EUROPE
^■.G*est là un salutaire exemple que la France Ferait sagement iVimi- ^Hr. Nous rappelons l'article 4 de la loi du 20 mars 187^ : ^" « La préparation ronceotréc ronnue sous le nom d'essence d'absinthe ne sera plus fabriquée et vendue qu\\ titre de substance médicamenteuse.
< Le commerce de ladite essence et sa vente par les pharmaciens s'eiïectueront conforriiéraent aux prescriptions des titres 1 et II de rordonnance royah^. du !29 octobre 1810. Toute contravention aux prescriptions dudit article sera punie des peines portées en Tarticle l"*" de la loi du 111 juillet 1845. »
Cette dernière loi est ainsi conçue :
^^ « Aht. l^"^, — Les contraventions aux ordonnances royales portant ^fegtemeut d'administration publique sur la vente, Tachât et remploi ^nes substances vénéneuses seront punies d'une a m en de de 101} fr. à 3*000 fr, et d'un emprisonnement de six jours a deux mois, sauf application, s'il y a lieUf de T article 463 du Code pénal (circonstances atténuantes), n
Donc Tessence d'absinthe est déclarée toxique, et constitue un médicament.
Mais, en faitjes pharmaciens ne vendent pas ressence d'absinthe,
Marce qu'on ne la voit jamais tij2:urer dans les ordonnances médica- É, et personne même n'en vend. Ce sont les fabricants de la liqueur Ssinthc qui fabriquent leur essence, et c'est la liqueur qu'ils vendent, Gt non pas resscnce. De telle sorte qu'on peut dire que la loi de 187^ n'a été qu'un coup d'épée dans Teau, et qu'au point de vue de la santé publique elle n'a jamais été appliquée.
La France doit donc, sans hésiter^ édictée la prohibition si sagement adoptée par sa voisine du Nord.
En Hollande, avant 1881^ le commerce au détail des boissons *ô'exert]ait sans aucune entrave. Il y avait dans le royaume 43.950 débits.
La loi très rigoureuse du 28 juin 1881 limita te nombre de ces établissements, à raison de 1 par 250, 300, iOO et oÛÛ habitants. Le nombre des débits diminua de moitié ; il n'était plus que de 24.000 en 1896.
Toutefois, l'effet sur la consommation fut médiocre ; de 9 L 8 elle passa à 8 L 7. On vit même, dans la province d'Overissel, avec une diminution de M pour 100 dans le nombre des cabarets, la quantité consommée augmenter de 0, 1 pour 100*
Dans ces pays, un grand nombre d^antialcooîistes demandent la prohibition totale des boissons fortes.
D'autres se contentent du droit accordé aux électeurs d'une com-
l'alcoolisme dans les pays ÉmANGERS
des i
niune d'y limiter et même d'y interdire complètement le^ débits d^ boissons alcooliques.
Le système de la limitation des cabarets a été étudié dans la CoiP fédération helvétique ; mais il n'y a pas rencontré de partisans cdû vaincus.
Une enquête conduite par le Conseil fédéral suisse « a mont « dit M. Ladame, que le parallélisme entre la consommation des « boissons alcooliques et le nombre des débits n'était point *t règle générale, comme on le croyait ». Elle fit voir que les cai tons où les débits étaient le plus nombreux étaient justemenf ceux où la consommation était moins forte, et que ceux où il y avait le moins d'auberges — le Valais excepté — plus spécialement infestés. <r C'est qu en Suisse, Teau-de-vie, plus encore que le vin, se <( consomme dans le domicile privé, et que cette consommation^ « notanament dans les contrées atteintes par Talcoolisme, n'a pas « son origine ni son fondement principal dans le cabaret, mais bien « dans t'usage domestique (l). >^
Dans plusieurs cantons suisses, comme en Autriche et dans 1( grand-duché de Bade, on interdit pour cinq ans Taccès des débits boissons aux individus coupables d'intempérance notoire. En Alle^ magne, en Autriche, on interne les ivrognes.
