‹ L'alcoolismeChapitre 20 sur 55 · INFLUENCE SUR LES MALADIES ÉPIDÉM · texte numérisé non relu

INFLUENCE SUR LES MALADIES ÉPIDÉM

« II y a douze ans, dit M. Junod, qu’une épidémie sévissait dans l’une de nos communes; elle attaquait principalement le premier âge; elle emportait surtout les enfants des ivrognes. Une famille dégradée par le vice en enterra jusqu’à cinq coup sur coup. On rentrait du cimetière pour fermer les yeux à une autre victime. Le pasteur, poussé auprès d’eux pour leur offrir les consolations de son ministère, tremblait en son cœur, me disait-il,; et se demandait par quelles paroles il banderait de telles plaies. Arrivé dans cet intérieur, il trouve père et mère, si peu affligés, si insensibles, si stupides, qu’il aurait fallu commencer par leur donner de la douleur, pour avoir l’occasion de les consoler. L’usage de l’alcool, qui leur avait enlevé leurs enfants, leur ôtait à euxmêmes jusqu’à la faculté de souffrir de leurs deuils; ils n’avaient plus les sentiments naturels. 11 est vrai qu’ils avaient la coutume de déjeuner, eux et leurs enfants, autour d’un vase rempli de morceaux de pain baignés dans la liqueur (!). »

Les fièvres typhoïdes, greffées sur l’alcoolisme, m’ont toujours paru avoir une gravité exceptionnelle. Dans les épidémies que j’ai observées, les alcoolâtres payaient à la mort un tribut plus considérable que les sujets tempérants.

Il en est de même du choléra. Lorsqu’il est venu visiter la contrée que j’habite, en 1853, ses premières victimes ont été les personnes qui abusaient des liqueurs enivrantes.

(1) Junod, Confèrences populaires, p. 82.

Velpeau disait que la sagesse et la tempérance étaient les meilleurs préservatifs du choléra (lp

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