‹ L'alcoolisme: fléau socialChapitre 37 sur 60 · AMERIQUE · texte numérisé non relu

AMERIQUE

par exemple, une porte latérale portant cette inscription : « Family entrance ». Tous les buveurs qui se succèdent au comptoir sont censés faire partie de leur famille.

Les liôteliers, d'après la Rainées law^ sont autorisés spécialement, pourvu qu'ils paient la licence» à vendre le dimanche et la nuit ï1 leurs clients. La plupart des cabaretiers se sont transformés en hôteliers en ajoutant k leur boutique quatre ou cinq chambres meublées, qu'ils chercheot ensuite k louer k la nuit, A Philadelphie, les cabarets clandestins sont de vrais repaires de débauche.

Dans un assez g:Fand nombre d'Etats de TUnion, Tautorité publique défend l'ouverture des débits d'alcool dans un certain rayon autour des écoles, des hospices, des églises, des parcs publics, etc. ; ' parfois même le consentement préalable des voisins est exigé.

Mais l'on s'attache surtout à réduire le nombre des débits, une expérience constante ayant montré que leur diminution était accompagnée, en Amérique, d'une réduction proportionnelle du nombre des ivro^^ues et des crimes attrîtiuables h rakooïisjne (1).

On y parvient parfois en fixant d'avance une proportion raaxima des cabarets au nombre d'babKants (1 sur LIXM) dans TÉtat de Massachusetts, 1 sur r>CW} à Boston). On arrive k de meilleurs résultats en laissant h une commission le pouvoir souverain d^aecorder ou de refuser, après enquête, tes nouvelles demandes de hcence, et d'accepter ou non les candidats présentés par des titulaires pour leur succéder.

Cette commission a aussi le pouvoir de retirer leur licence aux débitants qui ont violé la loi, sans leur permettre de présenter un remplaçant.

Un certain nombre de législations sur la matière confient ces fonctions d'arbitres aux juges ordinaires de la ville ou du comté, à raison de leur caractère, et aussi à cause de la longue durée de leur mandat électif qui les met k l'abri des tentatives de corruption, auxquelles la police ne reste pas toujours insensible.

La statistique démontre que l'augmentation des taxes a pour con** séquence mathématique la diminution de nombre des cabarets ; elle atténue aussi l'immoralité dans ces établissements ; en effet leurs tenanciei*s ont besoin de recourir à des capitalistes pour se fonder et

(1) Lr licence ayaat été h Philadelphie portée de SO à 500 dollars, à la fin de mai 1888, le nombre des »rreslatîons pour ivrognerie tombe subiteftient d^un mois à Tautre de 2.36^7 en mai, à 1.470 en juin, 9oit 397 en moins, et les statistiques des 12 dernières années accusent, par rapport à la période correspondante antérieure à 1888, une réduction de 25 0/0, bien que la population de la ville ait augmenté pendant ce temps de 200,000 habitants,

 Omaba, Taugmentation de la licence de IflO à iJHlO dollars a réduit les cabarets de 100 à 90, tandis que les profits perçus par le Trésor passaient de 16.000 à 90,000 dollars.

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l'alcoolisme dans les pays ém ANGERS

s'entretenir ; or ceux-ci posent d'ordinaire certaines conditions restrictives qui arrêtent les abus.

D'ailleurs, si la justice se montre hésitante à punir les. contraventions, une réunion d'hommes énergiques, les membres de la^to' and order Society m agit, à titre privé, contre les fauteurs de IW eoôlisme.

Cette li^e poursuit particulièrement la fraude et le jeu. Telle est son influence, que tes autorités du comté de Gamden (Pensylviiûie) se voyant impuissantes a assurer îe respect de la loi, se sont adressées à elle^et lui ont demandé d'entreprendre Tépuration de quelques villes, La Law and order Societtj^ ayant accepté, envoya sesa^^eats, et, en quelques semaines, 210 cabaretiers ôtaieut arrêtés, et sur ce nombre, 209 condamnés. Les trais se montaient h O.OfR) dollars.

Les sociétés de ce genre sont assez répandues aux Etats-Unis. Un grand nombre d'entre elles se sont groupées en une fédération très active qui porte le nom d'Anii-Saioofi League,

La plupart des Etats ont adopté le système de Foplion locale,

Voiri en quels termes la question est posée aux électeurs.

Faut-il accorder les licences pour la vente de boissons enivrantes sur le territoire de la commune ? On vote oui ou non. Les counnonas qui votent la prohibition sont appelées « dry », sèches; celles qui voteut la licence portent le nom de < wet », uiouillées. Presque jamais la politique n'est mùlée à ces élections, et les Américains se font un point d'honneur de Ten écarter.

Ce serait un bon exemple à suivre, si l'option locale pouvait entnT dans notre législation ; mais y a-t-il maintenant en France des scrutins d'où la politique soit exclue ?

Dans les Efats d'Ohio et dlowa, la prohibition est le régime l^gal mais les cabarets ne sont pas inquiétés dans les communes où la uiajorité des électeurs des villes de plus de 3.000 habitants, et tiîj pour iOO des autres ont signé des pétitions en leur faveur. Ils sont seulement alors assujettis k une amende de 350 dollars dans rOhio, etdtî 900 dans Tlowa. Ce régime est qualifié de n Mulct-law w ou loi de répression.

On comprend qu'il est difficile de recueiUir un grand nombre ^e signatures pour supprimer la prohibition ; car tel qui, pour sou compte personnel, approuve les cabarets, hésitera à se mettre €» avant pour leur donner un encouragement public.

En résumé^ la lutte anti-alcoolique, qui s'est poursuivie avec ardeur aux Etflts-UniSj a produit une tendance marquée à substituer dans la masse du peuple Tusage des boissons hygiéniques aux liqueurs distillées» La réprobation qui s'attache à Tivrognerle a été un grand élément de succès.

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