En Angleterre, il y avait, d'après les travaux statistiques i M. Moller, en 1880, 565 cabarets pour 10.000 habitants ; à cei époque, la consommation de l'eau-de-vie était de 2 1. 95 par tèi Elle montait h 7 L 95 en Ecosse où il n'existait que 346 débits pour iO.OOO habitants, et de 4 1.54 en Irlande, où la proportion des débits était la même qu'en Ecosse,
Depuis, le nombre moyen des cabarets qui, en 1883, était de pour 370 habitants, est tombé à 1 pour 430 , c'est-à-dire a dtmiai de 1/7*. La consommation n'a fléchi que de 5,4 pour 100, soit l/l^S et encore cette diminution pourrai! elle être mise à Tactif de la propagande antialcoolique privée, qui est très bien organisée dans toute la Grande-Bretagne, Mais il ne faut pas conclure de ces résultats minimes que la diminution du nombre des cabarets soit une mesure k négliger ; elle a au contraire, comme nous l'avons dénioa^ tré, une très réelle importance pratique.
D'après les lois anglaises, un corps spécial de magistrats accord® des licences, les refuse ou les retire. La fermeture des débits est, obligatoire à certaines heures et à certains jours.
Le 9 avril 1902, le Parlement avait voté certaines mesures pour
(t) Message du Conseil fédéral^ 1864.
TCTepression de Fivrognerie, et notamment l'enregistrement de tous les clubs,
A la dernière session de !a Chambre des Communes, en 1901, le ministère a fait adopter en seconde lecture une mesure lé^^islative très importante ; nous voulons parler de la w loi pour la suppression des cabarets » (Licensing Bill),
Depuis 4 ans, le nombre des tavernes a toujours diminué chez nos voisins d'Outre-Manche. Le Royamno-Uni possédait, en 1879, 157.000 cabarets; il n'en a plus aujourd'hui que 100,000. Cependant le Parlement anjK^lais trouve encore trop lente cette diminution, puisqu'il vient d'adopter (par 340 voix contre 147) le bill dont nous parlons, pour donner aux seuls tribunaux trimestriels d^assises le droit de statuer sur les licences.
Ces permis sont renouvelables tous les ans, îl suffirait donc que les magistrats refusassent de confirmer la licence du d(?bitant pour supprimer le cabaret. Mais ici se pose la question d'une indemnité, et c'est elle qui, jusqu'il ce jour, a fait échouer la solution du problème. Les deux grands partis politiques, Wighs et Tories, sont très divisés sur ce point. Les débitants sont les auxiliaires dévoués des unionistes à qui ils prêtent un puissant concours dans les campagnes électorales. En retour de ces bons offices, les Tories, afin de témoigner leur reconnaissance h leurs alliés» voulaient que tout cabaretier dont la licence était supprimée reçût une large indemnité aux frais du Trésor public. Cette proposition n'était pas du goût des libéraux ; ils ne voulaient pas entendre parler d'une indemnité quelconque au profit des débitants expropriés. La difficulté menaçait de s'éterniser, lorsque le gouvernement la résolut en présentant le bill dont nous parlons et dont voici le résumé : Les cabareliers devront constituer à leurs frais une caisse d'assurance mutuelle de la valeur d'un miOion sterling, laquelle paiera une indemnité aux débitants dont la licence sera supprimée. Dès lors les magistrats pourront procéder tous les ans à la suppression d'un certain nombre de cabarets. 1,6 principal reproche que les libéraux adressent au bill, c'est que l'indemnité profitera en réalité aux gros brasseurs dont les débitants me sont, le plus souvent, que les hommes de paille. Mais il faut faire la part des rancunes électorales dans ces récriminations qui ne paraissent pas très fondées ; et Ton doit espérer que le bill passera définitivement.
