‹ L'alcoolisme: fléau socialChapitre 34 sur 60 · LES CABARETS ET U& DEBITANTS · texte numérisé non relu

LES CABARETS ET U& DEBITANTS

Au mots d*octobrft 11K>2, la municipalité de Pithiviers a pris une excellente décision. Dans sa précédente sesj^ion, le conseil d'arrondissement, pour réprimer l'alcoolisme» avait émis un vœu tendant à la réduction du nombre des cafés et dél>its de vinJl y a, dans Pithiviers, 94 établissements de ce genre. Le com^eil municipal^ par 16 voix contre i sur 20 votîuits, a d'abord conscicré le principe, puis décidé qu*à Tavenir aucun nouveau débit ne pourrait *Hre créé à moins de 500 mètres des éf?;lises, écoles, hospices et cimetières de la ville* Gomme personne n'aura envie d'établir des cafés en pleins champs, il esta prévoir qu'il ne s'en ouvrira |*Iusde nouveaux.

fin 1ÎJ05, le moire de Lvon étail arrivé, au bout de quatre ans, k réduire de 700 les 5.000 débits de vin qui existaient dans cette ville.

Les autorités pourraient s'entendre à Telfet de fixer, pour tes fêtes locales, des heures combinées de manière à contrarier les habitudes alcooliques.

Est-ce que les propriétaires qui ont le sentiment de Hntérèt social ne pourraient pas, dans les baux qu'ils passent, ioterdire à leurs locataires la tenue de débits de boissons ?

M. Rendu, réminent conseiller municipal de Saint-Thomas-d'Aquin, firopose, en 1906, de limiter le nombre des déhits de boisson dans les maisons nouvelles en insérant une clause spéciale au cahier des charges concernant la vente de terrains expropriés.

Signalons aussi ^ pour 1906, la décision de la Conférence d'AIgési ras, qui, sur la proposition de Sir Â. Nicholson,a décidé de transmetrtre à rexamen du corps diplomatique à Tanger on vœu tendant à resteindre Timportation et à interdire la fabrication au Maroc des boissons alcooliques.

Etat actuel de la question des cabarets devant le Pai'lement.

En 1899, M* Jules Siegfried, sénateur de la Seine-Inférieure, présentait une proposition relative à la i*égJementalion des débits de boissons. Une commission fut nommée pour Texaminer ; elle vient, après quatre ans, de terminer ses travaux; et son rapporteur, M. Eugène Guérin, sénateur de Vaucluse, a récemment fait connaitre ses conclusions.

Ce rapport cause une première surprise ; il nous révèle que le représentant du gouvernement, entendu par ta commission, s'est montré peu favorable à la réglementation des débits de boissons, et cela pour deux motifs principaux : Tun financier, l'autre prétendu moral.

Motif financier : u L'alcool est une matière essentiellement imposable ; il fournil à TÉtat et aux communes des ressources împortan-

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tes ; illeur procure 400 millions par an. N'est-il pas à craiodre que toute mesure qui a pour objet et aura pour résultat de restreindre la consommation de Talcool n'exerce une répercussion fâcheuse sur le budget de TEtat et sur les budgets locaux, et ne tarisse une source précieuse de revenus ? »>

Motif moral ; « Qu'on le veuille ou non, qu'on le déplore ou qu'on s'en réjouisse, le débit de boissons a joué et joue encore un rôle considérable dans la politique de la troisième République, »►

M, Eugène Guéri n refuse de s'arrêter à ces objections, trouvant qu'une considération prime toutes les autres, à savoir que quand on connaît le remède a un mal très grave, on est inexcusable de ne pas en essayer l'emploi.

Pour lui, il y a une relation certaine —la relation de cause à effet -» entre Tauginentation du nombre des débits de boissons et renvahissernent de ralcoolisme.

t( Depuis longtemps, dit-il, on a dénoncé comme le facteur principal de ralcoolisme Taugmeûtation sans cesse croissante du nombre des cafés, cabarets et débits de boissons de toutes sortes*

« C'est le pullulement des lieux de consommation sur place, où la passion funeste naît de foccasion, on elle se propage et devient chronique, qui a contribué à rintcnseet rapide développeuientdu tléau, et ce pullulement lui-même n'est que la conséquence de la loi du 17 juillet 1880, qui a proclamé la liberté absolue des débits de bois» sons. v>

«< Si r augmentation du nombre des débits de boissons, dit le rap* porteur, est, sinon la cause unique, du moins une des causes de l'alcoolisme, et si cette augmentation est, elle-même, le résultat <îe la loi du 17 juillet 1880, Pabrogation ou la modification de cette loi dans le sens d'une limitation du nombre des cabarets s'impose logiquement à fattention du législateur» *

La commission n'a, d'ailleurs, fait que s'inspirer de Texemple donné par quelques-unes des nations qui ont entrepris, parfois arec grand succès, d'arrêter les progrès du mal* Elle pouvait clioisir entre cinq systèmes : interdiction totale de la vente de l'alcool, fflûnopole de cette vente entre les mains de TEtat, coût élevé des licences, réglementation et surveillance des débits par la police, enfin timitation légale du nombre des établissements. Elle s'est pronoi^ cée en faveur de ce dernier*

Aux termes du projet présenté par la commission, le nombre d^s débits serait limitativement fixé à 2 pour 600 habitants et à 1 pour 300 habitants au-dessus de ce chiffre par commune et, à Paris» p^r arrondissement. 1

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