SANCTIONS CIVILES
tance des familles, est de celles que, tout en les laissant libres, on est fondé et conduit k surveiller. Cette surveillance découle, d'aitleurs* des conditions particulières dans lesquelles cette industrie s^exerce. C'est la seule, en elTet, où un marchand de sang- froid tienne sous sa main des clients qui perdent graduellement le leur. Qui ne comprend ce qu'il y a d'abusif dans ce contrainte des situations ?
« Livrés par leurs penchants, ces malheureux les ont aussi par l'état de leur cerveau. Le cabaretier s'en fera à sa guise un jouet ou uni? proic^ les excitera^ lantnt en se montrant bon compagnon avec eux* tantAt en se mêlant aux défis qulls échanf^ent, juj^^era d'un coupd œil ce que leur gousset peut contenir et ne les jettera à la porte qne dépouillés et, la plupart du temps, endettés, Yoilfi Thomme coDlre lequel il faut a^qr^ si Ton veut atteindre l'intempérance. S'il ne la crée pas, il la réchaulîe, Tentreticnt, la développe avec une cupidité ingénieuse et une habileté sans pitié ! SU sort de chez lui le soir quinze ou vingt créatures avinées qui ont laissé sur ses tables km raison et leur argentj»une part de complicité lui en revient et il en a tout le bénéfice. Ce n*est donc pas se tromper d'adresse que de lui demander compte de ces tristes égarements (1), »
Un charpentier de Chicago^ nommé Hedlund» avait Tm goût prononcé pour les liqueurs fortes. Il en abusa, tomba malade et mourut en laissant cinq jeunes enfants. Ceux-ci poursuivirent en justice les trois marchands de liqueurs qui approvisionnaient leur père d'alcool. les accusant d'avoir ainsi ruiné la santé du charpentier Hedlunti'
Le tribunal de Chicago a alloué aux enfants 94.500 francs do do m m ages-in t éréts ,
Ce jugement, rendu au mois de mars 1906, est de nature h faire réfléchir les débitants sans scrupules.
(1) Travaux de t'Acitdémie des sdences morales, 1862.