En Ecosse, on a promulgué, en 1883, une loi de prohibition ( /'oràes Mackensie act)y et après 44 ans d'expérience, les statistiques accusent les heureux fruits de cette mesure législative ; diminuHon de
l'aL€0OUSME dans les pays ÉTBâ
la consoîninatioN alcoolique^ des cas d'arrestation pour ivresse^ ( la criminalité et de la débauche, etc.
En Irlande, la loi sur la ferrnehtre dos cabarets est entrée en ' gueur le 13 of tobre 1878. Il faut en excepter cependant les cinq ' les les plus populeuses deriîe,pour lesquelles on s est contenté d'u diminiUion des heures d'ouverture.
Bans un pays où le repos dominicàî est si rigoureusement obserV la fermeture hebdomadaire des débits de boissons pourrait être» ce semble, plus faeitement acceptée (fa'ailleurs. Cette mesure est en ' gueur à Liverpool et dans le pays de Galles,
A Gonstantinople, le sultan a fait interdire, en vertu d'un ira^ la consommation des boissons spîritueuses dans tous les étabh*sa ments publics. Or la statistique annuelle de la criminalité vient difaire connaître les résultats d'une mesure que Ton n'oserait ^lè prendre en Occident.
Rien que dans la juridiction de Pera, le plus important faubourg de Gonstantinople, cette prohibition, qui, d^ailleurs, n'atteint quêta musulmans, a fait que de 1903 k UlO'l la quantité de meurtres a Laissa de 23 à 15 et les simples contraventions pour ivresse de 680 à 1S8.
B* — Amérique.
Les législations en vigueur sur le sol de TUnion se répartissent cB trois catégories.
Les unes interdisent purement et simplement tout trafic dans la circonscription.
D'autres réglementent la vente au détail des boissons à base dj cool pour en prévenir les abus; c'est le régttiie de la licence.
Les dernières eutm font de ce commerce un monopole léiral ; r'csl le système des dispensaires»
Quelques Etats édictent une loi ^énéraïe pour toute féteniJu»^ ^It" leur territoire ; d'autres laissent les communautés dliabitauts libres de choisir celui de ces régimes qui leur convient.
Cette faculté, dite «i option locale «, est de plus en plus en fav«u dans r Union,
Nous avons signalé plus haut que dans TEtat du Maine, grâce i î^eal Dow, et ensuite dans quatorze autres Etats, la fabrication et ï* vente de toute boisson alcoolique ont été interdites. On ne peut pii délivrer que dans les pharmacies, sur le vu d une prescription m<^***' cale. Cette loi m produit des effets salutaires au point de vue la criminalité qui a diminué dans une large mesure ; malheureU
AMjftfilQUR
Hrent dîverseî^ influeocos ont réduit h quatre le nombre des Etats ad- Iiérents.
A New-York, it a été décidé qu'on ne pourrait ouvrir un débit nouveau qu'en échaufçe de la fermeture d'un ancien. En dix-huit mois, tandis que la population croissait, le cljîtlVe des saloous (caba-
Irets) descendait de 8.219 à 7.310.
A Chicago, on a élevt^ la llccnri* exi^^êe pour la fondation d'un cabaret de 260 i\ ^.500 francs. Quinze ans plus tard, le nombre des dé* bits avait passé de 1 pour JoO habitants à 1 pour 209, A Saint-Louis du Missouri, on la licence avait été portée de 8a0 à 3.000 francs, la proportion tombait bientcH de 1 j>our 208 h i pour :i(XJ.
L'alcoolisme est malheureusement très répandu dans tontes tes parties du Nouveau monde. Pressés par le besoin de boire un verre de bière ou de whiskey, les Aniérirjnns ne s'attablent pas, comme en France» pour déguster lentement la consommation qui leur est offertê» Ils la prennent rapidement, sans même s'asseoir. Quelquefois seulement ils retardent un instant leur sortie pour gagner une tasse de café ou quelques cigares en actionnant la machine à jeux (garobling).
j Pour entreprendre la lutte contre Talcoolisme, deux tactiques ont
Hb combinées,
^TjCS uns se sont attachés à réformer le buveur et h faire contracter aux jeunes j^éné rations des habitudes sobres ; les autres se sont spécialement consacrés k supprimer ou h resteindre le trafic des boissons par voie îégale, en s'attaquant an cabaret tentateur.
