L.A PROPAGANDE DES SOCIÉTÉS DE TEMPÉRANOE
îadépend animent des engagements individuels pris par leurs adhé* rents, les sociétés de tenipérauce exercent, comme nous Tavons dit, leur action sur le public^ et s'efforcent de s'assurer le concours du législateur et des autorités.
Vis-à vis du gouvernement, elles peuvent Jouer le nVle d'une sorte de Conseil d'Etat qui élabore en toute connaissance de cause les réformes législatives. De plus elïes veillent à ce que les lois existantes ne tombent pas en désuétude faute d'application.
Sous ce rapport elles n'ont qu*à suivre Texemple des Ktats-Unis, de TAngleterre, de la Suède» où les sociétés tempérantes ont dicté au Parlement le fond et presque le texte de toutes les lois anti-alcooliques.
C'est ainsi qu en Belgique une société de propagande, la Ligue patriotique contre takoolisme, a obtenu en quelques années du gouvernement : la répression de Tivresse publique ; rétablissement dun droit de licence sur les débits ; une loi contre les falsifications des boissons alcooliques ; T interdiction de vendre l'alcool dans tous J05 bâtiments de l'État , y compris les casernes ; la suppression des cantines dans les établissements industriels ; l'obligation de renseignement an ti- alcoolique dans les écoles primaires ; raugraentation du droit sur TakooK porté de 128 à 200 francs, qui a été votée au risque de provoquer de vifs mécontementsetde fournir une arme aux partis d'opposition.
Mais c'est encore la Grande-Bretagne qui a donné les plus brillants exemples de propagande an ti -alcoolique.
C'était surtout le Père Mathev^r, dont nous avons raconté plus haut les croisades, qui excellait à organiser des fêtes populaires en faveur de la tempérance. Au son d'une musique bruyante, il offrait à rassemblée comme une orgie de limonade, de sirop de gomme, et de thé bien chaud. Chacun s'en retournait fier et droit Sur ses jambes.
On peut profiter, pour la propagande anti-alcoolique, des arbres
le Noël, des fêtes des Fleurs, des Kermesses villageoises, etc,
LA PROPAGANDE DES SOÛlÂTés DE TEMPÉRANCE
Eû 1887, M. le docteur Roubynowski, médecin de la Salpètrière, fi coramencé une campagne active dans les écoles normales et supérieures, Tous !es jours ^ Jl arrive à j^a^er du terrain. Mais que de préjugés k détruire î comme il est nécessaire de montrer aux travailleurs qu'il existe des plaisirs sains et des délassements salutaires en dehors du cabaret, ut que les frais de ces réjouissances seront largement regagnés par ta suppression des dépenses de café et de soins médicaux qu'entraîne toujours la maladie de l^alcool î
La propagande peut revêtir toutes les formes, mais c'(?st surtout au médecin qu'il appartient de préparer les voies et de disposer son client à entrer dans une société de tempérance, Lorsqu*il constafe chez un malade les stigmates et les ravages de Talcoolisme, et n'ose pas user avec lui d*un.e IVauchise qui serait trop pénible, il peut prendre à part les membres de sa Famille, leur parler isolément, et ïeur expliquer que le mal est toujours guérissable [lar un changement d'habitudes et de mentalité.
Il faudra proposer au malade de supprimer à la table de fainîiïe toute liqueur spiritueuse, et, s'il n'a pas fénergie de pratiquer Kabstinence dans sa propre maison, lui conseiller le séjour dans un sanatorium spécial d'où l'alcool sera rigoureusement hanni*
On a remarqué que le buveur guéri est très susceptible, et ressent vivement Thurailiation de son ancien vice ; il Faut donc éviter soigneusement d'y Faire allusion en sa présence.
La gnérison sera plus Facile chez les alcooliques qui ont conserré un décorum extérieur, et tiennent à ne pas tomber dans une honteuse décrépitude.
xxvm
PROPAGANDE DES SOCIÉTÉS DE TEMPÉRANCE [^tule). LES FEMMES ET LES ENFANTS
Les promoteurs de l^aUstîneDce croient avec raison qu'il importe i s'attacher h conquérir les enfants et les romnies. "|-est en Angleterre que la propagande an ti alcoolique chez les enlls a reçu le plus grand développement. Près de 3 millions de jeunes Anglais H déjeunes Anglaises, répartis dans 23.303 sociétés de tempérance, étaient, au coramencement de Tannée i897, cnrAlés dans la grande Union qui s'intitule « l'Armée de TEspérance ï^^Band of Hope. « Ces sociétés, a-t*on écrit, ont été instituées pour ceux qui sont la vie future de fa patrie ; elles s'ivnnoncent comme devant être les instruments d'une grande transformation sociale. Une fois ! qu'on est dans la honne voie, il n'en coûte pas plus de bien faire que de mnl faire* L'iialjitude devient une seconde nature, et renfant ne trouve aucune difficulté à tenir son engagement d'abstinence, «
Dans les sociétés, les enfants sont enrôlés dès Tâge de 7 ans. Il y a une réunion par semaine, le soir, vers 7 heures.
Au Congrès antialcoolique de Bruxelles, en 1897, il a été révélé qu'en Angleterre la proportion des enfants qui restent fidèles à leur engagement d'abstinence est, en moyenne, de 50 pour 100 et s'élève, dans quelques villes, à 8() ou 00 pour 100. Même si les enfants ne continuent pas la pratique de rabstiuenee, Teffet de la discipline de leur jeune Age est de faire d'eux des citoyens bons et utiles. Le ^ombre de ceux qui deviennent de mauvais sujets est très petit, ^■Lfn seul fait pour conclure ;
^Bi Londres, eut Iteu, il y a quelques années, dans la grande salle ^■îxeter Hall, une réunion de membres au-dessus de quatorze ans, rippartenant aux « Bands of Hope » métropolitains. Parmi les 2.177 ! assistants, dont Tiige et le terme d'abstinence ont été constatés, il y
«avait 708 n'ayant jamais bu de boisson enivrante* A Boston, disait à ce Congrès une vaillante apôtre de la terapé- ,ce, j'ai rencontré une pauvre femme qui avait été guérie de Thabitude de boire par son petit garijon, qui s'inspirait, pour son œuvre I salut, des let;ons de l'école. Maintenant, a-t-elle dit, dans la fa-