DANS LA LUTTE ANTI-ALCOOLIQUE
On s'est demandé s'il était utile d'inscrire ralcoolisrae parmi les
' causes de décès indiquées par les médecins de l'état civil. C'est cette ^ 4
mesure qui a été proposée par M. Fernet à l'Académie de médecine <'
dans sa séance du 3 janvier 1905. Nous voyons, en lisant le compte .|
rendu de la délibération, que les objections ont été très vives. t}^
M. Netter estime que les statistiques actuellement publiées par Tad- |
■'. ministration sont très suffisamment instructives (I). Voilà, certes, un •>!
docteur facile à contenter. M. Brouardel, lui, ne croit pas qu'il soit ' '*
> possible de donner satisfaction à M. Fernet sans violer le secret pro- . fessionnel. Contre l'idée elle même, on ne dit rien : elle est accep- v
. table ; mais, quand il s'agit de la réaliser,on déclare que c'est impos-
t sible.
1* Au premier de ses contradicteurs, M. Fernet répond que, pour
3 Talcoolisme, les statistiques actuelles donnent 149 décès par an dans '^t " les hôpitaux de Paris, alors que dans son seul service il en a compté
4 142 dans le même temps (l'administration, paraît-il, ne fait état que ^^ '■\ des cas d'alcoolisme aigu, a,\ec delirium tremensl). A M. Brouardel
5 il répond que les médecins de l'état civil possèdent des carnets à --J souches ne portant qu'un numéro d'ordre, sans aucune mention de S nom ou de profession : ne pourraient-ils pas inscrire leur diagnostic â uniquement sur les souches, et en quoi violeraient-ils le secret proï fessionnel?
^ L'Académie a paru prendre en considération les arguments de
S M. Fernet, dont la proposition a été renvoyée à la commission d'hy-
ggiène.
^ Il nous semble que la mesure proposée serait appelée à produire
§;des résultats très appréciables.
LA PROPAGANDE PAR LES AFFICHES.LES TRACTS, L^ CONFÉRENCES, LA PEINTURE, LA SCULPTURE, LE THÉÂTRE, ETC.
Les placards et les iraages qui mettent sous les yeux de^ foules, par des tableaux saisissants, les yeux hagards, la tète échevelée^ k teint livide, les vêtements en désordre de l'alcoolique, sont certainement à encourager et à répandre :
« Sepiius irritant animos deraissa per aureni <( Quara quai sunt oculis subjecta âdelibus »
Mais Taffiche a quelquefois un défaut, c'est qu'elle semble server des châtiments terribles k certaines classes dlvrognes îiiixquels chacun des spectateurs se flatte de ne jamais appartenir. Cet écueil a été soigneuseraent évité dans le résumé, que nous avons cité plus haut, et que le Directeur général de TÂssistance publique i*l te préfet de la Seine ont fait placarder sur tous les murs de Paris. Cette publicité n'a pas été inutile ; on en a eu la preuve dans réuiotiou qui s'est emparée des dislilleteurset des tiégociauts en spirituetu, Ils ont même songé k intenter ujie action en responsabilité k MiM. Mesureur et de Selves ainsi qu'à M. Chaîx, Téditeur de Taffic be, en Imr réclamant un franc de dommages-intérêts.
Cette menace dérisoire n'a découragé ni les hommes puhlic* les hommes privés qui veulent s'enrôler dans l'armée anti-alcooliqn et prendre une part active A. la lutte.
Des publicîstes instruits et zélés ont mis leur compétence et h autorité morale au service de la bonne cause. Partout ils ont cûtrej de moraliser individuellement des intempérants» dans les intt^rvalb où ils n'étaient pas sous l'empire de Tivresse ; ils ont institué, ♦laQ^ les villes, même dans des chefs-lieux de canton ou de commune, «1^^ causeries familières, quelques conrérences aussi peu savantes que possible, avec anecdotes, dessins et projections dans des longue.^ moirées d'hiver k ta salle d'école. D'autres moyens ont été mis en rcuvre: expériences sur les souris et les lapins; livres sur l'alcoolisjoner^pai" dus à profusion dans les bibliothèques populaires ; enfants des éco*
'* ni