qui concerne le commerce de la bière, du vin et des alcool * exotiques (rhum, cognac, genièvre et autres boissons coûteuses ^^^ de luxe), le nombre des licences, la place des boutiques, et lattribi*-'' tion des licences dépendent des conseils municipaux.

Dans les campagnes, il n'y a pas de conseil municipaL Les affaire ^ communales sont administrées par l'assemblée des contribuables fle^ ^ femmes contribuables en font partie). 11 arrive souvent qu'elles pro ^ hibent le commerce de tonte boisson fermentée.

La loi défend limportation de l'alcool, et il n'y a pas d'exportatiom^ * Il en résulte que le chiffre de la production (déterminé avec préci-"^ sion par la Régie) représente exactement ralcool consommé.

Par ce que nous venons d'exposer au sujet des différents système ^^ adoptés pour établir le monopole de la vente en gros ou en détail de^^ boissons fortes, il est facile de se rendre compte de Tefficacité de ce^^ moyens fiscaux. Ce serait donc une œuvre utile et patriotique d^^

LK MONOPOLE DE l' ALCOOL 207

rechercher, dans le système de Gothembourg, ce qu'on pourrait essayer en France dans cet ordre d'idées, par exemple la concession de la yente de Talcool faite à des sociétés honorables, dans le but non de spéculer, mais de combattre Talcoolisme.

Ce qui empêche malheureusement notre pays de suivre cette voie, c'est la chaîne qui le rive à la plus funeste des libertés, celle des cabarets. M. Lejeune, ministre d'Etat de Belgique, a dit un jour pourquoi ni ses compatriotes ni les Français n'accepteront facilement de se soumettre au régime des peuples Scandinaves. Voici comment il s'exprime à ce sujet :

« Dénombrez les cabaretiers, leurs familles, leur clientèle, leurs fournisseurs, qui forment contre la tempérance l'armée dont ces centaines de mille de cabarets sont le campement ; calculez les intérêts d'argent, les habitudes invétérées que cette armée représente, considérez les influences dont elle dispose, et demandez- vous ce que peuvent contre elle la propagande et la persuasion. »

L'ALCOOL DINDUSTRIE

Il knporte d*étab1ir uu droit différentiel en faveur des eaux de-ij de vin, et de doEQcr un avantage, comme compensation, aux aleod dénaturés en vue d'un usage industriel. C'est un vœu qui a été émis par la société d'agriculture. Gomine Ta dit un orateur parlementaire le 14 mars 1902, le moment est venu d'adopter tes mesures légales de protection des intérêts légitimes du producteur et de préservation de la santé publique depuis si longtemps réclamées.

Il est temps d'établir un divorce entre tes matières alimeotaires et les produits frelatés de la contre façon, et de consacrer la distinction fiscale et commerciale absolue entre talcool dlnduslrie et les eauxde-vie naturelles, comme on Ta déjà fait entre la margarine et k beurre, et comme le Nord lui-même demande qu'il soit fait pourïa saccharine et le sucre.

Dans cette séance» la Chambre a été invitée à étudier la question des droits sur Talcool d'industrie.

Si, comme Ta dit M. Delcros cet alcool pouvait être chassé de la consommation de bouche, pour être uniquement employé aux besoins industriels, c'est ù-d ire au chauffage, A Péclairage, et à la force motrice, tout le monde y gagnerait : Thygiène publique, les producteurs de vins et d eaux-de-vie de vin, la fabrication des alcools dlii* dustrie et !e Trésor.

Au mois de février 1903, la Compagnie des alcools français, en émettant ses actions, déclare que Talcoof chimitpie, comme toutes les sortes d'alcool agricole ou autres qu'elle traite, n*est, entre ses mains, qu'une matière première et que, dans aucun cas, elle ûû livrera à la consommation cet alcool autroment que sous forme de dénaturé et carburé, soit propre au chaulFage,à Téclairage et à la force motrice.

Cette honorable société, dans le hut qu'elle poursuit, en se proposant de substituer l'alcool français au pétrole étranger daoî^ ses diverses applications, ne vient pas concurrencer, comme on pourrait ^^ supposer, les 12 millions d'individus qui s'occupent en France à^ rindustrie de l'alcool ou de la culture des produits dont on le tire*

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