L'action parallèle des deux campagnes ne pouvait engendrer que
de bons résultats. Nous étudierons plus loin les effets produits par le
cJéveloppement des sociétés de tempérance et [ïar renseignement
«antialcoolique.
Mais ce qu'il faut retenir dès à présent, c'est que l'ivrognerie, en
Amérique, est jugée sévèrement dans toutes les classes de la société,
It que les cabarets sont assimilés à de mauvais heux. Des écrans et m rideaux cachent les portes et les fenêtres des débits de boissons : FsoDt de véritables maisons closes ; et, malgré cela, craignant de perdre leur place, les employés de comnerce et les ouvriers de métier osent à peine s'y aventurer.
En février 1903, les membres du Parlement américain se voyaient h leur tour obligés, sous la pression de Topinion, d'exclure de leur buvette les boissons h base d'alcooK
Non seulement Tébriété n^est plus admise comme autrefois dans I la bonne compagnie, mais, s'il y a un ivrogne dans un wagon, le
l'alcoolisme dans les pays étrangers
conducteur serre les freins, et dépose le malheureux en rase cam^^ gne sur le bord de la voie. ^H
Aussi ceux qui sont atteints de ce vice cherchent-ils à s'en guérira
On peut juger des progrès réalisés, dit M. Dupré-Latour, lorsqu'on se reporte au temps où Washington buvait S verres de madère à son dîner, troquait des nègres contre des barriques de rhum, et se conciliait les votes des électeurs de Frederick avec des distrilnitions de punch et de vin ; où Jackson faisait apporter des seaux de punch pour fêter son élection à la présidence.
Aux Etats-Unis la prohibition, facileraent acceptée dans les campagnes, s'exécute difficilement dans les villes. Elle est inefficace» faute d'être générale. C'est ainsi qu'on dit à Cambridge, où Talcool est fendu, tandis quà Boston, cité voisine, il est toléré: « a non Ikei for Cambridge^ itnth a rapid transit to Boston >» : la prohibitii pour Cambridge, avec le tramway électrique pour Boston,
Comprenant rimpossibilité dans bien des cas de supprimer le trafic des boissons, la plupart des villes et un certain nombre de distri< ruraux se sont bornés à le restreindre : c'est le régime de la licence, c'est-à-dire, comme nous Tavons vu plus haut, Tautorisation d'exe^ cer un commerce de boissons alcooliques sous certaines restrictioûs, et à charge de payer une taxe plus ou moins lourde. 11 y a une licence spéciale h taxe généralement inférieure pour les coramereaotâ en gros et les marchands à la bouteille (boitlers).
Voici les règles qui sont ordinairement adoptées pour ce qui concerne la vente au détail des spiritueux :
La défense d^ouvrir le dimanche, les jours de fêtes légales et les jours d élection, enfin, après une certaine heure de la nuit, rinterdiction de vendre à des mineurs, à des ivrognes ou personnes connues comme tels, rinterdîetion aux femmes de tenir un cabarfîî ou d'y être employées. Nous signalerons aussi la défense, dans les cabarets, de faire de la musique, déjouer au billard, aux cartes, ai dés, afin de supprimer toute attraction étrangère.
Enfin, quelques Ktats, au nombre desquels s'est rangé celui Pensylvanie par une loi de mars Ï903, ont prohibé les « free lunch dans les cabarets, du moment qu'ils étaient de véritables repas.
Par certaines de ces restrictions, le régime de la licence se raj proche parfois de la prohibition et rencontre des résistances invincibles.
Ainsi, à New-York, k Chicago, à St-Louis, la défense du dimi che n*a jamais pu être appliquée*
Dans la capitale des Etats-Unis, it n'est pas de subterfuges que débitants n!emploient pour transgresser les règlements. Ils ouvrent
vin-